Dans un long post sur son compte Facebook mis en ligne dans la soirée du vendredi 27 octobre Neila Tazi dénonce « les confusions et les carences qui nous minent » et vise particulièrement le ministère de la Culture.

Sa sortie sur Facebook et sur Twitter, concerne particulièrement le dossier de candidature du festival des musiques gnaouas d’Essaouira pour être classé au patrimoine universel par l’Unesco.

Le texte de Neila Tazi peut être considéré comme dans l’air du temps de cette année 2017, où l’on voit des ministres valser du jour au lendemain et des hauts-responsables limogés sans préavis pour mauvaise gestion, des maires arrêtés et des manifestants réclamer “justice et dignité“.

Inscrire la musique et la culture des gnaouas au patrimoine universel de l’Unesco
N. Tazi lutte depuis plus de cinq ans pour que le Maroc présente et soutienne ce dossier auprès de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture) à Paris, en vain. Elle estime être “humiliée“ par l’attitude de certains responsables administratifs, et le dossier de la culture gnaoui au Maroc “délaissé et déconsidéré“.

Cette semaine, un coup de fil du ministère de la culture lui a signifié que le dossier ne serait pas présenté par le Maroc auprès de l’Unesco avant … 2019. D’où sa dénonciation du désintérêt des responsables pour le patrimoine culturel et musical marocain.

Dans son texte, Neila Tazi s’exprime en tant que fondatrice et directrice du festival des musiques gnaouas d’Essaouira et de la fondation Yerma qui vise la sauvegarde et la promotion de l’art gnaoui.

N.Tazi est par ailleurs vice-présidente de la Chambre des conseillers à Rabat et vice-présidente à la CGEM, la confédération patronale.

Revenant sur le parcours du festival d’Essaouira qui a fêté ses 20 ans en juin dernier, Neila Tazi revient sur la fondation du festival gnaoua il y a 20 ans puis celle de Yerma. Elle souligne que “depuis le premier jour en 1998, malgré les apparences, nous avons affronté de très/trop nombreuses difficultés, mais nous nous sommes accrochés, et la reconnaissance de l'art des Gnaoua sur la scène musicale mondiale, l'engouement du public et des médias n'ont fait que se renforcer tout au long de ces 20 années“.

Au printemps 2017, le festival a célébré ses 20 ans et des troupes d’Essaouira ont célébré l’événement en tournant à New York, Washington et Paris. Parmi les personnes présentes au concert de Paris, à la salle du Bataclan ce soir-là, il y avait une certaine Audrey Azoulay, à l’époque ministre de la culture de François Hollande et qui vient d’être désignée directrice générale de l’UNESCO.

“En 2009, poursuit Neila Tazi, nous avons créé l'association Yerma Gnaoua pour la sauvegarde et la promotion de l'art gnaoui. Nous avons milité pour que le ministère de la culture délivre aux gnaouas des cartes professionnelles pour qu'ils soient reconnus comme des artistes à part entière et sachant aussi que cela leur accorde des droits sociaux. Puis nous avons réalisé une anthologie de la musique gnaoui qui comporte l'enregistrement intégral du répertoire musical, la retranscription des textes chantés (en arabe que nous avons traduit également en français) et un ouvrage qui apporte un éclairage historique et anthropologique“.

Les gnaouas à l’UNESCO? le ministère aux abonnés absents
En 2012, “il y a 5 ans, poursuit N. Tazi, nous avons constitué un solide dossier et demandé au ministère de la culture d'introduire auprès de l'Unesco notre demande d'inscription de l'art des gnaouas sur la liste du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Cette démarche relevait d'un sentiment d'urgence, parce que de nombreux Maalems nous ont quitté tout au long de ces années, emportant avec eux tout un pan de cette tradition orale“. En vain.

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Article de Jamal Amiar



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