La surenchère médiatique et politique bat son plein, à qui mieux mieux, « un Amalgame effroyable ». L'exploitation de la tragédie et de la souffrance des « désoccupés » décrédibilise le rôle Ô combien signifiant des élus, partis politiques, syndicats et autres intervenants en faveur du développement économique et social de la Région. (Ecrit Lahcen Lashab)

La Communauté Minière porte un « Deuil perpétuel » depuis que la Mine est mine et vit au rythme du cauchemar de la misère et de la Catastrophe. Le DC des victimes de la « Misère Noire », paix à leurs âmes, n'est que la goutte qui a fait déborder le « vase des souvenirs ». 

Les causes sont bien profondes, elles se trouvent au fin-fond de l'Histoire des mines du charbon au Maroc et surtout dans la région de l’Oriental. Elles sont bien ancrées dans la « Noble mémoire » de la Corporation minière. Cette noble Mémoire continue de dévoiler ses secrets, à ne pas en finir… Ecrit Lahcen Lashab (Un ancien des Charbonnages et fils de Mineur). 


Les mines de la mort 
Lahcen Lashab multiplie les actions pour faire vivre les souvenirs de la mine fermée officiellement en 2000. L’ex employé de la mine estime que la destruction du site est assimilée à un assassinat de la mémoire des Charbonnages du Maroc. C’est pourquoi, il veut retranscrire l’histoire du site et de ceux qui en vivaient. L’ancien mineur connait bien le dossier puisqu’il est fils d’un mineur boiseur et lui-même était employé des Charbonnages du Maroc depuis le début des années 60. 

Les Charbonnages du Maroc comptaient près de 7.000 ouvriers en 1998 au moment où la dissolution de l’entreprise a été scellée, avec la signature du protocole entre le gouvernement Youssoufi et les centrales syndicales. On parlait alors d’un coût de revient trop élevé, d’une accumulation de déficit, de l’absence de rentabilité et de la dégradation de la qualité du charbon ! Certains avaient même affirmé que le gisement était épuisé, mais, dit-il, « je peux vous affirmer que le charbon n’est pas pour autant fini » ! La preuve que le site est toujours exploité par des centaines de personnes travaillant de manière artisanale, sans aucunes mesures de sécurité. L’activité est pourtant dangereuse, les éboulements assez fréquents peuvent survenir à tout moment faisant des victimes, ensevelies, sous des tonnes de terre. 

Fier d’être issu d’une communauté minière connue pour ses luttes, sa ténacité et son esprit de solidarité, Lashab déclare que « des permis de recherche et d’exploitation étaient délivrés par l’autorité compétente pour pallier au manque de débouchés pour les anciens mineurs ». 

C’est ainsi que la production artisanale est vendue, LÉGALEMENT, sur le marché pour une exploitation sauvage pratiquée dans les pires conditions. « Faute d’infrastructures économiques et d’alternatives pourtant stipulées dans l’accord social, les enfants des mineurs n’ont pas d’autres choix ! » explique Lshab. 

Lahcen Lashab rêve de la mise en place d’un musée dédié à la « Mémoires des Mines de l’Oriental ». Il peine à trouver des appuis parmi les élus et les élites qui exploitent la situation pour leurs propres intérêts excluant les enfants de la Mine.

Arlette Colin

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