Le journaliste franco-marocain, Seif Kousmate, travaillant pour l’agence Hans Lucas, a été expulsé de Mauritanie alors qu'il réalisait un reportage sur l'esclavage. Ce dernier a passé quatre jours dans un poste de police.

En Mauritanie, la question de l’esclavage reste encore controversée. Alors qu’il réalisait depuis une vingtaine de jours un reportage sur le sort des esclaves dans ce pays, Seif Kousmate est arrêté le 20 mars dernier par les autorités mauritaniennes alors qu’il quittait le pays pour se rendre au Sénégal voisin, afin d’y prendre un vol retour vers le Maroc. “Au début, ils ont pensé que j’étais terroriste”, explique ce dernier.

Matériel confisqué et formaté
Le journaliste ayant la double nationalité française et marocaine, est rentré en Mauritanie avec son passeport marocain, semant le doute auprès des autorités sur son identité. Après avoir été transféré au commissariat de Nouakchott, les policiers inspectent son matériel et notamment un enregistreur. Ces derniers comprennent alors qu’il avait enquêté sur la question des esclaves, sujet extrêmement tabou dans ce pays. Les policiers commencent à effacer les images prises par le journaliste qui perd presque tout le travail accompli ces derniers jours. “Tout a été formaté”, se désole-t-il.

Seif Kousmate passera plus de quatre jours au poste de police, les autorités mauritaniennes lui reprochant désormais d’avoir “travaillé sans autorisation”. Au cinquième jour, il est finalement expulsé vers le Maroc. Le photographe risquait entre un et deux ans d’emprisonnement et une amende d’un million d’ouguiya. 


“Les autorités sont dans le déni, elles disent que l’esclavage n’existe pas, que la discrimination raciale n’existe pas… Et elles répriment les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pratiques”, expliquait de son côté Amnesty International dans un rapport sur l’état des droits de l’Homme en Mauritanie.

Pour l’instant, le journaliste, qui réalisait ce reportage pour le compte de l’agence de photo et d’écriture numérique Hans Lucas, n’a pas pour projet de retourner en Mauritanie. “Je pense qu’après cet épisode, je dois être blacklisté”, commente ce dernier. Il précise cependant que malgré l’interférence des autorités mauritaniennes, il a pu garder assez d’éléments pour publier son reportage. 





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