Ce que je vais écrire ci-après, aucun français de souche un "gaulois", comme on dit- ne pourra y piger grand'chose : 

"Je suis sorti frapper un tour parce que je venais de frapper à moi tout seul un tajine d'un kilo et demi d'agneau aux pommes de terre avec olives. Moi je ne fréquente personne; je suis toujours resté dans le souk de ma tête depuis que j'y fus entré. Je photographie un morceau de pain chaque jour et Dieu est grand. Haïe, haïe ! Rien que leurs yeux, qu'Allah convoque la sécurité et le salut ! Je crains toujours que ces bâtards me frappent de l'oeil. 

Mais parfois, dans la chanson marocaine, je trouve des préciosités incomparables du genre Hamid Zahir :
  • Question : "Qu'est-ce qui a pu t'amener à aller vers la beauté, alors que tu es un homme indigent, et que le quotidien viendrait vite à bout de ta vie ? 
  • Réponse : Ne sais-tu donc pas ce qui m'avait amené ? Celui qui l'a faite de ses propres mains doit la défaire avec ses dents ! " 
Alors que j'étais arrivé et que j'avais à peine posé mon postérieur sur le canapé, le sommeil m'a trahi. Je l'ai frappé d'un sommeil d'un seul coup. Quand l'éveil m'a frappé, j'étais en pleine forme. Je m'emparai donc de mon luth et commençai à le frapper. J'alignai les notes et je suis tombé par hasard sur ce chef-d'oeuvre : "Ta chevelure est anarchiste, dangereuse, joue en l'air et y vole". 

J'ai donc maudit le Diable et suis retourné au lit. "Ô Parents ! Ô Seigneur ! Qu'Allah maudisse Satan le Bâtard !". Le compte des brebis commença aussitôt après m'être ainsi couvert de la bénédiction d'Allah et des parents. Puis, de crainte que le froid me frappe, j'ai jeté sur moi une couverture. 

Soudain, je me suis rappelé mon invitation le soir même par ma cousine pour sa fille qui va frapper le papier aujourd'hui ! Mince alors ! Quelle harira ! Je ne vais quand même pas faire les yeux de plastic ! Je me suis mis ma djellaba sur moi et me suis dit :"Ô Protecteur Allah !". N'ayant pas trouvé de taxi, j'ai frappé toute la route à pieds. 

L'histoire est longue...Je l'arrête là en vous posant, en toute modestie, mes chers amis, deux questions qui me taraudent dans cette approche :

Question n°1 : 
Avez-vous remarqué la résurgence du verbe "frapper" ? En d'autres termes, d'où vient ce goût pour la violence même quand il s'agit de choses délicates comme la musique ou le sommeil, tous les deux pourtant synonymes de quiétude et de paix ? 

Question n°2 : 
Édifiante quant à la mentalité spécifique d'un peuple, une langue parlée est enceinte d'enseignements anthropologiques, socio-historiques et même politiques. Est-ce si simple que cela de connaître la mentalité d'un peuple par le seul biais de sa langue parlée ? 

Prenez le temps de réflechir. Quant à moi, je vous laisse, le train risque de s'enfuir sur moi ! 

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète ...
9 oct 2017

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