A l’occasion de la fête du sacrifice ce dimanche en Europe, mon esprit n’est pas en Belgique il est ailleurs, plutôt au Bled. Séparé depuis un demi siècle de ma famille et de mes amis je ne pense qu’à pouvoir retourner vivre le reste de ma vie au bled, d’un côté entouré de mes proches et, de l’autre côté rattraper le temps perdu passé loin très loin. 

Malheureusement, après chaque occasion mon courage et l’envie du retour définitif s’estompent rapidement à cause des événements et des voltes faces du gouvernement marocain, du Makhzen et des partis politiques qui refusent catégoriquement de me considérer comme un citoyen à part entière et, à cause des innombrables rendez-vous manqués entre ce qu’on appelle à tort et à travers les MRE et leur cher pays d’origine.

A chaque fois que je me prépare sérieusement à franchir le pas dans l’aventure du retour je reçois une douche froide en guise de découragement des multiples signaux négatifs presque cycliques pour me faire repousser mon envie de retour et pour retarder et remettre en question la date fatidique.

Dernière trouvaille du Makhzen, toujours très créatif envers nous citoyens de troisième catégorie, le vote par procuration lors des élections législatives du 25 novembre prochain. En me reniant ma citoyenneté, le Maroc se démocratise en faisant une marche arrière concernant ma participation à la vie publique marocaine, surtout en ce moment du réveil et du printemps arabes, une occasion unique et symbolique qui aurait pu devenir un moment historique dans nos relations conflictuelles depuis plus d’un demi siècle. Encore une fois, c’est la loi du deux poids deux mesures. Le Makhzen reconnaît bel et bien ma participation au développement économique de mon cher pays et refuse catégoriquement de me reconnaître les droits fondamentaux en tant que citoyen à part entière en me reléguant à la catégorie immature et simple d’esprit, incapable de décider moi même en m’imposant une participation indirecte voir impossible par procuration.

Décidément, malgré les déclarations d’intention du Souverain marocain, c’est une injustice flagrante et un mépris vexant et honteux envers mon intégrité et envers toute notre communauté d’origine marocaine. Une injustice officielle et notoire que je dénonce avec vigueur et interpelle tous les responsables de la société civile à agir ensemble contre ce déni de droit que le Makhzen impose injustement et ignoblement à un dixième de la population marocaine.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 6 novembre 2011






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