A la rencontre d’un de ces jeunes pour comprendre comment, aujourd’hui, la paresse est l’outil le plus adapté pour exprimer son refus du monde et de ses injonctions. 



La paresse est peut-être le péché capital le mieux toléré, le moins « grave » en quelque sorte… Sans doute parce qu’elle a toujours eu un aspect polymorphe, elle est à la fois vice et vertu : elle permet à certains la réappropriation de son temps, de sa vie et sinon de s’extraire mais de prendre de la distance face aux diktats sociaux. Aujourd’hui, dans un monde où l’injonction au travail et à l’ascension sociale est particulièrement prégnante, elle permet d’opérer le refus d’une vie déjà toute tracée.

C’est le cas d’adolescents qui, d’abord au Japon, et dans beaucoup de pays européens désormais, s’extraient de la course sociale et décident de ne rien faire, au sens propre. Alors, la paresse serait-elle l’avenir ? C’est ce que pensent certains chefs d’entreprise, s’appuyant sur des recherches scientifiques récentes… 

1er épisode : Les Hikikomori, se retirer pour ne rien faire 
Le phénomène touche aujourd’hui au Japon près d’un adolescent sur cent. Les hikikomori décident soudain de se couper du monde pour une durée indéterminée, et de se murer dans leur chambre, avec l’objectif de suivre le modèle d’une vie idéale, passée à ne rien faire : aucune ambition, aucune préoccupation vis-à-vis de l’avenir, un désintérêt total pour le monde réel les caractérisent.

Ce phénomène apparu au début des années 90 au Japon tend à s’étendre aux États-Unis et à l’Europe à travers le nombre grandissant de NEET, ces jeunes de 16 à 18 ans qui préfèrent devenir SDF plutôt que de s’insérer socialement. Ces jeunes ne refusent-ils pas l’abîme que peuvent constituer ce que l’on appelle burn-out en Europe et « kiroshi » (mort par excès de travail qui concerne un actif sur cinq…) au Japon ? 

Archive INA : La lutte contre la paresse - Chronique de la voix de l'espérance RTF 13/03/1955 


France 2 - le phénomène hikikomori au Japon en 2004

Source : France Culture

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