Depuis le début des années 60 l’immigration marocaine n’a pas été suspendue. Dans le cadre de la convention bilatérale, Maroc et Belgique n’avaient pas manqué d’arguments pour encourager l’émigration vers l’Europe. 

Actuellement, notre diaspora compte plus ou moins 3 millions de personnes sans compter les clandestins. Et depuis lors, notre communauté s’est féminisée et s’est rajeunie. Plus des deux tiers de notre diaspora ont moins de 25 ans et plus de 50 % sont des femmes. 

Tout le monde sait que, notre présence en Europe est un enjeu économique, politique et social, pour le Maroc et pour la Belgique en ce qui nous concerne. Depuis notre installation en Belgique nous avons connu plusieurs expériences des autorités belges ou d’initiatives privées pour nous intégrer, nous désintégrer, nous insérer, nous encadrer, nous envelopper, nous séduire et nous berner. De l’autre côté de la méditerranée on a essayé de nous espionner, nous contrôler, nous appâter et nous effrayer.

Jusqu’à maintenant nous avons résisté et nous avons survécu à toutes ces menaces de l’intérieur comme de l’extérieur. Malgré qu’on a lâché des milliers d’assistants sociaux, de sociologues et de psychologues, de policiers, de chiens renifleurs on n’a pas réussi à nous manipuler comme des poupées et toutes leurs basses manœuvres ont échouées. 

Les échecs à répétitions de toutes les initiatives de la politique d’intégration des pays comme la Belgique, la Hollande et la France ont été reconnues officiellement même par la commission européenne et par le parlement européen. De l’autre côté, le Maroc n’a pas non plus nous domestiquer et nous assujettir, surtout après plusieurs déceptions et rendez-vous ratés notre communauté s’est émancipé et se trouve actuellement plus indépendante et plus autonome qu’auparavant. 

Depuis notre installation en Belgique, nous avons milité dans les syndicats et nous avons participé aux élections sociales, aux manifestations et à toutes les grèves. Nous avons toujours été solidaires avec les travailleurs et ouvriers belges dans toutes les revendications syndicales, sociales, politiques et économiques. Depuis le début nous avons intégré le mouvement ouvrier belge et, malgré tous les problèmes survenus nous nous sentons faire partie intégrante du mouvement syndical belge. 

Grâce à notre participation syndicale nous avons acquis beaucoup de droits et nous avons intériorisé pas mal d’expériences de lutte, du dialogue social, de négociation et de partage de solidarité. C’est avec nos collègues belges que nous avons appris la législation sociale, la liberté d’association, les principes fondamentaux du droit et de la liberté syndicale et surtout les bonnes conditions de travail liées au bien-être. En tout cas grâce à notre engagement syndical nous avons pu réduire les discriminations basées sur la nationalité y compris dans les domaines de la protection sociale. 

Finalement, aujourd’hui plus que jamais, si nous voulons vraiment nous émanciper dans la société belge avec nos droits et nos devoir et en gardant scrupuleusement notre identité culturelle et cultuelle nous devons premièrement et avant tout garantir notre place dans le mouvement syndical belge. C’est une condition sine qua non pour notre réussite sociale, politique et économique. 

Auteur : Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 23 novembre 2008




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