L’article 32 de la Constitution marocaine de 2011 l’affirme : « L’enseignement fondamental est un droit de l’enfant et une obligation de la famille et de l’Etat ». 

Pourtant, la réalité n’est pas toujours au diapason et c’est ce que dénonce Mustapha Akrim. Le jeune artiste, diplômé des Beaux-Arts de Tétouan en 2008, qui vit entre Rabat et Salé, manie autant l’installation que le dessin, le béton que le néon, pour évoquer les blocages ou dysfonctionnements de la société marocaine.

Ses thèmes de prédilection : l’éducation et le travail. La série « Negative » évoque ainsi les failles de l’éducation et le travail des enfants. Le titre fait référence au rendu, qui ressemble à un négatif photographique, d’une technique particulière, besognieuse et subtile : le grattage sur papier carbone. Les compositions mettent en scène des enfants à la fois en classe mais aussi en train de travailler dans les champs ou dans ce que l’on imagine de petits ateliers en ville.

On y voit également une de ces fameuses « petites bonnes », fillettes employées de maison parfois à l’insu de leur famille restée au village. Et la superposition met mal à l’aise. La légèreté émanant du trait s’efface, mettant en lumière la dureté du thème… La série de 8 dessins a été réalisée pour Paréidolie, le salon international du dessin contemporain de Marseille et elle est proposée dans le cadre d’une carte blanche offerte à CulturesInterface, la structure de la commissaire Nawal Slaoui, galerie itinérante entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.

Une deuxième carte blanche
« J’aime le dessin depuis longtemps mais j’ai mis du temps à travailler sur ce médium qui commence tout juste à se développer au Maroc », explique-t-elle. « C’est une expression classique qui peut avoir une force exceptionnelle, qui arrive à épouser des préoccupations très contemporaines et donne une grande liberté à certains artistes. Au Maroc, elle est plus accessible que les installations et peut servir de phase intermédiaire pour inviter les gens à découvrir l’art contemporain. »

Après une première édition remarquée en 2014 – manifestation à taille humaine, de grande qualité, nichée dans les locaux du château de Servières – Paréidolie a misé sur le Maghreb. En effet, en plus des œuvres de Mustapha Akrim, la dynamique Kulte Gallery de Rabat a été sélectionnée, avec trois artistes (Chourouk Hriech, Younès Rahmoun et Mohssin Harraki). Et c’est la galeriste Karima Célestin – installée pendant trois ans à Marseille - qui, dans une deuxième carte blanche, se tourne vers le dessin vidéographique. Et présente le travail tout aussi subtil de Massinissa Selmani, artiste d’origine algérienne qui a obtenu cette année la mention spéciale à la 56e Biennale d’art contemporain de Venise.

Par Edelweiss Vieira 

« Paréidolie », salon international du dessin contemporain 29 et 30 août 2015, château de Servières – 19, bd Boisson – 13004 Marseille.





0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top