Depuis mon installation en Belgique, je me suis toujours senti en sécurité sans me soucier du moindre danger, de l’intérieur comme de l’extérieur. Après une cinquantaine d’années de vie paisible en Flandre, tout d’un coup je me sens un peu inquiet. 

Surtout, après les attentats horribles de Paris le 13 novembre 2015, les autorités belges nous ont plongé soudainement dans un climat de guerre, de peur et d’anxiété. Surtout le samedi 21 novembre 2015, le jour le plus sombre de la Belgique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce jour là, les titres des journaux ont été très alarmants. Il suffit de les lire pour comprendre l’atmosphère dans laquelle les habitants de Bruxelles ont vécu le fameux week-end apocalyptique, cloîtrés chez eux. Pas de métro, seulement certains bus circulent, les supermarchés fermés, pratiquement toutes les activités ont été annulées, l’armée en force circule dans la ville, l’alerte est au maximum il ne manque que les tanks. On dirait qu’on s’attend à une guerre totale ou à une guerre civile atroce. L’ennemi est partout, il peut frapper à n’importe quel moment et à n’importe quelle place. On sent l’ennemi qui s’approche qui nous guette et nous menace mais il reste invisible. Conséquences inévitables, perquisitions et assignations à résidence se multiplient depuis le début de l’état d’urgence. C’est le mercredi 26 novembre que le niveau de la menace terroriste est passé de 4 à 3 à Bruxelles. Le même jour en France, l’état d’urgence décrété par le Président de la République dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 est en place sur l’ensemble du territoire.
  • Voici à titre d’exemple, les titres de divers journaux belges parus le 21 novembre 2015:
  • Menaces d’attaques: les enquêteurs sont à la recherche d’au moins deux terroristes à Bruxelles
  • Nulle part dans le monde, on n’est à l’abri de ces barbares d’un autre temps
  • Des armes mais pas d’explosifs découverts au domicile du suspect arrêté vendredi
  • « Menace sérieuse et imminente » à Bruxelles, aucun métro ne circule
  • Pas de basket, handball, football ni hockey en région bruxelloise
  • Menace imminente à Bruxelles: le niveau d’alerte relevé au maximum
  • Des centaines de gardiens de sécurité en renfort à Bruxelles
  • Attaques à Bamako: un deuxième Belge décédé
  • Un Belge interpellé en Turquie: il est soupçonné d’avoir fait des repérages pour les attaques à Paris
Alors, nous musulmans de Belgique on se retrouve, malgré nous, entre le marteau et l’enclume. Une position désagréable et fragile que nous subissons depuis très longtemps. Les plus polis nous demandent de nous excuser pour des atrocités que d’autres ont commis au nom de l’islam. Les moins polis nous demandent d’aller vivre ailleurs comme si nous étions un aimant pour ces terroristes d’un autre âge et que si nous partions les belges seront plus en sécurité.

Alors, nous musulmans de Belgique, nous sommes devenus des otages dans un no-mans-land, entouré d’un côté par des ogres assoiffés de sang, Daech, État Islamique, Boko-Haram… etc, de l’autre côté par une horde d’ours polaires qui veulent à tout prix notre peau. Une horde composée de plusieurs armées de racistes et d’islamophobes tels, Front national, France Jeunesse Civitas, Bloc identitaire en France, Ligue du Nord en Italie, Ukip au Royaume Uni, Vlaams Belang, le PVV de Geert Wilders, le , Le (FPÖ), le parti , le (BNP)…

Un autre tableau d’amalgames s’y ajoute à cause de la méconnaissance voir de l’ignorance. Pour éviter les amalgames il faut savoir que:
  • Tous les musulmans ne sont pas arabes
  • Tous les arabes ne sont pas musulmans
  • Tous les salafistes ne sont pas terroristes
  • Tous les terroristes ne sont pas salafistes
  • La majorité écrasante des musulmans ne sont pas salafistes et, d’après une étude américaine il y a seulement 0,01 de radicaux parmi les musulmans
Le salafisme est un mouvement politico-religieux revendiquant un retour à l’islam des origines Les Frères musulmans, (Association des Frères musulmans), organisation pan-islamiste fondée en 1928 par Hassan El-Banna, avec comme objectif une renaissance islamique, lutte non-violente contre l’influence occidentale.

Djihad signifie guerre sainte menée seulement et uniquement en tant que résistance pour se défendre contre l’occupation, l’exploitation et l’injustice. Pour Daech, guerre sainte dirigée contre les mécréants.

Ceci étant dit, il reste beaucoup à faire et le chemin est truffé d’embûches et quoi qu’il en soit, vu la complexité de la problématique dans la forme et dans le fond, il est inconcevable de se battre contre le virus du radicalisme islamiste sans la participation des organisations démocratiques des musulmans modérés. Il faut leur donner les moyens nécessaires pour combattre efficacement ce phénomène afin d’instituer un Islam vraiment européen sain, limpide, transparent et indépendant de toutes les ingérences étrangères, pour éradiquer le radicalisme à la source. Ce n’est pas en bombardant en Syrie ou en Irak qu’on réglera les problèmes en Europe même si Daech est battu. Avant d’aller voir la saleté des autres il faut nettoyer chez soi.

Une autre cause d’amalgames est généralisé dans les médias comme dans les débats. Beaucoup d’illuminés deviennent soudainement de grands spécialistes de l’islam, du djihad, de Daech de la Syrie et de l’Irak et de tout ce qui se rapporte par exemple à la crise actuelle en Belgique. Ces spécialistes véreux vomissent sur nous leurs analyses bidons, idiotes, maladroites et pour la plus part du temps mensongères et fictives mais adaptées à la situation du moment. Ces prophètes de circonstances pullulent à chaque fois qu’il y a un événement dramatique qui se produit en Belgique. Les médias sérieuses doivent s’abstenir de les inviter et de les mettre en valeur. Ils sont aussi dangereux que les terroriste, mythomanes, souvent ils ajoutent de l’huile sur le feu.



Sarie Abdeslam



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