Alors que la Norvège vient d’annoncer être passée exclusivement à la radio numérique, la France reste de son côté encore très attachée à la modulation de fréquence, la FM. Pourtant, à terme, comme ce fut le cas pour la TNT, la radio 100 % numérique devrait bien finir par envahir l’Hexagone.

On l’attendait depuis le 11 janvier, en Norvège. Le silence. Le pays nordique vient d’éteindre définitivement sa radio FM, à modulation de fréquence. Place désormais au 100 % numérique et à la « radio numérique terrestre ».

La Norvège est le premier pays du monde à effectuer sa transition complète, avec tous les avantages et les inconvénients que cela entraîne. En France, les radios traînent les pieds pour suivre le mouvement…

« La TNT de la radio »
Une meilleure qualité d’écoute, plus de programmes, plus de radios… Promise en 2008 par Nicolas Sarkozy en France, la radio numérique terrestre (RNT) avait été vendue avec autant d’enthousiasme que la télévision numérique terrestre (TNT), qui branche désormais toutes les télévisions françaises.

La RNT a donc été lancée le 20 juin 2014, dans les grandes villes de France. Paris, Marseille, Nice, puis Strasbourg, Lille et Lyon plus récemment. Avec, comme objectif premier, faire face à la pénurie des fréquences FM, complètement saturées à l’heure actuelle.

Et lorsqu’on parle de radio dans l’Hexagone, il ne faut pas se méprendre, l’enjeu est de taille. La revue INA Global, lancée par l’Institut national de l’audiovisuel, relevait notamment dans un article publié en janvier 2016 l’importance de la radio pour les Français. Selon l’Institut, 85 % de la population écoute la radio quotidiennement, et ce sont pas moins de 850 stations qui émettent à travers le pays.

Problème, le numérique envahit peu à peu le secteur. Podcasts, webradios, smartradios et programmes de radio personnalisables via internet sont autant de concurrents à la bande FM. Sans compter la modification du comportement des auditeurs, notamment des plus jeunes. Certaines stations musicales réalisent désormais ainsi près de 40 % de leur audience en ligne, relève l’INA.

« C’est un peu comme s’il y avait une nouvelle bande FM, sur laquelle il se fait des expériences. On peut découvrir une radio chinoise, une radio indienne. Des radios peu présentes sur la FM. » La description faite de la RNT par Philippe Gault, président du Syndicat des radios et télévisions indépendantes, est convaincante. Cela ressemble un peu à ce que la radio a vécu dans les années 1980, avec l’explosion des radios libres.

Certaines expérimentations sont d’ailleurs déjà en cours en France et profitent aux auditeurs. C’est le cas dans l’est de Paris, où les sept radios de Radio France étaient mal reçues via les ondes. En 2002, une association, « Les sans-radio de l’est parisien », s’était même créée à Bagnolet, pour protester contre l’impossibilité d’écouter certaines fréquences. Pour ces utilisateurs, la RNT est venue régler sans difficulté leur problème de réception.

Les principales radios privées, comme NRJ, RTL, Europe 1 et RMC, sont frileuses face à la RNT, qui pourrait, avec l’explosion du nombre de radios, faire s’effondrer le marché publicitaire radiophonique. Beaucoup d’entre elles privilégient leur site internet pour permettre aux auditeurs d’écouter leur radio en streaming.


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