Mediapart a décidé de ne plus alimenter le feuilleton médiatique du faux procès qui lui est fait depuis plusieurs semaines. Nous nous en tiendrons donc aux explications données à nos lecteurs et préférons nous consacrer à l’essentiel, notre travail d’information. Nous vous donnons rendez-vous mercredi de 18 heures à 23 heures pour un « Live » exceptionnel avec comme invité le premier ministre Édouard Philippe.

Journal d’information, indépendant et participatif, Mediapart a bien d’autres priorités que de se laisser entraîner dans un tourbillon médiatique sans autre fondement que l’agenda idéologique d’un ancien premier ministre. Nos concitoyens aussi qui, dans la diversité de leurs sensibilités, ne sont pas dupes de cette diversion des véritables urgences du pays.

Continuer d’enquêter sur la persistance du chômage de masse, sur les violences faites aux femmes, sur le sort tragique des migrants en Libye, sur la complexité d’un monde interdépendant, sur les secrets des paradis fiscaux, sur la corruption qui mine nos démocraties, sur le terrorisme, ses filières et ses causes, sur l’injustice des discriminations racistes, xénophobes, sexistes ou homophobes, sur l’urgence des défis climatiques et sur tant d’autres sujets sociaux et sociétaux, démocratiques et écologiques, nationaux et internationaux, nous paraît plus important que de courir les plateaux de télévision ou de radio pour nous défendre d’accusations invraisemblables.


Nous avons donc décidé collectivement, ce lundi 20 novembre, de nous en tenir à ma mise au point sur la polémique dans laquelle on a voulu nous entraîner, qui se veut une tentative dépassionnée de réflexion sur un emballement médiatique pour le moins déraisonnable. Adresse à nos lecteurs fidèles et à nos lecteurs futurs, cet article, De quoi Mediapart est-il le nom ?, est donc désormais en accès libre. C’est notre façon d’inviter aussi bien les curieux que les détracteurs à nous lire, et à nous lire vraiment, plutôt que de nous connaître par on-dit, citations déformées et rumeurs infondées.

De plus, nous en donnerons une version orale, également accessible à tous, au tout début de notre prochain « Live », dont la première heure (de 18 heures à 19 heures) sera consacrée à un retour en forme d’explication, d’analyse et de décryptage sur ces deux folles semaines.

Nous déclinerons désormais toute invitation médiatique à revenir sur une affaire qui, pour nous, n’en est pas une. Que Jean-Jacques Bourdin (RMC) et Yann Barthès (TMC), qui nous avaient confraternellement proposé d’exercer cette semaine notre droit de réponse face aux attaques virulentes de Manuel Valls contre Mediapart, veuillent bien m’excuser de leur faire dès lors faux bond. Ce retrait est de sagesse et non pas de prudence ni, cela va sans dire, de méfiance.

Journalistes, habitués nous-mêmes à poser des questions qui fâchent, nous ne craignons aucune interpellation et nous savons que nos confrères font, au mieux, leur travail. Mais nous sommes aussi lucides sur les effets pervers d’une cabale dès lors qu’un système médiatique fonctionnant à l’immédiateté s’en empare. Quoi que nous dirons, nos réponses serviront à entretenir un feuilleton imaginaire, loin à la fois de la réalité de notre travail et des urgences du pays.

Réalité et urgences dont, en revanche, nous sommes toujours disposés à rendre compte. C’est ainsi, par exemple, que j’accepte volontiers d’évoquer notre traitement insistant des questions migratoires et notre engagement constant pour un devoir d’hospitalité, thème du manifeste que je viens de publier chez Bayard (voir ici). À l’heure de la confirmation de l’enfer vécu par les migrants subsahariens en Libye, dont certains sont vendus comme l’étaient les esclaves, ce sujet nous paraît autrement prioritaire.

Journaliste, président de Mediapart 









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