Pour certains chercheurs, cette procédure pourrait remédier en partie au discrédit qui frappe la classe politique, reflété notamment par la montée de l'abstention.

Chacun constate que le suffrage universel ne tient pas ses promesses d’émancipation. L’élection induit mécaniquement une aristocratie élective, avec son cortège de malhonnêtetés et d’abus de pouvoir. Avec les élections, les riches gouvernent toujours, les pauvres jamais », assène Etienne Chouard. S’appuyant sur le discrédit qui frappe la classe politique, caractérisé notamment par une montée de l’abstention, ce professeur d’économie et de gestion, qui s'était fait connaître lors de la campagne référendaire de 2005, tente de remettre au goût du jour l’idée du tirage au sort comme moyen de désigner nos représentants.


L’idée peut surprendre. Laisser à des inconnus, choisis au hasard, le soin de nous représenter ne fait clairement pas partie de la culture politique française. Elle n’est pourtant pas si absurde : si aujourd’hui, le suffrage universel est souvent présenté comme la quintessence de la démocratie, il n’en a pas toujours été ainsi.

« On a eu recours au tirage au sort de façon massive dans la première démocratie, à Athènes. Ce qu’on ignore souvent, c’est que les aristocrates étaient pour l’élection des gouvernants au suffrage universel, et ce sont les démocrates qui ont refusé », rappelle le philosophe Jean-Paul Jouary. 

En effet, les Athéniens considéraient que des représentants élus se sentiraient investis d’une confiance qui les ferait passer de gouvernants à dirigeants. Une différence essentielle à leurs yeux. « Le gouvernant est celui qui tient le gouvernail, le dirigeant est celui qui fixe le cap, qui détermine la destination. Et en démocratie, le peuple doit jouer ce rôle », métaphorise le philosophe.

Emmanuel Daniel


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