Mais bon sang ! que viendrait-il faire à Paris ce 6 janvier 2018, le ministre délégué des MRE Abdelkrim Benatiq ? A-t-il la prétention de mieux séduire la diaspora parisienne, là où tous ses prédécesseurs ont échoué ? Nous optons par admettre que son déplacement fait partie de sa tâche de travail en tant que responsable d’un département du ministère des Affaires étrangères.

Un courriel a été envoyé à plusieurs associations pour rassembler un grand nombre de personnes faisant de cette rencontre un rendez-vous obligé avec une communauté à la recherche d’une reconnaissance. En général, ce genre d’appel attire encore un public comme si on va voir un concert d’un chanteur à succès. Les selfies et les salamalecs ne vont pas manquer, de quoi remplir les pages des réseaux sociaux. Le hic, c’est que la salle de la maison du Maroc ne peut contenir autant de badauds et on risque d’assister à une cacophonie obligeant le ministre de se dérober par la porte de derrière.

Sérieusement, les gouvernements passent et les ministres trépassent ! À chaque changement, il faut recommencer de zéro la feuille de route du ministère. Est-ce une bonne méthode de travail d’organiser un meeting pour tirer des conclusions des résolutions à prendre d’autant que cette communauté est aussi variée que diversifiée ? On sait bien que les cartes sont déjà jouées d’avance et que ce ministère est considéré comme un département de courtoisie. La diaspora marocaine a toujours été considérée comme une catégorie de « clients » qui ont un simple rôle économique à jouer et non comme des Citoyens ayant des Droits et par conséquent aussi des Devoirs. 

Le 7 janvier, une deuxième réunion est dédiée, cette fois-ci, aux investisseurs. Le dialogue sera sûrement différent car le langage de transfert de divises n’est pas celui d’investissements au pays. Là aussi, aucune nouveauté, car le carnet d’adresses n’a guère changé depuis des décennies et les fameux plans « foireux » des ex-ministres comme « Fincom… » n’ont pas encore montré leur efficacité. La même liste, des promoteurs recommandés, est présentée à chaque responsable ministériel de quoi nourrir les rapports de chaque gouvernement.

Un article précédent, écrit par un responsable associatif « Med Hashas », décrit les difficultés que rencontre cette administration. Les politiques des gouvernements successifs n’ont guère changé. Les problèmes que rencontrent les MRE n’ont jamais été résolus ou même pris au sérieux. On fait le ménage parmi les chefs de poste consulaires à chaque colère royale et on ferme le dossier. Dans l'article, on peut lire la stratégie du nouveau ministre qui semble être encore tatillonnant. Tous ces questionnements seront, probablement, occultés avec un discours de langue de bois comme la diaspora en est coutumière. 

Pour conclure, est-ce que le ministre délégué a un champ de manœuvre assez large pour prendre des décisions ? A-t-il réellement en sa possession les moyens pour résoudre, en un laps de temps, les problèmes que rencontre la diaspora et convaincre le gouvernement à modifier sa politique envers les MRE ? Dépendant d’un autre ministère et obéissant aux ordres de ses supérieurs, nous doutons de l’efficacité absolue de cette administration sous tutelle. Monsieur Benatiq aura au moins la satisfaction d’étoffer sa carte de visite en y ajoutant « Ministre délégué ». 

A. Colin


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