L’avenir des relations sociales 
sur les deux rives de la Méditerranée 

La question du dialogue social est plus que jamais un enjeu fondamental au sein de nos sociétés contemporaines dans un marché du travail de plus en plus précarisé et éclaté. Dans la région méditerranéenne, alors que les espoirs du printemps 2011 se trouvent contrariés dans un grand nombre de pays, les aspirations des pays du sud de la Méditerranée et plus largement du monde arabe à disposer de relations sociales équilibrées se fraient néanmoins un chemin. Néanmoins, les acteurs concernés, et plus particulièrement les syndicats, se battent pour que les rapports sociaux deviennent conformes aux standards internationaux. 

En Europe, dans des contextes de développement et avec des histoires sociales différentes, les rapports sociaux sont eux aussi bousculés. Il est tentant en tant que représentant des travailleurs au Sud comme au Nord de la Méditerranée d’établir des parallèles entre les projets de dérèglementation du droit social en Europe et ceux en projet ou conduits par exemple au Maroc. 

Pour ce faire, Un colloque franco-marocain co-organisé par l’UMT et la CFDT sous la présidence effective des secrétaires généraux des deux organisations syndicales, El Miloudi El Mokharek et Laurent Berger et ce les 15 et 16 décembre 2017 au siège de l’UMT à Casablanca, via la mise en place de quatre tables rondes à la clé, pour débattre des thématiques les plus imposantes,

L’état du dialogue social sur les deux rives de la Méditerranée : un partage d’expériences
Au cours de ce colloque de deux jours à Casablanca, une première table ronde se proposera d’éclairer les participants et d’approfondir le débat sur différents aspects des relations sociales telles qu’elles existent au Maroc et en Tunisie. Mais aussi en France et en Allemagne, deux modèles européens différents. Ces deux pays, membres de l’Union européenne sont aussi liés par une législation européenne qui impose des règles de dialogue social à une échelle supranationale. 

Dans la région arabe, le dialogue social est souvent soumis à un fort régime de contraintes. Les organisations de la société civile (les syndicats et aussi les organisations des employeurs) font pression pour cela. Un programme de l’Union européenne (le projet SOLID) conforte ce mouvement.

Dialogue social et responsabilité sociale des multinationales
Quelle régulation du dialogue au sein des multinationales ? L’exemple d’un accord cadre international sera exposé en détail.

La nouvelle loi française donne pour la première fois un cadre législatif au devoir de vigilance des multinationales.

La responsabilité sociale vue du Maroc tentera d’établir comment se créent des synergies entre les acteurs du siège et ceux des filiales et sous-traitants.

Les révisions des lois sociales aujourd’hui pour quelles finalités ? 
Une autre table ronde analysera les logiques économiques et sociales des transformations sociales en cours des deux côtés de la Méditerranée. Au Maroc plusieurs projets de loi répondent à des politiques économiques et sociales qui pour le moins ne sont pas partagées par les acteurs sociaux.

En France une modification du code du travail par ordonnances modifie les relations sociales et ces changements ne sont pas partagés non plus. 

Dans d’autres pays européens les lois sociales sont aussi bousculées. Un aperçu de ces transformations dans plusieurs pays sera aussi significatif. Enfin, une harmonisation des modèles en Europe est-elle possible aujourd’hui ?

Le droit de grève, un droit humain et un acquis à préserver
Une dernière table ronde enfin proposera une réflexion sur le droit de grève qui est l’arme lourde des travailleurs quand le dialogue est rompu ou ne fonctionne pas.

La grève est un droit conquis par les travailleurs depuis plus d’un siècle. Il est inscrit en France comme en Tunisie dans la constitution de la République ainsi que dans la constitution du royaume du Maroc depuis 1962. Mais ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays. Et il est remis en question régulièrement. C’est d’ailleurs l’objet d’un projet de loi au Maroc. En principe, régi au plan international par la convention N°87 de l’OIT, les employeurs ont tenté et tentent encore d’attaquer ce droit au niveau international. Cela reste encore une jurisprudence fragile.

UMT
Casablanca, le 13 décembre 2017



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