Ci-dessous, un plaidoyer en faveur des Chibanis marocains en France qui pâtissent d’une discrimination flagrante inscrite dans la loi française. Il s’agit d’un débat organisé par l’émission hebdomadaire spéciale MRE diffusée sur radio 2M, modulée par 2M et Yabiladi et à laquelle a participé mercredi 15 novembre 2017 Salem Fkire, président de l’association CAP SUD MRE.

À l’occasion de la tenue les 16 et 17 novembre 2017 à Rabat de la Haute Commission mixte France-Maroc, ce plaidoyer tombe à point. Ci-joint l’article de yabiladi et l’enregistrement intégral de l’émission (A. Belguendouz)

Le replay de l'émission 2M :


L’émission «Faites entrer l’invité», diffusée sur Radio 2M en collaboration avec Yabiladi, donne aujourd’hui la parole à Salem Fkire, président de l’association Cap Sud MRE, association de droit marocain intervenant dans les problématiques liées aux Marocains résidant à l’étranger. Le responsable associatif est venu parler des chibanis, ces retraités immigrés contraints de regagner la France tous les six mois s'ils ne veulent pas se voir amputer de leur pension de retraite et leur sécurité sociale.

Jouir des mêmes dispositions que celles dont bénéficient leurs concitoyens français installés à l'étranger, c’est le rêve de nombreux chibanis souhaitant s’installer définitivement au Maroc, leur pays d’origine qu’ils ont quitté afin de venir travailler en France. Aujourd’hui retraités, ils ne peuvent malheureusement pas regagner le royaume.

Ce mercredi, l’émission de Radio 2M «Faites entrer l’invité», présentée par Fathia El Aouni et Mohamed Ezzouak, directeur de publication de Yabiladi, est revenue sur le parcours des chibanis, autrefois jeunes travailleurs, aujourd’hui retraités lésés après plusieurs décennies de dur labeur. Ces retraités immigrés ne peuvent bénéficier de leur couverture de sécurité sociale française une fois passés de l’autre côté de la Méditerranée.

L’émission a donné la parole à Salem Fkire, président de l’association Cap Sud, qui se fait le porte-voix des chibanis et des problématiques qu’ils rencontrent. En effet, des caisses de retraite françaises ont notifié à plusieurs retraités maghrébins l’arrêt du versement de leur pension vieillesse, estimant qu’ils n’ont pas respecté les délais de résidence en France, alors qu’ils ont cotisé autant que des citoyens français.

Un scénario qui ne s’arrête pas là, puisque de nombreux retraités immigrés ont dû contracter des crédits afin de rembourser des sommes pour lesquelles ils ont déjà cotisé, faute d’être rentré sur le sol français à temps. Salem Fkire s’insurge contre cette mesure qu’il juge discriminatoire : «Des retraités français peuvent quitter la France sans être contraints de rentrer en France tous les six mois, tout en bénéficiant de leur retraite et de leur couverture sociale, ce qui n’est pas le cas de ces pauvres chibanis délaissés.»

Des propos confirmés par une mesure datant du 24 février 2017, selon laquelle les fonctionnaires des institutions de la Sécurité sociale sont autorisés à contrôler les séjours des chibanis à l’étranger pour procéder au versement - ou non - de leur protection sociale.

Une question de volonté politique
Ces ouvriers immigrés, retraités et illettrés sont toujours restés très silencieux concernant leurs droits. Pourtant, ce sont des contribuables, des cotisants, au même titre que les retraités de nationalité française. Reste que pour l’heure, aucune solution à ce problème n’a été trouvée.

Des solutions qui pourraient bien profiter aux deux côtés, estime Salem Fkire : «Cela risque même d’apporter de l’argent à la France qui connaît une véritable crise de logements. Les logements des chibanis pourraient servir de foyers aux étudiants.»

Le président de Cap Sud MRE déplore aussi le manque de mobilisation des autorités marocaines :
«Ils faudrait qu’ils soient considérés comme une entité à part entière, les autorités marocaines doivent riposter. Ces ouvriers ont fait fructifier l’économie de leurs régions en faisant rentrer de la devise étrangère.».



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