Retour à un débat, de la plus haute importance, relatif aux politiques publiques marocaines en direction des Marocains résidant à l’étranger, ou plutôt des citoyens marocains à l’étranger(CME).

Y’a-t-il oui ou non, une stratégie nationale globale, cohérente et intégrée concernant le dossier des CME, en tenant compte de l’hétérogénéité du fait migratoire qui est avant tout un fait social total et de la transversalité de cette question fort complexe ? Une stratégie indispensable pour pouvoir parler de politiques judicieuses concernant ce secteur d’intérêt national ! 

Il ne s’agit pas d’une simple question de mots, d’appellation, de dénomination ou d’une querelle anodine ou factice de vocabulaire (stratégie ou plan d’action …), mais d’un problème réel qui s’installe et s’incruste, celui de la nécessité impérieuse de donner du sens et une signification aux politique publiques marocaines en direction des citoyens marocains établis hors des frontières nationales, citoyens qui constituent une des grandes et profondes questions d’ordre sociétal au Maroc. Tout comme le projet de société du Maroc appartient à tous les Marocains, d’ici et de là-bas dans leur diversité et avec leurs différences, qui sont en réalité des sources de richesse et non pas d’antagonismes ou de conflits. 

Il y’a quelque temps, trois articles publiés par le site OujdaCity et dont les liens figurent à la fin de cette contribution au débat, avaient attiré mon attention : 
  • La Politique multidimensionnelle de l’émigration du Royaume, saluée par la communauté internationale. 
  • Rappel de la Stratégie des Marocains du Monde. 
  • Le Maroc, un pays de destination et de résidence pour un nombre croissant de migrants et de réfugiés. 
Ces articles, dont deux signés par Mohamed Drihem, soulèvent une série de questions et d’interrogations qui méritent discussion sereine et posée, clarification rigoureuse et dialogue responsable. Voilà pourquoi, dans le cadre de ce débat et sans le personnaliser aucunement, je souhaiterais, en les accompagnant de suggestions pratiques pour l’action concrète, formuler les seize remarques et observations critiques suivantes par rapport à l’ensemble de ces interventions, ainsi qu’à d’autres écrits liés directement au sujet qui nous préoccupe ici, mais en m’attachant surtout à celle intitulée « Rappel de la Stratégie des Marocains du Monde », texte auquel renvoie un des liens mis à la fin de cet article. 

1 QUI EST RESPONSABLE DE QUOI ? 
Deux des articles mentionnés ci-dessus, sont signés Mohamed Drihem (qui n’appartient ni au département ministériel concerné, ni à aucun des médias cités ici), mais les trois articles publiés ont la même provenance. Ce sont en effet des documents entièrement élaborés par le ministère délégué auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, chargé des Marocains résidant à l’étranger (MRE) et des Affaires de la migration, et on ne voit pas pourquoi une signature étrangère à ce département leur est accolée indûment, en supprimant au même moment, l’entête du ministère concerné, qui doit normalement assumer l’entière responsabilité de son contenu et de sa formulation dans le cadre du débat désormais public. 

N’est-ce pas en définitive, comme on le verra dans nos développements, un choix voulu par d’aucuns au niveau du département pour que ces derniers évitent d’assumer leurs responsabilités, en instrumentalisant des personnes extérieures, pouvant plus facilement faire passer leurs messages par « procuration » !? 

Ces documents ont été envoyés comme notes de cadrage aux universitaires concernés pour préparer la deuxième réunion de concertation avec les chercheurs et experts en migration qui a eu lieu à Rabat le 17 janvier 2018, à laquelle j’ai participé. Cette rencontre, non ouverte à la presse, fut présidée au nom du ministre, par le secrétaire général du département, Lahbib Nadir, avec la participation des directeurs et de cadres du ministère. 

2 UN DÉMENTI PAR LE DISCOURS DU TRÔNE 2015 
A deux moments différents, il est affirmé dans ces textes, que : « le ministère délégué, chargé des Marocains Résidant à l’Etranger et des Affaires de la Migration a mis en place en 2014, une stratégie visant à mieux répondre aux attentes et aux aspirations de la communauté, aussi bien au Maroc qu’au niveau des pays d’accueil, en coordination avec les différents partenaires ». 

Puis dans le texte « Rappel de la Stratégie des Marocains du Monde », il est affirmé que : « une stratégie visant à renforcer et à dynamiser les liens entre les Marocains du Monde et le Maroc, a été développée en 2014 ». 

Or l’obligation d’inventaire ou devoir d’explication et de pédagogie est nécessaire à ce niveau. Les auteurs initiaux des textes que nous venons de citer peuvent-ils nous dire quand, par qui, par quelle instance et dans quelles circonstances, cette stratégie nationale en faveur des Marocains résidant à l’étranger, aurait été adoptée en 2014 ? Serait-ce au niveau d’un Conseil de gouvernement, comme ceci se passe généralement pour les « stratégies nationales » concernant les divers secteurs (et à quelle date précise ?), ou bien dans le cadre de la commission interministérielle, présidée par le chef du gouvernement, chargée du dossier migratoire dans son ensemble ? Quand a eu lieu le séminaire de restitution de la Stratégie 2014 ? Puisqu’il est affirmé que cette stratégie a été mise en place « en coordination avec les différents partenaires », quels sont ces différents partenaires et sous quelle forme cette coordination se serait-elle concrétisée ? 

Pour nous, et comme nous l’avons montré notamment lors de cette rencontre de concertation du 17 janvier 2018, le Royaume dispose d’abord d’une stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), adoptée par le Conseil de gouvernement du 18 décembre 2014, dans le cadre de la Nouvelle Politique Migratoire, initiée en septembre 2013 par le Roi Mohammed VI. Celle-ci est caractérisée par une approche humaniste, globale, respectueuse des droits humains, conformément à l’article 30 de la Constitution marocaine qui garantit aux migrants les mêmes droits fondamentaux que pour les Marocains. Elle se fait également dans le cadre d’une coopération multilatérale revisitée et d’une responsabilité partagée. 

Cette stratégie se décline en cinq objectifs stratégiques : 
  • opérations de régularisation exceptionnelle de la situation administrative des « sans papiers » au Maroc (2014 et 2017) 
  • mise à niveau du cadre juridique et réglementaire ; 
  • mise en place d’un cadre institutionnel adapté ; 
  • gestion des flux migratoires dans le respect des droits humains ; 
  • facilitation de l’insertion multidimensionnelle harmonieuse des immigrés réguliers. 
Mais en dépit de certains progrès réalisés dans l’opérationnalisation de la SNIA, le réalisme et la lucidité nous font voir que beaucoup reste encore à faire, en particulier en comblant l’arsenal législatif lacunaire par l’élaboration et l’adoption notamment des lois sur l’asile et l’immigration, et au niveau de la thématique générale de l’insertion, qui s’inscrit en fait dans un projet sociétal à long terme du Maroc, demandant l’apport de tous. 

Il s’agirait aussi de mener une réflexion politique et stratégique sur la coopération étrangère pour le Maroc en matière de migration, car loin d’être aussi « fructueuse et exemplaire » comme le prétendent les gestionnaires de la coopération bilatérale et multilatérale au niveau du ministère délégué, des signes avant-coureurs montrent que certains projets et financements au niveau local (en particulier de la GIZ allemande pour la mise en place de « centres d’accueil des migrants »), s’inscrivent en droite ligne dans l’optique de l’externalisation par l’UE de ses méthodes et de ses frontières pour un strict contrôle des flux migratoires vers l’Europe et sont antinomiques avec la logique de la Nouvelle Politique Migratoire du Maroc. 

Nous avons en second lieu une stratégie dans le domaine culturel en direction des MRE, présentée publiquement début juillet 2015 à Rabat en présence de l’ancien ministre Anis Birou, chargé des MRE et des affaires de la migration. 

Mais face à ces acquis qu’il faut reconnaître et mettre en valeur, malgré certaines insuffisances à dépasser, une très grande faiblesse demeure en matière de gouvernance migratoire. Le Maroc pâtit encore de l’absence d’une stratégie nationale dédiée aux citoyens marocains à l’étranger, alors que dans les documents officiels du ministère, cette stratégie nationale existe bien depuis 2014 et elle est même opérationnalisée, connaissant des acquis et bien des « AVANCEES » ! 

Précisons que lors de cette présentation à Rabat de la stratégie culturelle début juillet 2015 durant laquelle un débat a été ouvert, nous avions applaudi cette initiative concernant la dimension culturelle, mais au même moment, nous avions fait observer qu’on ne pouvait s’arrêter là, qu’il était indispensable d’avoir une stratégie nationale en matière de citoyens marocains à l’étranger qui englobe toutes les dimensions du dossier. Dans sa réponse, l’ancien ministre était d’accord sur cette nécessité, mais en ajoutant avec franchise que ceci ne pouvait se faire dans le cadre du mandat gouvernemental qui approchait de la fin avec les élections législatives attendues en 2016… 

Une autre clarification s’impose. Le 31 janvier 2018, eut lieu à Skhirat, une intéressante initiative concernant le dossier Marocain résidant à l’étranger. Celle du lancement officiel par Abdelkrim Benatiq, ministre délégué chargé des MRE et des affaires de la migration, et par Mohamed Laâraj, ministre de la culture et de la communication, du riche programme des tournées théâtrales en faveur des MRE pour l’année 2018. 

L’initiative conjointe est à relever, d’autant plus qu’au plan institutionnel, le ministère de la Culture ne consacre pratiquement pas dans sa planification stratégique, ses programmes et actions, un espace visible pour une offre culturelle au profit des Marocains du Monde. Ces dernières années, le ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration a organisé plusieurs tournées théâtrales dans les pays d’accueil en faveur des MRE, mais en partenariat uniquement avec les missions diplomatiques marocaines à l’étranger et les troupes théâtrales marocaines. 

Cette initiative 2018, rentre dans un cadre particulier qu’il s’agit de préciser. De notre point de vue, elle ne s’inscrit pas dans le cadre de « la stratégie nationale en faveur des Marocains du Monde, mise en place par le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration », contrairement à ce qu’a annoncé un communiqué de ce ministère utilisé par Mohamed Drihem dans «L’Opinion» en page 4 du vendredi 2 février 2018). Cette initiative relève plutôt de la stratégie CULTURELLE en faveur des MRE, élaborée par le même département, même si celle-ci comporte des insuffisances. En particulier, l’annonce depuis fort longtemps du projet de création d’une agence culturelle nationale pour les MRE, est restée au niveau de la simple formulation de l’idée. Mais surtout, c’est le fait que le ministère de la Culture, le plus directement concerné, est pratiquement hors circuit au niveau du champ institutionnel MRE. 

La différence entre les deux niveaux de stratégie est de taille, au plan du contenu et du fond. En effet, la migration est un fait social total. Une stratégie nationale globale, cohérente et intégrée dédiée aux MRE, englobe les multiples facettes, pans et dimensions de l’émigration vers l’extérieur et de la communauté marocaine à l’étranger : humaine avant tout puisqu’il s’agit d’êtres humains, puis économique, sociale, cultuelle, éducative, identitaire, politique, juridique, administrative, légale et conventionnelle, communicationnelle, genre, démographique, sanitaire, sociologique, sociétale, environnementale, développementale, géostratégique, nationale, régionale, maghrébine, continentale africaine, internationale, sécuritaire, droits de l’Hommiste, etc. et pas uniquement le volet culturel. 

Tout comme la stratégie nationale intègre également notamment tout ce qui a trait aux institutions en charge des problématiques relatives aux Marocains résidant à l’étranger, en adoptant une démarche transversale. 

Revenons sur ce point au discours du Trône du 30 juillet 2015, dans lequel le Souverain procédait solennellement au rappel suivant au gouvernement : « Nous réitérons notre appel pour élaborer une stratégie intégrée, fondée sur la synergie entre les institutions nationales ayant compétence en matière de migration pour rendre ces institutions plus efficientes au service des Marocains du Monde ». 

Le discours du Trône 2015, dit par conséquent clairement qu’il n’y’avait pas, un an après 2014, de stratégie nationale en matière de Marocains établis à l’extérieur des frontières nationales. Depuis, rien n’a été fait concrètement dans cette perspective, mais d’aucuns au niveau de certaines directions du ministère délégué, s’entêtent dans cette voie de la désinformation pour esquiver leurs responsabilités. Ce n’est pas un malentendu, c’est une ligne maintenue et perpétuée à dessein par d’aucuns qui persistent et signent... 

Il conviendrait par conséquent d’opérer une rupture nécessaire et totale avec cette pratique improductive, que certains par contre affinent, qui ont l’air de penser que l’expression « stratégie nationale » est à elle seule un label de qualité et de crédibilité, indépendamment du contenu et de la démarche suivie. Mais il faut signifier clairement les méfaits de cette persistance chez d’aucuns dans le déni, dans la volonté délibérée de tromper et d’induire en erreur. Comme nous le verrons plus en détail plus bas, c’est le cas de ceux qui vont jusqu’à faire dire à des médias, que lors de la rencontre de concertation du 17 janvier 2018, les chercheurs en migration ont dressé un état des lieux de la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de MRE et de ses avancées, alors que cette stratégie n’existe même pas ! Comme le dit un proverbe : « on peut tromper une fois mille personnes, on ne peut tromper mille fois une personne » ! 

3 ON NE RÉVISE PAS CE QUI N’EXISTE PAS 
Cependant, pour l’avenir, le ministère délégué se dit dans sa note de cadrage de la rencontre du 17 janvier 2017 « soucieux de procéder à une révision et d’apporter un nouveau regard stratégique sur les problématiques » concernant les Marocains résidant à l’étranger. Tout comme il manifeste sa détermination « à lancer un processus pour la révision et l’élaboration d’une nouvelle stratégie » en faveur des MRE dans le cadre d’une démarche participative. La note de cadrage s’est donnée expressément comme un des objectifs, celui de « formuler des propositions et des recommandations concrètes pour l’élaboration d’une nouvelle vision stratégique concertée ». 

Cet engagement d’aller de l’avant est le bienvenu, car il est nécessaire de faire bouger les lignes. Mais ne faisons pas les choses en partie seulement. Osons aller au bout de cette logique. On n’est pas à une nouvelle étape dans une stratégie existante. On ne peut parler de révision de la stratégie nationale en faveur des MRE (SNMRE), de nouveau regard stratégique en la matière, ou bien de l’élaboration d’une nouvelle stratégie, alors que la « précédente » stratégie n’a jamais vu le jour. Il n’y’a rien à amender et aucun toilettage à entreprendre par une « contribution à la révision de la SNMRE » puisqu’à la base, aucune stratégie nationale en matière de citoyens marocains à l’étranger n’est disponible dans la réalité concrète. De même, lorsqu’on parle d’une nouvelle stratégie, cela suppose qu’il y’a déjà une, alors que ceci est totalement inexact. 

Ce constat est fondamental et par honnêteté intellectuelle et souci d’objectivité, ne se négocie pas intellectuellement, car au niveau méthodologique et pratique, il ne s’agit pas de « bricoler » pour réviser, revoir, revisiter, réajuster, affiner, actualiser, enrichir, améliorer, reconfigurer, reprendre ou mettre à jour la SNMRE en apportant un simple complément ici ou là, en procédant à un maquillage ou à un ravalement de façade. Le débat ne peut être kidnappé par l’utilisation d’éléments de langage très rodés, en répétant à l’envie l’existence d’une stratégie. En fait, il n’y’a pas de stratégie nationale pour les citoyens marocains à l’étranger. 

Vouloir à tout prix faire bloc et faire front pour « sauver la face » parce que d’aucuns se sont trop engagés à travers des déclarations antérieures, renouvelées encore tout dernièrement à travers un début d’ « offensive » médiatique, n’est nullement la bonne solution. Il s’agit de porter la marque de ceux qui savent s’appliquer l’autocritique, se mettre en question pour avancer et progresser. L’autocritique n’est pas quelque chose d’interdit ou de dévalorisant. On doit la vérité au pays, à la communauté marocaine résidant à l’étranger et aux acteurs de la coopération internationale avec le Maroc dans le domaine migratoire. 

En fait, ayons la lucidité et le courage politique de le reconnaître : tout reste à entreprendre du début à la fin, et pas seulement quelques retouches. Il importe par conséquent de mener sérieusement une réflexion globale et multidimensionnelle pour l’élaboration d’une stratégie nationale globale, cohérente et intégrée en direction des citoyens marocains à l’étranger qui n’a jamais vu le jour jusqu’à présent. L’impératif est de suivre une démarche appropriée comprenant plusieurs dimensions, qui n’ont nullement été prises en compte pour l’élaboration du texte qualifié de « Stratégie Nationale pour les MRE », publié en arabe sur le site du ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration. 

Dans une démarche constructive, voici quelques éléments de cette approche nécessaire qui doit fournir une réponse nationale aux multiples problématiques liées à l’émigration des Marocains vers l’étranger et aux citoyens marocains établis à l’étranger, avec ce que la notion de citoyenneté charrie comme sens profond en termes de devoirs et d’obligations, mais également de droits multidimensionnels, tels qu’ils sont énoncés dans la Constitution marocaine rénovée de 2011 et dans les instruments internationaux en la matière ratifiés par le Maroc. 

Nos suggestions relatives à l’établissement d’un projet de stratégie MRE sont les suivantes : diverses études thématiques (connaissance des mutations structurelles au sein de la communauté, ses attentes et préoccupations ; évolution des politiques migratoires des pays d’immigration, étude du contexte international actuel mais surtout le contexte de l’avenir, car ce qui prime c’est la préparation du futur, en anticipant les mutations qui traversent ce contexte à moyen et long terme ; envisager les divers scénarios possibles concernant l’émigration) ; consultations de proximité de manière ouverte, transparente et démocratique des milieux concernés ; organisation de débats pluriels ; diagnostic de toutes les institutions dédiées en totalité ou en partie aux MRE, en préconisant les réformes nécessaires, à partir de leur propre expérience et des nouveaux défis. 

Il s’agit aussi de procéder à l’examen des bonnes pratiques des expériences internationales en matière de politiques dédiées aux communautés nationales respectives installées à l’étranger pour en tirer les enseignements adéquats pour le Maroc. 

Il y’a lieu également d’envisager l’analyse de l’articulation/combinaison des politiques dédiées aux Citoyens marocains à l’étranger (CME) avec d’autres politiques nationales pertinentes pour mieux agir et parvenir à la transversalité qui est une plus-value en termes de pertinence, d’efficacité et d’efficience des réponses apportées. Il s’agit de jouer sur les croisements et autres politiques publiques comme celle de l’emploi ; politiques de développement ; politiques de protection des droits humains ; politique genre etc. 

Il convient par ailleurs d’élaborer une sorte de doctrine nationale en matière de MRE et une charte nationale à proposer aux citoyens marocains établis à l’étranger, au travers d’un débat national relatif à la communauté marocaine à l’étranger, qui doit être un moment fort de la démarche en partant notamment des dispositions de la Constitution 2011. Il ne s’agit donc pas d’un débat purement bavard, mais avec des objectifs précis. 

Enfin, un cadre de suivi, d’examen de l’application des engagements pris, d’anticipation des mesures à prendre sur une base informée est à mettre en place. C’est le rôle essentiel de l’outil de pilotage prospectif global, que constitue un observatoire national relatif à la communauté marocaine à l’étranger, et plus généralement à la migration internationale au Maroc, en prenant en considération également, dans une vision globale, le nécessaire suivi de l’immigration étrangère au Maroc. 

Il ne s’agit pas, à notre sens, de « dynamiser » des institutions existantes comme l’Observatoire de la Fondation Hassan II pour les MRE, qui s’est limité à mener quelques enquêtes socio-économiques sporadiques (intéressantes en soi certes, mais qui ne sont pas normalement de la compétence de la Fondation mais plutôt de « Bank Al Amal » en particulier) et de les publier avec quelques autres contributions sur les MRE tous les trois ou quatre ans. La Fondation par ailleurs n’a pas une vocation transversale, même si les actions dont elle est statutairement responsabilisée (enseignement de l’arabe -pas encore de fait au niveau de l’Amazigh- et de la culture marocaine aux MRE, aide pour résoudre divers problèmes …), doivent s’inscrire dans une politique globale et intégrée de l’Etat en direction des MRE. 

Le propos n’est pas non plus de « réactiver » l’Observatoire des Migrations conçu sur le papier depuis 2003 auprès de la Direction de la Migration et de la surveillance des frontières (ministère de l’intérieur) mais qui, en pratique, n’a jamais été mis en place et encore moins opérationnalisé, y compris pour la dimension immigration étrangère au Maroc pour laquelle il a été envisagé, sans nullement englober le volet Marocains résidant à l’étranger. 

L’observatoire national souhaitable pour les migrations est à créer dans un autre cadre à envisager à travers non pas des conclusions hâtives tirées d’un recueil bibliographique sectaire sur les migrations au Maroc, mais par le biais d’une réflexion multidisciplinaire méthodique et approfondie, ouverte et plurielle comme espace d’étude, de réflexion, de recherche, de monitoring, de débat, de dialogue et de proposition dans le domaine migratoire dans ses deux volets (MRE et étrangers au Maroc). La mission de cet observatoire est de réfléchir, comprendre, anticiper pour pouvoir mener des actions concrètes. Outre les chercheurs dans leur multi-disciplinarité, provenant aussi bien des diverses universités marocaines, que parmi les universitaires marocains exerçant à l’étranger qu’il ne s’agit nullement d’oublier, la composition de l’Observatoire devrait être élargie au niveau d’une instance consultative notamment aux syndicats les plus représentatifs, à la société civile MRE, aux ONGs de l’immigration étrangère au Maroc, aux diverses administrations et institutions nationales concernées par le dossier migratoire au sens large. 

On doit prendre en considération le fait que cet observatoire national devrait être également le correspondant national pour le Maroc de l’Observatoire Africain pour la Migration, dont le Roi Mohammed VI a proposé la mise en place au Maroc (message royal au 30ème Sommet de l’UA à Addis Abeba, 29 janvier 2018), comme un des principaux outils de l’Agenda Africain sur les Migrations, dans le cadre de l’Union Africaine (UA). 

4 ÉCHEC TOTAL DE L’ÉTUDE IRES SUR LES MRE 
Certes, une étude d’envergure avait été lancée en 2012 coordonnée par l’IRES (Institut royal d’études stratégiques à Rabat), en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger (qui n’avait pas encore dans ses attributions les Affaires de la migration), la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger (même si celle-ci n’a pas participé au financement de l’étude) et le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) pour l’élaboration d’une stratégie nationale en faveur des Marocains résidant à l’étranger à l’horizon 2030, mais elle a connu un fiasco, n’ayant pas été terminée et son rapport général (Ahmed Ghazali, juin 2013) n’ayant jamais été validé. 

Si l’étude avait abouti et de manière crédible, nul doute que le rapport général final aurait été automatiquement soumis au Cabinet Royal par l’IRES, compte tenu du statut de cette dernière institution, et que le discours du Trône 2015 n’aurait pas fait la sévère remontrance pour l’absence de stratégie nationale dédiée aux Marocains résidant à l’étranger … 

Le département ministériel concerné et de manière précise, la direction de la coopération, des études et de la coordination sectorielle ayant été partie prenante à l’échec de ce vaste projet qui a coûté quelques 650 millions de centimes, on est en droit de nous interroger sur les raisons de cet échec, et de savoir les conséquences qui ont été tirées de cette expérience non réussie pour aller de l’avant et combler le lourd déficit existant. Or au lieu de faire œuvre de transparence, on va par contre jusqu’à occulter le lancement même de cette étude. 

Pour nous, cet échec est imputable notamment à des raisons méthodologiques et organisationnelles. On ne peut en premier lieu, faire prévaloir essentiellement la conception utilitariste par la sauvegarde et la promotion dans le temps de l’émigration marocaine vers l’étranger, c’est-à-dire l’augmentation du « stock », comme durant la période de l’âge d’or de l’émigration marocaine à outrance des années soixante du siècle dernier ! 

En second lieu, en dehors de l’Institut royal d’études stratégiques (IRES) , à travers les comités de pilotage (composé des dirigeants de ces institutions) et de suivi dont elles étaient membres, les institutions parties prenantes à l’étude, étaient juges et parties, aucune n’acceptant qu’un bilan critique de son action soit fait, que sa propre gestion soit mise en cause même pour améliorer l’organisation et le fonctionnement, et toutes se mettant d’accord de se protéger mutuellement et de faire front contre toute critique liée à leur gouvernance, alors que ces institutions connaissent de multiples dysfonctionnements, de blocages et manque d’efficacité depuis bien longtemps. 

Or une démarche rigoureuse et objective, impose de dire les choses, de ne rien escamoter ou cacher par crainte quelconque ou par complaisance avec les milieux concernés. Elle ne peut s’accommoder de détourner les regards sur les manques et les insuffisances. Sinon, cela ne constituerait qu’une perte de temps et d’opportunités de réformes nécessaires pour avancer. 

5 DES FONDEMENTS TRÈS DISCUTABLES 
L’étude IRES sur l’émigration marocaine ayant connu une démarche défaillante et n’ayant pas abouti concrètement, le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger s’est adressé par la suite à un bureau d’études pour venir en aide à la direction concernée, à savoir la direction de la coopération, des études et de la coordination sectorielle. 

Cette démarche « S.O.S. » a permis de concocter en un tour de main une pseudo « stratégie » (carrément !), synonyme de copier-coller, racolant divers plans d’action limités et l’énoncé de mesures ponctuelles diverses. Le « livrable définitif » de 25 pages, en date du 12 novembre 2014, porte le titre pompeux suivant : « Formalisation et Structuration de la Stratégie Nationale des Marocains du Monde ». Après que le département concerné ait procédé à des « retouches » dont on rendra compte, et l’avoir expurgé des quelques pages constituant la partie relative à la « synthèse des forces, faiblesses, opportunités et menaces » concernant l’émigration au Maroc, la version en arabe de cette « stratégie nationale MRE » (rien que çà) est toujours éditée sur le site officiel du ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, malgré de multiples faiblesses de fond dévoilées dans le cadre du débat public. 

Comme nous allons le montrer, ce document en arabe est en fait une stratégie au rabais, une stratégie de pacotille, comme résultat d’un « bricolage », d’une action désinvolte, à la va vite, caractérisée par l’amateurisme, l’improvisation et l’approximation, une tricherie délibérée, une tromperie intellectuelle volontaire manifeste au niveau de l’appellation « stratégie nationale », un tripatouillage conceptuel et l’expression d’une véritable imposture. Voici concrètement et fondamentalement pourquoi, au travers de nombreux éléments mis en avant dans les paragraphes 6 à 12 compris. 

6 DE DROITE … À GAUCHE ! 
Une remarque préalable au niveau de la « forme ». Curieusement, la traduction en arabe et la visualisation en page 2 du paragraphe intitulé « principales étapes » de l’élaboration de cette stratégie et de son opérationnalisation, est un véritable « couac ». Cette visualisation en trois temps (1, 2, 3) avec les éléments qui correspondent à ces chiffres, marque un amateurisme certain. En arabe, c’est sûrement un simple oubli, on lit de droite à gauche et non pas de gauche à droite. Les développements ou éléments qui correspondent au chiffre 1, doivent se lire en premier à droite et non pas à gauche, et ce qui correspond au chiffre 3, doit figurer à gauche et non pas à droite !!! 

Au-delà de la forme, cette « stratégie nationale » est indiquée par le « livrable définitif » du bureau d’études, comme étant déterminée de la manière suivante : « l’analyse SWOT , appuyée par les articles de la Constitution et les Hautes Orientations Royales, permet de dégager 4 catégories d’enjeux de l’émigration pour le Maroc ». Le ministère remplace l’analyse SWOT par programmes de gouvernement et présente alors la stratégie nationale comme reposant sur trois fondements ou soubassements, tel que ceci ressort du document en arabe. 

À cette présentation, plusieurs objections de fond peuvent être émises, que nous déclinerons successivement à travers quelques points. 



7 QUELLE APPLICATION DES DISPOSITIONS CONSTITUTIONNELLES DÉDIÉES AUX MRE ? 
D’abord la Constitution qui a consacré effectivement quatre dispositions centrales concernant les droits multiformes des Marocains établis à l’étranger : articles 16, 17, 18, 163, auxquels on peut même ajouter certains éléments de l’article 30. 

Or rien dans la « stratégie », ne fait référence par exemple à la nécessaire participation et représentation politiques des citoyens marocains à l’étranger (même si l’article 17 est mentionné). Dans le document de « stratégie », on se contente de prévoir à la fin, une rubrique intitulée « Participation à la discussion autour de la participation politique au Maroc des Marocains du Monde », avec deux orientations : 
  • organisation de séminaires-débats autour des préoccupations politiques des Marocains du Monde ; 
  • mise en place d’une plateforme de recueil des attentes et propositions des Marocains du Monde. 
Or cette démarche « stratégique » fait fi de l’article 17 qui a déjà tranché sur le principe, alors qu’on est encore à chercher à discuter et à connaître les préoccupations politiques des citoyens marocains établis à l’étranger, comme si ces préoccupations restaient encore inconnues et qu’il n’y’avait pas eu le référendum constitutionnel du 1er juillet 2011, auquel faut-il le rappeler, les Marocains résidant à l’étranger avaient participé. 

Au lieu de passer aux modalités concrètes, à la recherche de procédures et de mécanismes pragmatiques pouvant traduire sur le terrain le contenu de l’article 17, on remet les compteurs à zéro. Par ailleurs, lorsque ce genre de table ronde est organisé, comme celle ayant eu lieu à Rabat le 2 août 2017, on met alors en scène les « polémiques suscitées » et le fait que « les Marocains du Monde ne sont pas d’accord entre eux », qu’il y’a un grand fossé qui les sépare …pour ne pas passer à l’acte au niveau gouvernemental ! 

De même, dans le texte en arabe, aucune allusion n’est faite au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) (article 163 de la Constitution). Pourtant, de par le dahir numéro 1.07.208 du 21 décembre 2007 portant création du Conseil, ce dernier a une mission d’observation et de prospective, de suivi et de Conseil en matière de gouvernance politique, juridique et administrative s’agissant des MRE. De manière fondamentale, il est censé observer, analyser et produire du sens et de la visibilité stratégique et prospective concernant la communauté marocaine établie hors des frontières nationales. Or même le rapport stratégique pourtant obligatoire tous les deux ans, selon le dahir (article 4), n’est pas établi et présenté, soit un déficit de 5 rapports jusqu’ici … ! 

Par ailleurs, alors que l’article 16 de la Constitution reconnaît notamment la nécessité de « la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyennes et des citoyens marocains à l’étranger », la pratique gouvernementale s’est caractérisée par une abdication devant les Pays-Bas, en remettant en cause un certain nombre de droits sociaux des Marocains immigrés dans ce pays. 

Sur ce point, on regrettera que le projet de loi numéro 47-16 portant approbation du protocole fait à Rabat, le 4 juin 2016, portant révision de de la Convention générale de sécurité sociale entre le Royaume du Maroc et le Royaume des Pays-Bas, soit passé comme une « lettre à la poste » à l’unanimité en commission des affaires étrangères, puis à l’unanimité en séance plénière de la Chambre des Représentants le 14 février 2018. Si le résultat fut pratiquement le même à la Chambre des Conseillers qui l’avait étudié deux semaines plutôt, les Conseillers ont eu au moins le mérite de mener un débat de fond en commission, en mettant en avant les graves renoncements du gouvernement précédent (cabinet Benkirane). 

S’agissant également des Marocains établis à l’étranger, où est la nécessaire « préservation de leur identité nationale » (article 16), alors que, politiquement, ils sont considérés comme des Marocains entièrement à part, des citoyens de seconde zone ! 

Pour ce qui est de l’article 18 de la Constitution relatif à la démocratie participative concernant les MRE, si cet élément très important était réellement intégré dans la « Stratégie Nationale MRE » de 2014 et opérationnalisé, la question suivante ne serait plus pertinente. Comment se fait-il que le problème reste posé à ce jour, et que le discours du Trône du 30juillet 2015 ait été amené à appeler de manière solennelle le gouvernement concernant les Marocains résidant à l’étranger, à « la mise en œuvre des dispositions de la Constitution relative à l’intégration de leurs représentants dans les institutions et les instances de gouvernance et de démocratie participative » !? 

8 SUR LES DISCOURS ROYAUX 
Pour les auteurs de cette « stratégie nationale MRE », dont on ne sait pas s’ils ont réellement accumulé un fort capital de consultations et d’expertise en matière de migration, le second soubassement de cette stratégie serait les discours royaux. La version en arabe cite deux : celui du 30 juillet 2010 et celui du 20 août 2012. 

Or le discours du Trône du 30 juillet 2010, ne dit aucun mot sur les MRE. Par contre, plusieurs discours pouvant constituer une référence, n’ont pas été cités, en particulier : ceux du 30 juillet 1999 ; 20 août 2001 ; 30 juillet 2002 ; 20 août 2002 ; 30 juillet 2004 ; 6 novembre 2005 ; 6 novembre 2006. 

Il y’a aussi le discours du 6 novembre 2007 qui comprenait notamment l’appel au gouvernement El Fassi d’entreprendre une réforme consistant en « une réflexion renouvelée et rationnelle et une révision de la politique migratoire, à travers l’adoption d’une politique globale, mettant fin au chevauchement des rôles et à la multiplicité des intervenants. Il s’agit d’une stratégie cohérente en vertu de laquelle, chaque autorité politique, institution ou instance, agit dans un esprit de complémentarité et d’harmonie pour s’acquitter des missions qui lui incombent pour assurer la bonne gestion de toutes les questions de la migration… ». 

Sur ce point, si le ministre Mohamed Ameur, chargé à l’époque du dossier MRE, a accompli une myriade de réalisations, lors de la présentation à la presse du bilan de son mandat (9 août 2011), il a eu l’humilité intellectuelle de regretter un manque d’harmonie des institutions dédiées aux MRE et le courage politique de reconnaître l’absence de stratégie nationale à long terme en la matière, mettant l’accent sur la nécessité de son élaboration pour l’avenir. Alors qu’au sein de son propre département, certains ne s’étaient pas empêchés de parler de (et même d’écrire sur la) « vision 2012 », ce qui n’était en fait qu’un plan d’action 2008-2012 …Depuis, dans une sorte de fuite en avant, la tentation est grande de nommer vison, voir même stratégie nationale, ce qui n’est qu’un plan d’action très partiel, limité de surcroît au seul département ministériel dédié notamment aux Marocains résidant à l’étranger … 

Même au niveau du ministère chargé des MRE, les rédacteurs des termes de références de l’étude (signalée plus haut à notre point 4) « Stratégie Nationale en faveur des Marocains Résidant à l’Etranger à l’horizon 2030 » (août 2012), n’ont pas rompu avec ce penchant en écrivant à propos des motivations de l’étude projetée, vouloir guider l’action du gouvernement « en relayant sa stratégie 2008-2012 » (!!!), alors qu’il s’agissait bien d’un plan d’action … 

Ce pas a donc été franchi maintenant, et cette démarche a été « banalisée » pour aboutir à une stratégie au rabais. Faute d’élaborer réellement comme il se doit, cette stratégie nationale, avec une sorte de paresse intellectuelle, on se contente de dire et de répéter à satiété qu’on a cette stratégie, en la vendant par la « COM » de mille et une manières, en s’ingéniant à trouver les formules ambiguës et le canal adéquat pour accréditer l’idée …En bref, une simple stratégie de «com », en lieu et place d’une réelle stratégie nationale globale, cohérente et intégrée en matière de MRE ! 

Au niveau des orientations royales «oubliées », il y’a aussi le discours du 30 juillet 2015 auquel nous avons déjà fait référence, qui a procédé au rappel de ce qui n’a pas été fait depuis 2007, en dépit par ailleurs des fermes instructions données le 21 décembre 2007 au président et au secrétaire général du CCME (Driss El Yazami et Abdellah Boussouf) à l’occasion de leur nomination, consistant à ce que le Conseil : « contribue, en collaboration avec l’ensemble des autorités, à la mise au point d’une stratégie nationale d’immigration globale, multidimensionnelle, et prenant en considération les développements et les mutations accélérées que connaît ce phénomène. Cette stratégie devrait être fondée dans ses dimensions nationale, régionale et internationale, sur la cohérence et la complémentarité de l’action des autorités et des instances qui en ont la charge ». 

Or à ce jour, ce cahier de charge n’a pas été assumé (tout comme d’ailleurs la mission consultative et la mission prospective du CCME), et doit l’être avec une démarche rigoureuse, y compris pour la conception du futur Conseil en vertu de l’article 163 de la Constitution. Même l’encouragement du Roi lors du discours du Trône 2015 à l’adresse du CCME pour l’élaboration d’une stratégie nationale avec en particulier «la nécessité de se prévaloir de l’expérience et du savoir-faire accumulés par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, en vue de mettre en place un Conseil qui réponde aux aspirations de nos enfants à l’étranger », n’a pas suffi. 

Cette expérience faut-il le rappeler, comporte de notre point de vue, certains éléments positifs comme la participation du CCME au Salon international de l’édition et du livre (SIEL) à Casablanca, la publication de livres et l’organisation de débats et de séminaires, (même si le Conseil de par le dahir, n’est pas un acteur culturel) mais également de nombreuses lacunes et insuffisances, sans compter de multiples dysfonctionnements dont il fait tirer objectivement les enseignements pour l’avenir, dans la mesure où ils font partie de cette expérience en positif et en négatif accumulée. C’est là où le « savoir-faire » des membres du Conseil doit s’exprimer concrètement, en concevant le futur Conseil, mais on est toujours dans l’attente … 

Mais les responsables du CCME n’ont pas le triomphe modeste. Ils estiment que, par ce discours du 30 juillet 2015, ils ont la bénédiction du Palais et que les critiques qui sont adressées à propos de leur gestion et de son absence d’efficience, ne sont nullement fondées, voir ne constituent que « des attaques personnelles » et « de l’acharnement » !!! 

Par ailleurs, la nécessité s’impose, à notre sens, d’un travail de mise en cohérence entre les orientations royales d’une part, le discours et les pratiques d’autre part d’un certain nombre de responsables d’institutions dédiées aux citoyens marocains établis à l’étranger. 

Prenons un exemple significatif. Alors que la Constitution parle des MRE en tant que citoyens et de la nécessité de protéger leur identité nationale, que le discours royal du 20 août 2012 considère les jeunes marocains à l’étranger comme une « composante » de la jeunesse marocaine et constituent nos « compatriotes » auxquels notre pays doit assurer « une participation aussi étendue que possible à la construction du Maroc de demain », le premier responsable en pratique du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, qui a le mérite de la cohérence et de la constance dans les idées défendues depuis bien des années, a un point de vue bien à lui. 

Il considère que les liens qui unissent la communauté marocaine en Europe avec son pays d’origine, « sont avant tout d’ordre culturel et cultuel », alors que ces liens d’appartenance ne sont pas uniquement identitaires, mais également de citoyenneté. Il ajoute que c’est « là-bas » en Europe que les jeunes MRE doivent s’investir, y compris politiquement, et que c’est entraver et parasiter leur intégration là-bas et favoriser le populisme et l’élargissement de l’extrême droite que de faire en sorte qu’ils aient également la possibilité de s’investir ici au Maroc en tant que citoyens marocains à part entière, ou membre d’un parti politique marocain !!! : « il est inconcevable, dit-il, qu’un citoyen français d’origine marocaine, adhère à un parti marocain sans que cela pose des questions ». 

Cette position est par ailleurs en contradiction totale avec le discours royal fondateur du 30ème anniversaire de la Marche Verte (6 novembre 2005), qui a réintégré les Marocains résidant à l’étranger, y compris les jeunes issus de l’immigration dans le processus intégral de citoyenneté par rapport au Maroc. Comme elle l’est avec la loi 23-06 donnant la possibilité aux jeunes marocains nés à l’étranger de s’inscrire sur les listes électorales à l’intérieur du Maroc en tant que votant et/ou candidats aux divers scrutins électoraux à l’intérieur du Maroc. 

Fondamentalement, cette position est aussi en contradiction frontale avec l’intervention caractérisée par une lecture stratégique puissante, faite le 29 novembre 1985 par feu Hassan II à Paris, devant des représentants de la communauté marocaine résidant à l’étranger, en présence du président à l’époque de la République, François Mitterrand : 
« Et bien restez Marocains, restez Marocains, parce que toujours dans la paix et la concorde, moi-même ou ceux qui me succéderont pourront avoir un jour besoin de refaire une Marche Verte. Eh bien, je veux qu’au nom de tous les Marocains vivant à l’étranger, pas seulement en France ou à Paris, vous me fassiez le serment que tous les jeunes Marocains qui seront nés en terre étrangère seront dédiés, dès leurs berceaux, aux marchés que l’histoire leur interposera. Si telle est votre réponse, je peux dormir tranquille ». 
Ceci veut dire que la nationalité marocaine - qui ne se perd pas - n’est pas seulement une question juridique, mais qu’elle a une dimension politique et une portée sociétale et stratégique profonde. Ce n’est pas une simple écriture sur un passeport ou sur une carte d’identité, mais elle renvoie notamment à un ensemble de valeurs qui doivent être cultivées, entretenues et intériorisées pour se construire, être perpétuées et maintenir les liens fondamentaux avec le pays. La nationalité suppose notamment que tous les droits du citoyen marocain soient reconnus et puissent être exercés par rapport au Maroc, y compris le droit de vote et d’éligibilité. 

9 INVERSION DES RÔLES 
Le troisième fondement de cette « stratégie nationale » selon le document ministériel, est constitué par les différents programmes gouvernementaux. Dans la version en arabe de la Stratégie, publiée rappelons-le sur le site du département, on spécifie précisément le programme gouvernemental 2012-2016. 

Or de notre point de vue, au niveau méthodologique, un programme gouvernemental, aussi riche soit-il sur le dossier MRE (ce qui n’était même pas le cas sous le gouvernement Benkirane), ne peut fonder une stratégie. Au contraire, un plan d’action tire sa force de la stratégie. C’est la stratégie, conçue de manière globale, cohérente et intégrée sur le long terme, qui constitue la pierre angulaire de toute action, permet de saisir et de comprendre le contexte des décisions. Elle détermine les plans d’action (qui sont plus courts), les programmes gouvernementaux et leur donne du sens, une signification, des raisons d’être, des finalités, une situation « idéale » à atteindre, fixe le cap. La démarche stratégique transcende par conséquent la logique du court terme. Lorsqu’on dit qu’elle doit être bâtie sur le temps long, elle devrait même délibérément s’inscrire dans l’agenda des générations futures et, par voie de conséquence, du développement durable. 

Il s’agit de dire « pourquoi et pour quoi plutôt qu’expliquer « comment ». Sans stratégie comme toile de fond, l’action équivaut en effet à de l’activisme, voire de la simple gesticulation. C’est la stratégie qui permet d’avoir un cadre de réflexion et d’action prospectif, de doter le pays d’un référentiel pouvant guider et orienter les politiques publiques en matière de Marocains résidant à l’étranger, bref une boussole pour ne pas naviguer à vue, ne pas avancer à l’aveuglette, à tâtons, agir sans savoir où on se dirige. En somme, la stratégie est incontournable. C’est la raison pour laquelle son absence dans le domaine MRE, est plus que problématique. 

Il n’est peut-être pas superflu de rappeler que, à la question de savoir quelles politiques nous voulons suivre dans le domaine des citoyens marocains à l’étranger, se pose fatalement la question cruciale de savoir quelle stratégie en la matière nous devons adopter. Voilà pourquoi, dans nos contributions au débat public pour l’action, la nécessité de l’élaboration d’une stratégie nationale en la matière, est un élément central et non pas un simple exercice intellectuel ou une question sémantique. Dans le dossier de la communauté marocaine établie à l’étranger, il faut par conséquent se déterminer sans détour pour l’adoption d’une stratégie en la matière, la réaliser et la mettre en pratique, les enjeux étant capitaux. 

Avec le document élaboré sous le titre « Stratégie Nationale pour les MRE », on est ainsi en présence d’une expertise douteuse, avec une confusion méthodologique inacceptable, entre stratégie et plan d’action, programme gouvernemental et vision, qui ne peut que jeter le trouble politique. Ce qui trouble le débat, c’est la tricherie, le mensonge délibéré. Cessons donc de jouer sur les mots, de procéder aux dissimulations, de pratiquer là tromperie, de multiplier les sophismes. Les axes d’intervention et les programmes du ministère en faveur des MRE, s’inscrivent dans le cadre d’un plan d’action du département, mais ne constituent nullement en eux-mêmes une stratégie nationale, pas plus qu’ils ne sont issus d’une stratégie nationale, celle-ci n’existant pas. 

10 UNE IMPASSE INCOMPRÉHENSIBLE ! 
Une stratégie nationale dédiée aux Marocains établis à l’extérieur, ne peut faire l’impasse sur les diverses institutions, moyens d’intervention et leviers d’action qui composent le champ institutionnel MRE, dédiés en totalité, voir partiellement seulement au secteur. Ce champ institutionnel connaît un décalage énorme avec les innombrables mutations qualitatives et structurelles qui touchent la communauté marocaine établie à l’étranger, engendrant de nouvelles attentes et aspirations des MRE. Ces institutions restent par ailleurs pratiquement sans lien les unes avec les autres, voir même concurrentes avec la reprise et duplication d’un certain nombre d’activités. De plus, chacune d’elles navigue sans boussole pouvant donner une visibilité dans un domaine transversal fort complexe. 

Face à cette situation, toutes les institutions dédiées aux MRE ont besoin d’être refondées, de voir recadrées et fédérées leurs actions, et surtout de rendre cohérentes leurs diverses interventions, avec le souci également de la réalisation des politiques publiques dans un esprit de complémentarité. 

Certes, le document de Stratégie comprend un programme numéro 8 intitulé « gouvernance et communication », qui a pour but de « structurer la gouvernance pour organiser l’action de tous les intervenants institutionnels du champ MRE, de renforcer leurs capacités d’intervention et améliorer la communication autour de la stratégie dédiée aux Marocains du Monde ». 

Pour autant, ce document « stratégique » ne parle nullement des problèmes et dysfonctionnements que connaissent Bank Al Amal, la Fondation Hassan II pour les MRE, le CCME, le Conseil Européen des Oulémas Marocains, la CNSS etc. Ces institutions ne sont même pas cités dans ce programme numéro 8 comme on peut le constater dans le document en arabe (page 17) sur le site officiel du ministère MRE, alors qu’il s’agit d’arrêter un agenda politique pour mettre en œuvre de multiples réformes et de les intégrer dans les programmes nationaux ! Au vu de la pratique, la gestion de ces institutions a besoin de manière pressante et urgente d’être revisitée et réajustée dans le sens de l’efficacité, de la transparence et de la démocratie. 

À la décharge du bureau d’études, son « livrable définitif » comprend bien à son programme 8 un projet intitulé : « Renforcement de la coordination avec les acteurs institutionnels », avec la mesure suivante : « clarification des rôles des différents acteurs institutionnels impliqués dans les problématiques des Marocains du Monde ». L’inscription de ce projet est tout à fait fondée, car en matière de politiques dédiées aux MRE, rien de valable ne peut se faire sans la convergence et sans la synergie pour parvenir à une mutualisation des efforts, à un meilleur usage des divers outils d’intervention relatifs aux MRE, et à plus d’efficience. Les maîtres mots sont les 3C : coordination, concertation, cohérence. 

La coordination qui est un processus dynamique d’ajustement et de mise à niveau, nécessite un processus d’information, interaction et coopération entre des visions et points de vue multiples dépassant les approches partielles ou sectorielles et débouchant de façon dynamique et évolutive sur des visions complémentaires et intégrées, des convergences, voir des visions et des références partagées. 

Mais dans une fuite devant les responsabilités, cette dimension centrale et incontournable de la coordination fut carrément et tout simplement supprimée par les responsables du ministère, dans le cadre d’une vision bien particulière de la « coordination sectorielle ». Où est alors ce qui est présenté de manière idyllique dans la note de cadrage de la rencontre du 17 janvier 2018 dans son volet stratégie au profit des Marocains résidant à l’étranger : « instauration d’un système de partenariat et de coopération transparent et adapté aux besoins des Marocains du Monde et des migrants régularisés au Maroc. Ce projet vise à développer au niveau national, un ambitieux programme de partenariat avec les départements ministériels et institutions nationales concernées (…) » !? 

Visiblement, les responsables de la « coordination sectorielle » ont estimé que s’aventurer dans une voie menant à une critique du fonctionnement de ces institutions (même à minima), les mettraient en porte à faux avec leurs responsables. En d’autres termes, il s’agit d’un sujet trop sensible et un domaine « trop glissant » pour être retenu, impliquant des réformes qui ne seraient pas du goût des hauts responsables d’institutions concernées, en particulier celles dédiées en totalité aux Marocains résidant à l’étranger, considérées par eux comme faisant partie du domaine réservé : Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Conseil Européen des Oulémas Marocains (CEOM). 

Ce dernier conseil est en effet également concerné du fait en particulier que l’encadrement religieux connaît toujours une défaillance manifeste en termes de déploiement et au niveau qualitatif. L’échec patent est visible lorsqu’on constate surtout le nombre de jeunes issus de l’immigration marocaine impliqués dans les actions de violence meurtrière en Europe. 

Voilà pourquoi, on comprend mal la suppression par le ministère du projet suivant proposé par le bureau d’études avec les mesures qui lui sont liées : 

« Renforcement de l’encadrement religieux des Marocains du Monde : 
  • formation des Imams issus de la communauté des MDM ; 
  • création de manifestations religieuses ; 
  • création d’une plateforme d’échange et d’information autour des questions religieuses ». 
Bien entendu, pour la dimension cultuelle, il y’a le ministère des Habous et des affaires islamiques. Mais pour l’encadrement religieux de la communauté marocaine résidant à l’étranger, même ce département semble dessaisi par les tenants de la démarche sécuritaire qui ont la haute main sur ce secteur, alors qu’au même moment, les responsables d’une institution nationale consultative comme le CCME, qui n’est pas, selon les textes, un acteur cultuel (pas plus d’ailleurs qu’il n’est un acteur culturel), jouent un grand rôle dans cet encadrement, bien que ce rôle soit défaillant, en particulier auprès des jeunes.

On se trouve dès lors devant un grand paradoxe. Alors que c’est le Souverain qui appelle depuis plusieurs années – et rappelle avec insistance – le gouvernement à la nécessaire restructuration du champ institutionnel couvrant le secteur multidimensionnel de la communauté marocaine établie à l’étranger, certains mettent en avant le caractère de « domaine réservé » de ce champ pour esquiver de prendre leurs responsabilités, au point de gommer de la liste des réformes qui s’imposent, celles qui ont fait l’objet d’interpellations royales solennelles…C’est, selon une célèbre expression utilisée : « être plus royaliste que le roi » ! Ne soyons pas frileux, puisque le Roi lui-même a insisté pour aller loin dans la réforme. 

Outre les politiques publiques adéquates en direction des citoyens marocains établis à l’étranger, une offre institutionnelle appropriée en la matière, avec une configuration sur la base d’une vision stratégique du secteur, est par conséquent nécessaire, impliquant notamment les réformes requises. 

11 MÊMES OBJECTIONS 
Un autre document, de 72 pages en français cette fois-ci, a été publié en septembre 2016 par le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration. Il porte le titre suivant : « Stratégie Nationale pour les Marocains Résidant à l’Etranger. Bilan 2013-2016 ». 

Les remarques que nous avons formulées sur le texte en arabe édité sur le site du même ministère, sont valables ici également, en ajoutant sept autres observations : 

11.1 A l’analyse de ce document, on constate que plan d’action, bilan d’exécution, politique publique nationale, vision, stratégie, gouvernement, ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, identité marocaine des Marocains du Monde s’entremêlent et se chevauchent, sans que l’on sache exactement dans une démarche brouillonne et confuse, quel est le statut accordé à chacune de ces notions, leur signification, ce qu’on y met derrière leur utilisation. Dès l’introduction, on y lit ce qui suit : 
« (…) le gouvernement s’est attelé à élaborer une vision tendant à répondre aux attentes et aux besoins de la communauté marocaine, aussi bien au Maroc qu’au niveau des pays d’accueil. De son côté, le ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, a pris soin de concrétiser cette vision sur le terrain en mettant en place une stratégie ambitieuse visant à atteindre trois objectifs principaux dont la préservation de l’identité marocaine des Marocains du Monde (MDM), la protection de leurs droits et intérêts et le renforcement de leur contribution au développement du pays. Ce rapport expose de façon succincte le bilan des réalisations durant la période 2013-2016 et fixe les perspectives d’avenir au terme desquelles le ministère projette dans un esprit de continuité, de poursuivre la consécration des politiques publiques adoptées en faveur des MRE ». 
11.2 A supposer qu’il y ait eu véritablement l’adoption officielle et formelle en novembre 2014 (c’est-à-dire pratiquement à la fin de cette année là) d’une Stratégie Nationale pour les MRE, qualifiée d’ « AMBITIEUSE ET INTÉGRÉE» à la page 11 du rapport, comment se fait-il que le bilan de la Stratégie intègre également les années 2013 et 2014 !? 

11.3 Alors que le discours royal du 30 juillet 2015 rappelle solennellement la nécessité d’avoir une stratégie nationale globale et intégrée en matière de Marocains résidant à l’étranger, comment se fait-il que le ministère concerné édite un document présenté comme étant le bilan 2013-2016 de la Stratégie nationale pour les MRE ? !!! 

11.4 A l’analyse de ce document, on constate que plan d’action, bilan d’exécution, politique publique nationale, vision, stratégie, s’entremêlent et se chevauchent, sans que l’on sache exactement, dans une de.arche brouillonne et confuse, quel est le statut accordé à chacune de ces notions, et ce qu’on y met derrière leur utilisation. 

11.5 Aucune approche prospective sous-jacente ne traverse ce rapport, alors que dans une véritable stratégie, cette approche est fondamentalement présente. 

11.6 Le rapport de septembre 2016, parle en termes « d’amélioration des services consulaires destinés aux Marocains résidant à l’étranger » durant la période considérée (2013-2016), alors que le discours du Trône du 30 juillet 2015, a critiqué sévèrement les dysfonctionnements de l’action des missions marocaines à l’étranger ! De même, la note de cadrage de la rencontre du 17 janvier 2018 parle à propos de la Stratégie Nationale au profit des Marocains résidant à l’étranger, de « ces efforts substantiels dont le développement progressif du réseau consulaire », alors que dans son réquisitoire concernant l’action des consulats, le discours du Trône 2015 rappelle qu’ « il faudrait de manière générale, améliorer le contact et la communication avec les membres de la communauté marocaine à l’étranger, RAPPROCHER LES PRESTATIONS SUI LEUR SONT DESTINÉES, simplifier et moderniser les procédures, respecter leur dignité et préserver leurs droits ». 

11.7 Comment considérer comme un grand progrès le fait que le programme « Sharaka » (aujourd’hui terminé), financé par l’Union européenne, « décentralise » la recherche pour l’action au Maroc et mène dans l’Oriental un projet régional destiné à déployer et à mettre en œuvre la stratégie (nationale) au profit des Marocains résidant à l’étranger, alors que précisément, cette stratégie nationale, dédiée aux MRE, n’est en rien une réalité concrète !? 

12 RETOUR À LA (NON) PARTICIPATION POLITIQUE DES MRE 
Une des notes de cadrage de la réunion du 17 janvier 2018, pose la question suivante : « comment renforcer la participation politique des Marocains du Monde confortée par la Constitution ? » 

Or jusqu’ici et comme on l’a déjà mentionné, les gouvernements qui se sont succédés n’ont rien fait pour cette participation. On ne peut donc parler de renforcer la participation. Celle-ci est au contraire combattue par un puissant lobby, auquel participent les responsables d’institutions censées défendre les droits des citoyens marocains établis à l’étranger (CCME, ex-CCDH puis CNDH), en ayant recours à des arguments fallacieux (problèmes techniques et logistiques d’organisation des élections à l’étranger etc), alors que bien des pays d’émigration-notamment africains- arrivent à le faire pour leur communauté expatriée. 

Le rapport du bureau d’études a, lui-même, cédé aux chants des sirènes, préférant caresser dans le sens du poil les adversaires acharnés de la participation et représentation politiques des citoyens marocains établis à l’étranger par rapport au Maroc. A la page 15 du « livrable », on trouve en effet inscrit parmi les principales faiblesses de l’émigration marocaine l’élément suivant : « difficultés de l’exercice du droit de vote » !!! La question est « mise en attente » pour des raisons soi-disant techniques, matérielles, en prônant la démarche progressive ou évolutive, mais c’est un provisoire qui dure et s’éternise, la vision sécuritaire prenant toujours le dessus sur ce dossier. 

Seule une politique du vrai pourrait redresser la situation. Faudrait-il dès lors une éternité pour l’élaboration des pistes d’application ? 

13 UNE DÉMARCHE D’OUVERTURE DU MINISTRE À SALUER 

Au total, nous n’avons pas encore de stratégie nationale globale, cohérente et intégrée dédiée aux Marocains résidant à l’étranger. Le déficit de réflexion nationale sur ce sujet pour promouvoir un consensus bâti en commun, est flagrant. Prétendre l’inverse, c’est travestir sciemment la réalité. Or c’est une faute politique lourde que d’induire en erreur. Les responsables de cette dérive encensent la démarche stratégique dans le discours, tout en la piétinant et en la ruinant en pratique. La crédibilité du département concerné est gravement mise en péril par ce type d’approche irresponsable et trompeuse suivie par d’aucun(s). 

Par ailleurs, la démarche d’ouverture du Ministre sur les chercheurs en migration est à saluer. C’est une initiative porteuse qui doit aboutir, devant reposer sur l’établissement d’un lien de confiance durable, la communication transparente et l’échange sans fard. Pour sa complète réussite, elle nécessite à notre sens qu’elle soit alors partagée par l’ensemble de la hiérarchie du département, qu’on utilise un discours de clarté, sans pratiquer le déni des problèmes existants, ni dans la pratique une forme de double langage. Il ne saurait y avoir de directions du département non collaboratives positivement. 

14 PAS DE MANIPULATION !!! 
Au niveau médiatique et en matière de communication, le discours de vérité doit prévaloir, sans véhiculer et entretenir des propos mensongers, sans tentative d’instrumentalisation ou de manipulation quelconque. La presse n’étant pas présente pour faire objectivement le travail, au lieu d’élaborer un communiqué, de l’assumer en le publiant en tant que département et en le transmettant également à l’agence MAP pour qu’elle le traite et le relaye de manière professionnelle et responsable, une autre formule a été choisie par d’aucun(s). Celle de garder le même contenu, mais en le faisant signer par des tierces personnes, tirées de préférence des pages « Proximités » du carnet d’adresses. 

Le texte signé Mohamed Drihem et publié de bonne foi par les responsables de la rédaction par le journal « L’opinion » du 20 et 21 janvier 2018 (en page 1 et 4), reproduisait de fait une note du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration, qui a été précédé d’une courte introduction précisant notamment qu’une des principales thématiques à l’ordre du jour, a été l’établissement d’ « un état des lieux des AVANCÉES de la Stratégie au profit des Marocains résidant à l’étranger ». 

On ne peut également que regretter pratiquement la même « fake news » ou désinformation téléguidée/relayée par le journal « Le Matin » (dont on connaît le statut) daté du vendredi 19 janvier 2018. Dans un article signé par Ayoub Lahrache, ayant pour titre « Mise en œuvre de la politique migratoire, le gouvernement tient à se concerter avec les experts et les universitaires », l’auteur affirme, dans une démarche manipulatrice soufflée visiblement par la même source, que les participants à la dernière réunion de concertation (17 janvier 2018), ont notamment dressé « un état des lieux des différentes AVANCÉES de la Stratégie au profit des Marocains résidant à l’étranger ». 

Là aussi, la présentation qui a été faite médiatiquement de manière pratiquement identique à celle du journal précédent, visiblement sur la même instigation externe, est plus que controversée. Elle est tout simplement mensongère et ne peut être considérée comme recevable ! Le biais de confirmation utilisé par d’aucuns pour « tirer la réalité » à soi est désastreux car il appauvrit la capacité de réflexion, de jugement critique et en fin de compte, rend inapte au débat, alors que celui-ci doit être d’une grande honnêteté intellectuelle. 

La formulation arrêtée par d’aucuns ici, et s’inscrivant elle-même dans une pure stratégie de duperie et de « com » manipulatrice, avait pour objectif d’induire en erreur plusieurs instances du pays, les milieux internationaux concernés par la coopération avec le Maroc (principalement financière) dans le domaine migratoire, la communauté marocaine établie à l’étranger, l’opinion publique à l’intérieur du pays, voir même une partie des chercheurs travaillant dans le domaine migratoire et qui n’ont pas participé à la réunion. (!). 

L’objectif retenu était par conséquent de faire passer un message central dans plusieurs directions, à savoir l’existence d’une stratégie nationale MRE opérationnelle globale, cohérente et intégrée, se caractérisant par des « AVANCÉES », mais soumise malgré cela, à une opération d’amélioration auprès d’universitaires et de chercheurs du domaine, appartenant à plusieurs disciplines. 

Or en dépit du peu de temps consacré au débat général, compte tenu du caractère capital des thématiques traités, divers intervenants ont bien montré que cette stratégie n’existe pas encore, et même en tirant les conclusions de ces échanges, le secrétaire général du ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, a eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que cette stratégie nationale pour les Marocains résidant à l’étranger n’a pas encore été élaborée, invitant les chercheurs et universitaires au nom du ministre, à accompagner scientifiquement le département dans ce projet indispensable. 

Cela dit, il ne suffit pas de faire le constat et de reconnaître l’absence de stratégie nationale relative aux Marocains résidant à l’étranger. Il est nécessaire d’en tirer toutes les conséquences en mettant à plat les politiques actuelles en leur direction, dans le cadre d’une réflexion globale, méthodiquement menée, en respectant le pluralisme existant. 

15 CME, PARTIE INTÉGRANTE DE LA NATION MAROCAINE 
Qu’il nous soit permis ici de relier l’interrogation sur ce dossier stratégique d’intérêt national qu’est celui des citoyens marocains établis à l’étranger (CME), à la nécessaire réflexion collective sur un nouveau modèle de développement national multidimensionnel pour le Maroc, que vient de proposer le Souverain. Le souhait qu’il a exprimé est celui de « l’élaboration d’une vision intégrée de ce que serait à la fois le modèle politique, économique et social de notre pays, et le système de gouvernance centrale et territoriale envisagé sous tous ses aspects, y compris le dispositif juridique qui le régit ». 

Incombant au gouvernement, l’élaboration de ce nouveau modèle de développement multidimensionnel doit, de notre point de vue, prendre en compte également les différents enjeux liés à l’existence dans le monde de quelques cinq millions de citoyens MRE et l’avenir que le Maroc souhaite collectivement réserver à la communauté marocaine établie à l’étranger et à ses enfants du futur. Voilà pourquoi, en tant que composante indissociable de la nation marocaine, quel que soit par ailleurs le statut juridique de ses membres dans les différents pays d’accueil, les Marocains résidant à l’étranger sont à associer directement à la réflexion pour ce qui les concerne directement en premier lieu, et pour ce qui touche le pays dans son ensemble. La démarche privilégiée par le Roi convient parfaitement, à savoir que « la refonte du modèle de développement national est l’affaire de tous les Marocains et de l’ensemble des forces vives de la Nation : individus et institutions, partis et syndicats, société civile et organisations professionnelles ». 

Dans cette lignée, le message royal au 3ème Forum parlementaire sur la justice sociale, propose d’engager un dialogue constructif et serein sur le modèle de développement susceptible de recueillir l’agrément de tous les Marocains : « À cet égard, nous nous adressons à tous les acteurs concernés et voici ce que nous souhaitons leur dire : il est possible à tout un chacun d’apporter son concours à cette entreprise en proposant des idées constructives, en toute liberté et avec la plus grande objectivité. De fait, cette réflexion nationale d’envergure n’est assujettie à aucune limite ni à aucune condition, dans la mesure où elle s’inscrit dans le respect de la Constitution et des constantes nationales qui y sont prévues ». 

Voilà qui interpelle le gouvernement marocain dans son ensemble, et le ministère délégué en particulier, chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration, pour impliquer de manière étroite les citoyens marocains établis à l’étranger, à cette réflexion nationale, en mettant le focus sur la place, le rôle, la fonction et le devenir de la communauté marocaine à l’étranger par rapport au Maroc. Ne sommes-nous pas là, au cœur de la réflexion stratégique à enclencher pour la gestion du dossier relatif aux citoyens marocains à l’étranger !? 

La même démarche est à entreprendre en ce qui concerne les immigrés au Maroc, leur place et statut dans la société marocaine. 

16 ENGAGEMENT FERME POUR UN PARTENARIAT SCIENTIFIQUE SOLIDE 
La face de l’ombre ne peut dissimuler la face de lumière. Encore une fois, on appréciera hautement l’ouverture d’esprit du Ministre, son véritable engagement dans cette voie depuis sa prise de fonction, et sa disposition louable consistant à donner tout son sens à la démarche participative, transparente et inclusive dans sa gestion du dossier migratoire (volet émigration et volet immigration), qui nécessite l’apport de tous les acteurs et milieux concernés, notamment celui des universitaires et chercheurs en migration, qui peuvent ainsi disposer d’un cadre démocratique ouvert où ils peuvent s’exprimer librement et soumettre au débat les idées, critiques, suggestions et autres initiatives pour impacter positivement les politiques publiques et les institutions dédiées aux citoyens marocains établis à l’étranger et/ou aux immigrés au Maroc. 

Voilà pourquoi, en souscrivant pleinement à cette démarche dans l’intérêt national, on insistera fortement sur le fait que cette approche privilégiée par le Ministre, dans la perspective d’établir des passerelles cognitives et collaboratives, ne devrait pas être dévoyée et parasitée, voir même abîmée et torpillée par d’aucun(s), à travers une manœuvre irrecevable et insoutenable, tendant à l’instrumentalisation et à la manipulation de l’information en particulier, en transformant la rencontre en une parodie de concertation, contredisant l’ouverture prônée par le ministre. Où veulent-ils alors en venir ? 

Pour d’aucuns en effet, qui font du mensonge la matrice de leur démarche, il est problématique d’accepter et encore moins de soutenir des voix qui ne répondent pas à leurs « objectifs », celui de contourner le débat, d’imposer une petite stratégie dictée par des considérations « tactiques » purement subjectives pour des intérêts personnels et de carrière. 

Disons-le tout net de manière responsable. Tant que cette stratégie nationale globale, cohérente et intégrée, nécessaire au dossier des citoyens marocains établis à l’étranger ne sera pas élaborée comme il se doit et appliquée, on ne lâchera pas prise intellectuellement et politiquement. Les questions en suspens, qui ne sont nullement anodines ou mineures, ne se résoudront pas d’elles-mêmes si la volonté politique n’y est pas chez tous les acteurs concernés. A fortiori, si la dissimulation et la duperie tiennent lieu de politique chez d’aucun(s). Voilà pourquoi, on ne peut laisser perdurer cet état de fait ou le voir imposé comme une sorte de « fait accompli ». La vigilance et la veille doivent toujours être de mise. 

Dans cet esprit, en tant que chercheur engagé de longue date de manière citoyenne et responsable dans le domaine des migrations et de la défense des droits des migrants, ici et là-bas, rappelons ceci. Sans se lasser et restant fidèle à nos convictions, à notre engagement et choix, on ne peut être qu’entier et intransigeant, en refusant de se plier à une manœuvre inacceptable. On ne peut dissimuler ses enjeux et minimiser ses conséquences fâcheuses. D’aucuns du département ayant procédé publiquement à des mensonges, on ne peut pas en ce qui nous concerne, ne pas témoigner PUBLIQUEMENT sur ce qui s’est réellement passé le 17 janvier 2018 (lors de la deuxième réunion du ministère délégué chargé des MRE et des Affaires de la migration avec les universitaires et chercheurs en migration), et son « suivi » par d’aucuns du même département auprès de certains médias, comme nous l’avons analysé plus haut. 

Invoquer ceci, n’est pas un « raidissement » excessif ou une « absence de souplesse » dans notre position. On ne peut nous faire adhérer au mensonge. On ne peut confisquer le débat de la sorte et le vider de sa substance, en prétendant que l’essentiel a déjà été fait. On ne peut nous enfermer dans un piège dont on ne peut se dégager. Tout comme on ne peut mettre hors-jeu, la liberté de réflexion et de pensée. Rien de durable ni de crédible ne peut s’accomplir en dehors de cette exigence d’indépendance d’esprit. 

En tant que lanceur d’alertes, on ne peut abandonner ou abdiquer notre liberté de jugement et de penser. On ne peut rentrer dans cette sorte de combinaison, se soumettre à cette manœuvre, se convertir à cette manipulation, rester neutre, marquer une distance certaine, prendre un net recul, garder le silence sur ce genre de pratiques fort nuisibles au climat de respect réciproque et de confiance mutuelle entre de vrais partenaires. Le dire franchement et publiquement, sans détour et sans langue de bois, n’est pas être rebelle, frondeur, exprimer de l’agressivité, une recherche de perfectionnisme ou bien du négativisme, du nihilisme, formuler des hésitations, encore moins prôner l’abandon, le retrait ou le repli, fermer la porte à ce partenariat intellectuel pour l’action dans l’intérêt du pays. 

Dans la présente contribution publique pour l’action, il s’agit d’un débat d’idées et de critiques de pratiques publiques de gestionnaires publics, essentiellement ceux du dossier des citoyens marocains établis hors des frontières nationales. Le combat n’est nullement contre quelqu’un à titre personnel, mais il l’est pour l’amélioration substantielle des politiques publiques dédiées aux citoyens marocains établis à l’étranger, la promotion et la défense de leurs droits (sans oublier bien entendu les droits des immigrés au Maroc). 

Dans cet esprit, on ne se cantonne pas dans l’incantatoire ou le discours de dénonciation, mais on cherche à faire changer les choses, avec la volonté d’aller de l’avant, de transformer les critiques constructives en résultats concrets. Les critiques émises sont à interpréter comme des encouragements à aller de l’avant. 

Notre démarche constitue en effet l’expression de la volonté forte d’adhérer à un cadre de concertation, de coordination et de partenariat scientifique pérenne et fructueux avec le ministère délégué, engagé sur des bases solides, claires, honnêtes, dignes, loyales et partagées, surtout avec la nécessité pour tous de faire réussir d’une part, l’Agenda Africain sur les Migrations qui constitue un apport majeur indéniable interpelant également fortement le Maroc, et d’autre part la double échéance mondiale à Marrakech en décembre 2018 . 

Pour des raisons internes tout d’abord, mais compte tenu de ces circonstances, le Maroc se doit d’être un véritable exemple dans le domaine des migrations à tous les niveaux : législation, institutions, gouvernance, protection des droits des migrants (Marocains résidant à l’étranger et immigrés au Maroc). 

Dans cette nécessaire mobilisation exceptionnelle et implication multidimensionnelle, le rôle de la commission interministérielle présidée par le chef du gouvernement, chargée des affaires des MRE et des Affaires de la migration est très important pour organiser de manière méthodique cette préparation et se mettre à niveau. 

Encore faut-il que sa composition soit élargie notamment aux syndicats les plus représentatifs, aux chercheurs en migration au niveau de toutes les disciplines concernées, aux ONGs de migrants (là-bas et ici). 

Il paraît également nécessaire d’augmenter la fréquence de ses réunions : 4 réunions par an au lieu de 2 actuellement (une en juin-juillet pour les MRE, la seconde en décembre pour les Affaires de la migration), en précisant d’ailleurs que celle prévue en décembre 2017, a été « zappée ». 

Plusieurs raisons plaident pour intensifier cette coordination : 
  • caractère transversal et densité des deux dossiers de la migration ; 
  • leadership pris par le Maroc à l’Union Africaine en matière de migration au sens large, en la personne de S.M. le Roi, et présentation dans ce cadre de l’Agenda Africain sur la Migration ; 
  • présidence Maroc-Allemagne du Forum Mondial Migration-Développement ; 
  • signature finale au Maroc du Pacte Mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, dont la phase III, celle des négociations intergouvernementales à New York, s’étalera du 20 février à fin juillet 2018. ; 
  • opérationnalisation du programme du gouvernement en matière de MRE et d’affaires de la migration. 
Tout ceci plaide pour une mise à niveau à tous les niveaux dans le domaine migratoire fin 2018 et après, les deux événements mondiaux devant donner lieu à des suites et à des perspectives nouvelles avec une dynamique. 

Il importe en conséquence de garder par le ministère délégué la volonté institutionnelle d’ouverture sur les chercheurs en migration et la dynamiser sur des bases consensuelles pour assurer la durabilité de ce partenariat et aboutir à des résultats probants. L’objectif est de réaliser une œuvre collective, solidaire et collaborative, s’appropriant les vertus de l’engagement citoyen, dans une éthique de la responsabilité partagée, en laissant toute la place au dialogue constructif. 

Dans cet esprit, la mise en place d’un groupe conjoint de coordination (ministère délégué-chercheurs), serait souhaitable pour organiser gérer et suivre le partenariat scientifique entre les deux parties, en particulier en prévision de la double échéance de décembre 2018. 

En termes de priorité des priorités au niveau de la politique générale du ministère délégué, à quand, sans esquive, une stratégie nationale globale, cohérente et intégrée relative aux citoyens marocains établis à l’étranger, qui donnerait du sens aux politiques publiques marocaines en ce domaine !? Il y’a un besoin urgent de développer cette stratégie et de la mettre en pratique. 

LIENS DES TEXTES SUIVANTS : 
  • Ici «La Politique multidimensionnelle de l’émigration du Royaume, saluée par la communauté internationale » (Mohamed Drihem, OujdaCity) oujdacity.net/
  • Ici le « Rappel de la Stratégie des Marocains du Monde » (M.Drihem, OujdaCity) oujdacity.net/
  • Ici « Note de cadrage Stratégie MRE » avec annexe, 6 pages (ministère MRE) Pdf Note de cadrage
  • Ici le texte en arabe « Stratégie Nationale MRE », édité sur le site du ministère MRE Stratégie Nationale MRE
Rabat, le lundi 19 février 2018 

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 
abdelkrim _belguendouz@yahoo.fr 



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