Depuis presque un demi siècle que notre communauté d’origine marocaine a contribué directement dans l’économie du Maroc par l’envoi des devises et par l’investissement surtout dans l’immobilier. Crise ou pas crise, après l’éclosion de plusieurs générations le transfert vers le Maroc traîne le pied et se fait sentir.

C’est comme une bombe à retardement, dès notre installation définitive en Belgique on sentait qu’un jour, plus ou moins lointain cette tendance d’envoi d’argent pour épargne, aide familiale ou investissement allait se tarir à fur et à mesure que notre première génération arrive à entamer la vraie et dernière émigration vers l’au de là.

L’histoire de l’immigration dans le temps et dans l’espace nous apprend que, avec la durée du temps, les liens affectifs, émotionnels voir romantiques avec le pays d’origine des parents, des grand parents et des arrières parents commencent doucement mais sûrement à se briser les uns après les autres.

Heureusement pour la Maroc, d’autres nouveaux migrants marocains ont pris la relève en Italie et en Espagne. Malheureusement pour le Maroc, cette période a coïncidé avec la crise économique mondiale par rapport aux « Golden Sicties » lors de l’accord bilatéral Belgique Maroc, qui coïncidait à la période du plein emploi et une grand demande de main d’œuvre , ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Le transfert en devise des citoyens d’origine marocaine résidents en Belgique a eu son âge d’or pendant les quatre décennies et le mécanisme s’est essoufflé et, à cause de la crise il a reçu l’ultime massue qu’il sera pratiquement impossible dans l’avenir de redresser la barre.

Surtout en ce moment, nous sommes dans une phase historique de transition et, avec la crise financière qui touche principalement notre communauté, nous menace directement dans nos revenus, nous oblige finalement à revoir et à réévaluer la défense de nos intérêts directs en cherchant les moyens plus adéquats pour préserver nos acquis et pour assurer notre avenir et ceux de nos progénitures.

Ce n’est pas la création de centres culturels marocains qui va renverser la tendance. L’insertion, l’intégration voir l’assimilation dans la société européenne est lente mais elle est irréversible. Encore une fois, surtout pour les nouvelles générations qui se sentent pratiquement chez eux en Belgique, leur seul pays natal et leur seul pays de référence.

Ce ne sont pas non plus les quelques projections théoriques, ou les quelques hypothèses ou scénarios confectionnés dans les édifices bancaires à Casa qui vont influencer quoi que ce soit.

Enfin, si un attachement culturel avec le Maroc persiste il restera sans aucun doute au niveau culturel.

Auteur : Sarie Abdeslam
Bruxelles, le premier novembre 2009




0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top