Après l’indigne guet-apens tendu par France Télévision à Jean-Luc Mélenchon lors de « L’Emission Politique » un coup de loupe afin de savoir qui était qui au sein de cette troupe de vilains petits soldats… Tous des hommes blancs comme le coton puisque « journalistes ».


Bien normal, c’est sous un camouflage très Bigeard que « L’Emission politique », sur France 2 a, le jeudi 30 novembre, dressé une embuscade à Jean-Luc Mélenchon. Les tenues léopard étaient tendues à l’intérieur des têtes, et les petits doigts bien collés sur les coutures des pantalons, pour flinguer l’insoumis sorte de néo fellagha. Je suis content de vieillir : plus le temps s’écoule plus je regrette le vieil ORTF. Ses méthodes étaient de qualité plus grande, plus affichées donc moins hypocrites, avec un fond de culture façon Radio Londres où les Français devaient continuer de parler aux Français.

Les Français ? Ceux que l’on croise et qui ne sont rien, les illettrés, les sans dents, les sans costard, les sans Rolex : on s’en fout. France 2 ne parle pas aux Gens. Ce jeudi soir la chaîne est mobilisée, si chic et propre, culotte de soie et culottée de soi, pour flinguer l’ennemi du Président, le Mélenchon. Hélas pour les comploteurs, comme le canard de Robert Lamoureux, à la fin du sketch il restera vivant.

La courageuse section de grenadiers voltigeurs, celle qui s’est attaquée à la bête si dérangeante, mérite d’être citée à l’ordre de la Nation, portée aux honneurs. « Genoux à terre », puis « Debout les hommes » : que le premier s’avance.

Ce premier n’est pas un homme comme les autres, il tient Léa pour prénom et Salamé pour la ville. Fille d’un ministre libanais et nièce d’un diamantaire, Léa a très tôt vécu dans le brillant Collège de curés à Paris, puis l’indispensable Ecole Alsacienne qui est l’escalier de service vers l’altitude sociale. Léa n’a manqué d’aucune échelle, même courte. La preuve c’est Elkabbach, grand maître en déontologie, qui la porte sur les fonds-baptismaux du « journalisme », un métier qui ne s’apprend pas. La suite, vous l’avez vue hier soir.

Comment réduite à l’état d’une speakerine people on devient l’interlocuteur d’un supposé grand rendez-vous politique. Etape cathodique qu’un militant ne peut mépriser dans notre monde tout-images. Mouvement de bras, de langue, mots en l’air, petits cris. Si vous avez deux minutes allez sur YouTube et regardez la prestation du confrère américain Walter Conkrite en 1968 sur CBS, rentrant d’un séjour dans le Vietnam en guerre. Dénonçant sans prompteur et sans ordres tombés d’en haut les mensonges d’Etat, ceux des USA. Vous voyez Salamé dans cette stature ? Pas moi.

Mais il ne faut pas insulter l’avenir, on peut être certain que son compagnon, Rapahël Glucksmann, va lui indiquer le chemin du sursaut, celui sur lequel il est guide. N’a-t-il pas été le conseiller occulte de Mikheil Saakachvili, cocktail fait homme, un gros doigt de CIA, un autre de géorgien, un troisième d’ukrainien, avec des amis corrompus qui font chauffer la colle. Alors qu’il dirigeait la Géorgie, ce doux défenseur des droits de l’homme a demandé à ses fonctionnaires : « d’utiliser la force pour juguler toute tentative d’émeute dans les prisons, d’ouvrir le feu, de tirer pour tuer et d’abattre tout criminel tentant de provoquer du désordre. Nous n’épargnerons pas nos balles contre ces personnes ».

Passons à François Lenglet. L’homme qui n’est pas encore rangé des petites voitures n’est pas difficile à cerner. Il suffit de se donner rendez-vous sur la rubrique « Critiques » de sa notice Wikipédia. « En février 2012, pendant la campagne présidentielle, le journal de gauche Fakir l’accuse d’avoir utilisé des chiffres mensongers face à Jean-Luc Mélenchon lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. En mars 2013, il est de nouveau accusé de « mensonge » et de « manipulation », par le site web du journal Le Monde diplomatique.

En octobre 2013, le site web de critique des médias Acrimed, classé à gauche, publie un article critiquant l’unanimité des médias français et François Lenglet en faveur de l’assouplissement de la loi sur le travail dominical.

En octobre 2014, L’Est-Éclair révèle que François Lenglet pratique des « ménages », notamment en acceptant d’animer une conférence pour la 10e édition de la « Magic Business », un événement organisé par l’association Le Cercle des services, contre une rémunération de 8 500 €. Lenglet soutient, dans sa réponse, que sa rémunération est en fait de 3 500 €, une partie du coût passant en frais (livres offerts, déplacement). Il assure avoir l’accord de son employeur et effectuer ces missions « en qualité d’essayiste ». Acrimed souligne qu’il a fait de même pour le compte de la CCI de Bordeaux en novembre 2013 ou au Forum Destination International de Toulouse en 2014.

Lors de l’émission Des paroles et des actes le 26 mai 2016, François Lenglet déclare qu’Evo Morales, président de la Bolivie, est « corrompu » ; celui-ci avait en effet initialement été accusé de corruption dans ce qui semble avoir été une machination politique visant à lui faire perdre un référendum constitutionnel, avant d’être innocenté dans le rapport d’enquête. Maurice Lemoine, sur le site altermondialiste Mémoire des luttes, accuse par la suite François Lenglet de « corrompre le débat public ». L’ambassade de Bolivie à Paris réagit par un communiqué de protestation. En réponse, le journaliste publie une mise au point, reconnaissant que les termes qu’il avait utilisés à l’encontre du président bolivien n’étaient « pas appropriés ».

Mais j’aime bien Lenglet, on sent qu’il fait tout ce qu’il peut, en dépit de ses dinky toys, pour avoir l’air sérieux dans le genre « l’économie est une science et il n’y a pas d’alternative ». Contre Mélenchon il a certifié qu’aucun pays européen ne pouvait survivre sans la guillotine des règles de l’austérité… Au même moment « sa » chaîne consacrait un reportage dans un Portugal qui a explosé sa croissance en faisant tout le contraire. Pourtant, en tant qu’expert en ce pays devrait l’intéresser… Mais les ménages…

Discourir de Philippe Val, ce bouché qui se prend pour Spinoza est-il nécessaire ? On l’a également jeté dans les pattes de Mélenchon. Quelle légitimité ? En dehors d’avoir développé dans Charlie des aphorismes que l’extrême droite n’oserait publier ? Du genre : que l’horreur antisémite du régime de Vichy « n’est que le début de la politique Arabe de la France » ? Est-ce aussi parce qu’intime de Carla Bruni, la divine a joué la rampe de lancement vers la direction de France Inter ? Est-ce enfin parce que laïque compulsif passe beaucoup de temps dans les réunions du Conseil Représentatif de Institutions Juives de France, et qu’il a été honoré d’un Prix (bien mérité) accordé en 2008 par Bnaî Brith, la loge maçonnique de la communauté juive. Laïcité oblige, le compagnonnage confessionnel de Val ne doit déranger personne, mais puisque notre sujet est l’expertise télévisée, je vois mal Boutin intervenir comme maître étalon (pardon Christine) pour incarner la Loi de 1905 ! Sauf à jouer, celui du juste qui accuse les Insoumis de supporter l’islam radical, de les qualifier de cryptos antisémites, que faisait donc Val dans cette émission grave et sérieuse ? Il s’est trompé de porte ? Il se croyait dans ses vieilles tournées de MJC ?

Passons sur l’expert Christophe Castaner qu’on ne peut critiquer puisqu’il est à sa place. Après un pas à gauche puisqu’il a quitté la politique de Valls pour embrasser celle de Macron.

La séquence « jeunes femmes en embuscade » a été une aussi forte réussite. Les assassines aux sourires de madone étaient aussi crédibles que Landru faisant une conférence sur les droits de la femme. Aussi crédibles aussi que les « paysans » sélectionnés par Salamé, c’est-à-dire des industriels de la céréale des rouages d’importantes et riches coopératives. Pov’paysans admirateurs de Dupont Aignan, le gars de la Marine, et de Jean-Frédéric Poisson le super catho antiavortement. Des qualités qui ne furent pas affichées à la télé, ce qui est un délit dans les supermarchés. Mais poursuivons avec le blues des jeunes femmes.

Le blues, la crainte l’angoisse et les larmes, l’insomnie aussi. Voilà Pauline Laigneau au bord de la crise de nerf. Tout comme la tata de Salomé, Pauline fait dans le bijou. Dans sa petite boîte un méchant salarié l’a trainé au prudhomme. Quoi ? Injure pour cette prude femme. Et le pas sommeil, et le gros bobo. Fin de la séquence émotion.

La « jeune entrepreneuse », une normalienne qui a loupé l’ENA, est membre du club privé « Wine business club Paris-Shangri-la » qui réunit tous les mois des leaders : Pierre Gattaz (bien sûr), Christine Lagarde, Charles Beigbeder, Jean-Marie Messier, Guillaume Pépy, Stéphane Richard, Matthieu Pigasse, Arnaud Montebourg, Jacques Attali, Luc Ferry, Michel-Edouard Leclerc et l’immense comique d’extrême gauche Pierre Arditi.

Dire que ses parents sont les propriétaires du château du Rivau, « joyau » du Val de Loire est sans doute se monter mal élevé, bafouer la cruelle loi qui veut que l’on ne soit pas responsable de ses parents. Donc ne pianotez pas Rivau sur Google. Pourtant c’est sans rival ce Rivau.

Passons des larmes aux cris. Ceux de Laurence Debray présentée comme « historienne » au motif qu’elle a, semble-t-il, une maîtrise en la matière. C’est peu. La télévision publique a raison de ne pas gâcher notre argent en allongeant inutilement un temps d’émission coûteux. Pas le temps de nous dire que « la fille de Régis Debray » (le malheureux qui ne mérite pas de se retrouver bien malgré lui au centre d’une telle bouffonnerie qui est une meurtrissure) a surtout été tradeuse à Wall Street, pour de gentilles banques qui font le bien des pauvres, HSBC et Crédit Lyonnais. Qu’elle est une pure groupie de Juan Carlos tueur de fauves et ancien roi d’Espagne. Tant fan de ces couronnés qui font eux aussi le bien des pauvres, que Laurence fait des piges au journal Point de Vue Images du Monde. Après ? Allez donc tolérer que l’on puisse dire un mot de positif sur Hugo Chavez, ce qui est le cas de Mélenchon. Laurence a raison, et elle nous a aussi informés d’une mesure qui touche le fondement des choses : que le PQ manque à Caracas. On dirait un titre de San Antonio. Et pas un mot sur l’embargo américain contre le Venezuela… Les sanctions.

Rideau
Non puisque, comme au rugby, existe une troisième mi-temps. Selon le principe du mouvement perpétuel on va débattre du débat. Pourquoi, de quels aérolithes sont tombés Pascal Bruckner et Bernard Kouchner, Dupont et Pondu de la pensée ? Mystère de la science télé qui sait mobiliser les réservistes, ce qui est normal puisque France 2 est en guerre contre les Insoumis. Ces deux-là suffisent, en ouvrant la bouche, à indiquer quels sont leurs commanditaires. Bruckner qui, depuis 34 ans vit en viager sur le succès d’un bouquin « Le sanglot de l’homme blanc » et qui enrage que sur Google Anton Bruckner s’ouvre avant lui. Kouchner, le tiers mondain, un coup à droite deux coups à droite. Porteur de riz au kilo, maintenant ami des banquiers africains. Seule sursaut positif chez le médecin sans vergogne, avoir remis le bougnoule de service à sa place, cet être humain, cet humoriste Yassine Bellattar, visiblement la personne en trop sur le plateau : « toi mon gars »… Bernard sait parler à ces gens-là.

Voilà, c’était une émission de télévision, supposée sérieuse, en 2017, sur une chaîne publique de la télévision française. Celle du restons entre soi et du « ta gueule » craché aux visages de ceux qui n’ont pas la chance d’être nous.

Jacques-Marie BOURGET
P.S. Aux curieux je conseille de s’informer sur le recrutement des journalistes. Quelles sont les origines sociales de cette cohorte où ne fonctionne, essentiellement, que népotisme, copinage, cousinage, renvoie d’ascenseurs, inceste et canapés. Les « étudiants » en journalisme ont l’origine sociale la plus « huppée » de tous les cursus. A epsilon près, tous fils d’archevêques. Ou petite-fille, comme la dame mobilisée dans cette soirée de dynamitage, Nathalie Saint-Cricq dont grand papa a eu de la chance : la propriété d’un journal de province. Un état qui, pour ceux de la famille qui se rêvent Albert Londres, entraîne peu d’ampoules aux mains ou de nuits d’insomnie.

Solution. Appliquons au journalisme la déclaration des conflits d’intérêt, et l’étiquetage avec la rigueur imposée au camembert en boîte. Tout sera là sauf la date de péremption.











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