Le royaume se prépare à accueillir en décembre prochain deux sommets internationaux sur les questions migratoires.
«La migration ramenée à ses proportions réelles, loin des mythes qui en projettent une image scandaleusement déformée, est un enjeu planétaire et crucial pour Notre continent. Elle mérite une nouvelle approche afro-centrée conciliant le réalisme, la tolérance et la primauté de la raison sur les peurs». 
Cette citation est extraite du message du roi Mohammed VI au 30e sommet de l’Union africaine (UA) tenu le 29 janvier à Addis-Abeba. Le discours royal était limpide et a tordu le cou à plusieurs clichés associés aux migrations. La présentation par le souverain des grandes lignes de «l’Agenda africain pour la migration» en tant que «Leader de l’UA sur la question de la migration» (Cf : leseco.ma). 

Le roi a également décliné les échéances à venir pour l’Afrique et le Maroc sur ce sujet. Du 5 au 7 décembre 2018 à Marrakech se tiendra le Forum mondial migration et développement (FMMD) que le royaume préside avec l’Allemagne. Quelques jours plus tard, ce sera au tour de l’ONU d’accueillir les gouvernements du monde au Maroc. Les 10 et 11 décembre prochains se tiendra la réunion intergouvernementale de haut niveau devant donner lieu à l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Le royaume sera la dernière étape d’un processus de deux ans démarré par la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrations adoptée le 19 septembre 2016 par l’Assemblée générale de l’ONU. 
«Le défi pour le Maroc et l’Afrique est de défendre la position des pays du Sud face aux États-Unis et à l’Europe», insiste Younes Foudil, de la Dynamique PGA Maroc, qui fait le suivi du FMMD. Et d’ajouter : «Déjà, le principe du Pacte mondial est à contester car il parle de migration régulière et ordonnée». Lors de ces deux sommets, le Maroc compte «faire de ces rencontres multilatérales une tribune pour l’Afrique», s’est engagé le roi Mohammed VI lors du discours d’Addis-Abeba. 
La société civile se prépare déjà pour accompagner cette dynamique. «Nous avons un plan d’action pour faire le suivi et porter notre message lors des deux sommets», annonce Foudil.
Abdelkarim Belguendouz, universitaire et chercheur sur les questions migratoires, tient à rappeler que ces deux sommets sont une aubaine pour que le Maroc se montre exemplaire en la matière : «C’est une occasion propice et une aubaine d’y renforcer la protection des migrants (immigrés et émigrés) et d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que la gouvernance des migrations au sens large ; bref, de se questionner vraiment pour évoluer et accompagner le changement nécessaire en la matière», espère-t-il. 
Abdelkrim Belguendouz / Chercheur en migration
«Pour un débat sans tabou»

Le Maroc doit constituer un exemple de bonnes pratiques pour tout ce qui a trait au dossier migratoire. Voilà pourquoi cette responsabilité prise par le Maroc dans ce domaine devrait amener tous les acteurs, gouvernementaux et non gouvernementaux, à mettre à niveau toutes les composantes des politiques migratoires marocaines. Le chantier de réformes est vaste, multidimensionnel. À titre de propositions, remettons à plat les politiques migratoires dans toutes leurs composantes, sans tabou.

Identifions quelques éléments devant contribuer à cette mise à niveau à tous les niveaux du dossier migratoire marocain, en s’intéressant d’abord à la politique d’immigration et d’asile, puis en se focalisant sur la politique en direction des citoyens marocains établis à l’étranger. 

L’objectif est de procéder à l’état des lieux de chacun de ces ceux volets, d’appuyer les éléments positifs, d’identifier les insuffisances et lacunes, de dénoncer ce qui nous paraît inacceptable, d’alerter sur des choix ou pratiques problématiques et de formuler des suggestions concrètes alternatives, en assumant soi-même sa part d’interrogations et de doutes. 

3 choses à savoir sur le FMMD
  • La date de la création : Ce forum a été créé sur proposition du secrétaire général des Nations Unies à l’occasion du Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale sur la migration internationale et le développement en septembre 2006.
  • L’objectif : Traiter, de manière transparente, les aspects multidimensionnels, les opportunités et les défis de la migration internationale ainsi que ses liens avec le développement.
  • Les participants : C’est un processus ouvert à tous les États membres et observateurs de l’ONU, ainsi qu’aux agences de l’ONU. D’autres organisations internationales et régionales peuvent être invitées à titre d’observateurs.
Par Salaheddine Lamaïzi
Source : leseco.ma/maroc/




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