Mercredi 14 février 2018 s’est tenu le conseil municipal de Bezons dont le dernier ordre du jour a été consacré à la reconnaissance de l’État palestinien.

Raymond Ayivi, conseiller municipal, élu à la solidarité internationale, a rappelé, à cette occasion, la situation dramatique que vit le peuple palestinien sous l’occupation israélienne : arrestations politiques touchant hommes, femmes, adultes et enfants ; viol du droit international et de toutes les résolutions de l’ONU depuis 70 ans ; colonisations illégales et sauvages des terres palestiniennes, depuis 1967, qui se traduit par le vol des maisons, quartier par quartier, aussi bien en ville que dans les villages ; construction du mur de l’apartheid,…

Le plus surprenant, mais surtout le plus inique, fut la posture du groupe PS et du groupe des « ex-Modems-actuels-macronistes » qui se sont littéralement opposés à cette motion au prétexte fallacieux qu’il aurait fallu dissocier le vote entre une demande de reconnaissance de l’État palestinien par la France et celui du conseil municipal. Devant l’échec de leurs manœuvres, les deux groupes ont tenté d’imposer un vote à bulletin secret.

Après un débat houleux, M. Lesparre, maire de la majorité PC, a démonté un à un les arguments des adversaires de la reconnaissance de l’État palestinien, soulignant au passage qu’ils avaient le texte depuis une semaine et n’avaient pas posé de questions avant.


Le vote a finalement eu lieu et la reconnaissance de l’État palestinien a été votée à une écrasante majorité.

Les deux groupes, PS et « ex-Modem-actuels-macronistes », n’ayant pas obtenu le vote secret et ne pouvant s’afficher contre la motion devant des Bezonnais présents au conseil, ont selon toute vraisemblance préféré s’abstenir pour les uns et voter, la mort dans l’âme, pour les autres.

Le groupe PS a ensuite présenté sa propre motion envoyée in extrémis avant la tenue du conseil, intitulée : « Pour la paix entre les peuples »

Pour la majorité des membres du conseil et du public présents ce soir-là, cette motion avait comme un parfum d’une ultime manœuvre anti-palestinienne, car à aucun moment dans sa présentation, lorsqu’il a abordé le conflit israélo-palestinien, le présentateur du texte n’a prononcé ni le mot Palestine ni celui de Ghazza, alors que ce qui s’y passe, dans cette enclave qui subit un embargo depuis des décennies, est plus dramatique que partout ailleurs.

Indiquons néanmoins qu’un membre du groupe PS a précisé que son vote, en faveur de la motion, le serait à titre personnel, et non au nom de son groupe. Peut-être est-ce à cause de ses origines sociales. Qui peut savoir ?

Entre la pression du regard, même éphémère, des « Sans-dents » sur certains élus de proximité, et celle plus omniprésente et omnipotente du CRIF sur l’ensemble de l’ex-gauche dite « caviar », les voies de la compromission sont parfois impénétrables. 

Où peut-être n’est-ce tout simplement qu’une question de rapport de forces.

Haytam Andaloussy


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