Un juif est sacré, dans le sens sacré du terme. Il ne peut en aucun cas être permis, à qui que ce soit et surtout pas à un arabo-musulman de critiquer ou de dénoncer les comportements, les dires ou les actes d’un juif.

Un juif est un être parfait, veut-on nous inculquer dans le crâne. Que dis-je ? Un juif est un super-être installé au sommet de la perfection. Un juif est d’office, et par définition, bon, sage, juste, intègre, intelligent, correct. C’est un super-être, presque un dieu à ne pas blasphémer. Et quand il agit d’une manière qui nous semble inadéquate, c’est qu’en réalité, il est obligé de se défendre contre l’attitude des « antisémites ». Ce qui est irréprochable, tout comme pour un Dieu à qui on ne doit rien reprocher.

Mais où allons-nous ? Pourquoi insiste-t-on pour pousser les gens vers l’antisémitisme ? Nous ne le sommes pas et l’écrasante majorité de la population de ce monde ne l’est pas. Quand nous nous prononçons sur les agissements criminels des tueurs, des affameurs, des « assoiffeurs » et des geôliers d’Israël, nous dénonçons l’atteinte à la dignité humaine, le crime de guerre et le crime contre l’humanité, exactement comme on l’a fait contre les USA au Vietnam, en Irak et en Afghanistan, contre la politique de l’apartheid en Afrique du Sud, contre l’invasion du Koweït, contre les invasions soviétiques en Pologne, en Tchécoslovaquie ou ailleurs, contre les génocides, tous génocides, celui des Indiens d’Amérique, des Arméniens, la Shoa ou à ceux de la Bosnie et de l’Ouganda. Il n’y a pas de sentiments là-dedans. Il n’est pas question de haine et d’anti-telle ou telle race, ethnie ou religion. Il est question de dénoncer la barbarie, d’où qu’elle vienne, même de la part d’un juif s’il en est l’auteur.

Hier encore, nous avons pleuré la disparition de deux de nos grands hommes marocains. On les a pleurés parce qu’ils sont et je ne dis pas été de grands hommes qui ont marqué, chacun à sa manière, l’histoire contemporaine du Maroc. Juifs, Berbères, Arabes ou autres ! Ce n’est pas si important ! L’importance, c’est ce qu’ils étaient et ce qu’ils ont apporté. Je cite Edmond Emrane El Maleh et Abraham Serfaty. Je ne manquerai pas de citer le vivant et le vibrant Sion Assidon.

Mais Mesdames et Messieurs les Juifs les radicaux et les malades parmi vous ne trouvez-vous pas que vous poussez les gens à devenir antisémites par ces attitudes et ces réactions qui vont directement à l’encontre de la liberté d’expression ? Je me demande pourquoi les sages parmi les juifs, les démocrates, les hommes libres qui font de la résistance au sionisme radical et quelque part fasciste, ne se prononcent que rarement et timidement pour dénoncer cet état des choses, notamment pour prendre, dans le cas actuel, la défense de l’artiste Jamila Al Badaoui qui n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

Il n’y a pas de super-race, de super-peuple, de super-religion, de super-civilisation, de super-culture. Tous les êtres humains sont égaux et tous ont apporté, chacun à sa manière, sa contribution au savoir, aux découvertes toutes découvertes -, à la civilisation.

Un juif est un être humain comme tout un chacun. Il a ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, ses sentiments et ses émotions. A ce propos, je me suis toujours demandé, en toute logique, pourquoi use-t-on du mot racisme pour tous les êtres humains et réserve-t-on « antisémitisme » pour les juifs ? Ne sommes-nous pas tous égaux devant les lois, les conventions, les chartes et autres textes internationaux qui défendent les droits des humains ?

J’ai vécu avec des juifs, ici et ailleurs. Ailleurs, nous avons habité ensemble, fait les 400 coups ensemble, étudié ensemble, et il n’a jamais été question de « heurts » ou d’indélicatesse. On a émis, chacun sous son propre angle, nos opinions sur le triste « conflit éternel », on était d’accord sur des points et en désaccord sur d’autres, dans le respect et dans, surtout, le libre examen. Là-dessus, je me demande si des « non-juifs » ne plongent pas un peu dans l’excès de zèle parce que leur conscience est, quelque part, mal à l’aise.

Cette même U.E. qui censure aujourd’hui l’S'ouvre de l’artiste Jamila Al Badaoui, devrait se pencher plus sérieusement sur un conflit qui dure depuis trop longtemps, au point où il est aujourd’hui à l’origine de tant d’amalgames, tant de haine, tant de morts et tant d’instabilité et d’insécurité.

M. Mrini




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