La diaspora marocaine compte environ 3 millions et demi de personnes Elle est composée à 60% de jeunes et réside principalement en Europe pour environ 85%. Depuis 40 ans, la diaspora marocaine contribue généreusement pour le développement du pays par le transfert de devises, environ 5 milliards en 2007. Elle investit particulièrement dans l’immobilier.

Ceci étant dit, après 40 années d’attente, on entame timidement un début de dialogue avec la communauté marocaine à l’étranger. Ce n’est pas par hasard, ce n’est pas un cadeau, ce n’est pas une largesse du Makhzen, ce n’est pas non plus une gratification de notre régime. C’est le résultat d’une lutte acharnée de quarante années pour faire reconnaître notre diaspora comme une entité faisant partie intégrante du Maroc, avec ses droits et ses devoirs. C’est la suite logique du combat pour la démocratisation de notre régime que nos militants ont mené depuis presque un demi siècle. C’est l’aboutissement de quarante années de souffrances que beaucoup de militants ont payé chèrement par des procès bidon, l’emprisonnement, les disparitions, l’exode et l’expatriation. La facture payée par notre diaspora est incommensurable sans parler des milliards de devise qu’elle a apportée pendant cette période.

Aujourd’hui, le Maroc est entrain de tourner la page et entame un virage vers la démocratisation en voulant finir avec les pratiques désastreuses des années de plomb. Malheureusement, le Maroc qui a changé radicalement depuis l’avènement Mohamed VI il faut le reconnaître n’est pas pour autant devenu un état de droit. La corruption généralisée, l’analphabétisme et la pauvreté plongent le Maroc parmi les pays les moins développés de la planète. Alors, la création du Conseil Supérieur Consultatif des Marocains de l’Etranger ne va pas se faire dans la douceur, c’est un droit acquis qui a été arraché et conquis par les militants démocrates et progressistes, défenseurs des droits de l’homme en Europe.

Le CSCME n’est qu’une expérience pilote, une étape préliminaire, une plateforme de réflexion où les membres désignés sous la tutelle du CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l’Homme) pourront donner leur point de vue et leur expertise sur des sujets qui intéressent et interpellent les intérêts de la diaspora marocaine. Le CSCME n’est pas représentatif de notre communauté comme certains laissent croire. Les membres ne représentent qu’eux même, même pas leurs associations et organisations dont ils sont membres. Ce sont des experts qui ont vécu à l’étranger et qui possèdent des expériences et des aptitudes pour étudier des dossiers, faire l’analyse et donner leurs avis au gouvernement marocain.

Depuis que la question de la création du Conseil supérieur dédié à la diaspora a été posée plusieurs démarches ont été programmées avec des échéances précises. Tout ne c’est pas passé comme chacun aimerait qu’il soit. Par conséquent, vu la situation politique, économique et sociale, le Maroc a accouché avec beaucoup de difficultés, d’obstacles et de confusion à la création d’un organe consultatif. C’est un grand pas que nous avons imposé à nos gouvernants et dont nous devons tous être fiers. C’est une victoire sur le Maroc archaïque et sur le Makhzen encore omniprésent. En effet, un comité d’expert fut désigné par le CCDH et des consultations, des réunions de travail, des journées d’études, des assemblées, des rapports et des synthèses ont eu lieu à Rabat, Paris, Amsterdam, Bruxelles, Madrid etc. Enfin, suite à ces différentes consultations et rencontres une série de recommandations a été transmise au Roi Mohammed VI par Ahmed Herzenni, président du CCDH.

C’est ainsi que le CSME a vu le jour. Je répète, le CSCME est un comité provisoire d’experts, qui a comme objectif final : pendant une période de trois années, de poursuivre des consultations (auprès de la communauté marocaine installée à l’étranger) dans la perspective de proposer et de statuer définitivement sur la création et l’organisation dans l’avenir d’une structure composée d’un organe vraiment représentatif avec des membres -hommes et femmes- qui seront alors élus démocratiquement par les membres de notre diaspora selon les principes fondamentaux du suffrage universel.

Ce n’est pas la fin du tunnel, c’est vrai, mais il y a une certaine visibilité si tout se passe dans la transparence et en gardant à distance les barbouzes du Makhzen. Mais il faut rester prudent, attentif et vigilant car, dans le passé nous avons eu plusieurs mauvaises expériences avec notre cher pays. Heureusement, notre diaspora est constituée aujourd’hui de jeunes et de cadres capables d’entamer un processus démocratique de consultation pour débattre, dialoguer, discuter et s’interroger sur l’avenir de notre diaspora et sa relation avec nos pays d’accueil et notre pays d’origine pour satisfaire les innombrables attentes des Citoyens Marocains de l’Etranger et leur intégration dans les domaines économique, politique et social.

Il faut se mettre à l’évidence que, les membres du CSCME, n’ont pas été choisis par hasard, ils devront être intègres et répondre à certains critères clairs en termes d’expertises et de compétences, surtout de ne pas avoir trahi par le passé la confiance de notre diaspora. Ils doivent être dignes d’appartenir à cet organe. Ils doivent aussi avoir un profil en concordance avec la philosophie du CSCME, avec une certaine compétence, une expertise reconnue, une notoriété dans les pays de résidence, un CV irréprochable et une certaine déontologie. Pas sérieux s’abstenir.

Nous avons tous été témoins dès le début, d’une course folle au «siège». L’aubaine n’est pas passée inaperçue. Le CSCME a poussé des personnes arrivistes mal intentionnés ayant un passé douteux et, qui ne veulent qu’utiliser notre communauté comme strapontin pour y siéger et continuer leur basse besogne comme au temps de Basri, pour faire du bizness. Principalement, les anciens amicalistes ont utilisés toutes les manœuvres et subterfuges pour tenter de convaincre mais en vain. Habitués à être seuls sur le terrain il seront amplement déçus.

Certains aficionados du Makhzen n’ont pas encore digéré que, le temps des amicales et révolu et, pardessus le marché les amicalistes sont devenus persona non grata. Hier ils étaient les chous-chous du régime, aujourd’hui même le Makhzen a pris sa distance de ces délateurs des années de plomb. Le Maroc moderne n’a plus besoin de ces renégats délateurs. Le Maroc actuel a besoin de compétence pour sa démocratisation et, de savoir-faire et de capitaux pour développer son économie.

Tout ce tamtam -d’un petit groupe de détraqués- autour du CSCME n’est que le dernier baroud (bared) de certains amicalistes qui veulent se venger parce qu’ils ont perdu leur privilège auprès du Makhzen. Ce dernier ne veut plus les reconnaître en tant qu’interlocuteurs et qui les a complétement exclu des préparatifs comme de la participation en tant que membres. Tout simplement parce qu’il les connaît mieux que nous. C’est une tempête dans un verre de thé. Des portes se referment pour les uns et s’ouvrent pour les autres. La caravane passe, les chiens aboient.

Fermons cette parenthès et revenons à notre sujet. Le projet CSCME et ses membres méritent d’être encouragés. Ce n’est pas la fin en soi, c’est le début d’un concept pouvant devenir fédérateur si nous, membres de la diaspora leur donnons la chance de réussir dans leur mission. Nous ne devons pas les préjuger, au contraire tout en restant vigilants nous devons participer activement en apportant nos critiques, nos avis, nos propositions, nos conseils et notre appui.

Le CSCME n’est que la réalisation de l’une de nos revendication. Ce n’est qu’une petite victoire qui risque de devenir ephèmère si nous ne restons pas unis, attentifs et vigilants. Nous avons plutôt gagné une petite bataille mais pas la guerre. Il reste beaucoup de chemin à faire. Continuons le combat et ne baissons pas les bras. Nous avons beaucoup d’ennemis à l’intérieur comme à l’extérieur qui veulent anéantir tout ce que nous avons réalisé comme travail de longue haleine.

La menace ne viendra pas de ces quelques frustrés romantiques mais de notre immobilisme si nous dormons sur les lauriers. C’est pour cela que je fais appel à tous les militants de continuer la lutte et le combat en unissant notre effort et notre dynamisme et en préparant un vrai lobbying capable de travailler et de coordonner dans nos différents pays pour faire des propositions et organiser des consultations afin de mettre à la disposition du CSCME des dossiers complets, des projets et des alternatives. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons encore jouer notre rôle activement dans le but du développement économique et dans la consolidation de la démocratie au pays du soleil couchant.

Sarie Abdeslam

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