Combien de gens sont prisonniers dans un couple dans lequel ils se font torturer moralement tous les jours, où ils se font crier dessus comme un chien, où tous les malheurs de l’un sont systématiquement reprochés à l’autre, et où ils ont peur de mettre fin à la relation tellement l’autre est devenu intimidant, ou menace de partir avec les gosses ?

Ce genre de situation c’est pas rare que ça mène jusqu’au suicide. Ou à des névroses traumatiques. Je ne suis pas là en train de comparer les types de malheur. C’est juste que tant qu’on y est à dénoncer les harceleurs, on pourrait s’intéresser aussi à ce type de harcèlement, quand même très courant, et encore souvent toléré par la société.

Pourtant, réduire quelqu’un à l’état de larbin, l’humilier tous les jours pendant 20 ans, le traiter pire qu’un animal, c’est tout aussi criminel. Et quand même très très courant... Tellement courant que presque tout le monde a quelqu’un comme ça dans sa propre famille.

Et pourtant, on en parle quand même très peu. Jean Rivière


Le harcèlement moral au sein du couple est aujourd’hui un délit puni par la loi. Mais où commence la violence psychologique ? Comment se faire entendre des policiers et des magistrats pas encore formés à détecter un conjoint pervers et manipulateur ? 
« Dans une scène, la colère peut nous faire déraper, mais habituellement, ces excès qui dépassent souvent la pensée sont occasionnels et/ou suivis de regrets ou d’excuses, poursuit la psychiatre. Il y a une sorte de mode d’emploi tacite de la dispute, chacun connaissant les limites à ne pas dépasser. Alors que dans la violence psychologique, il ne s’agit pas d’un dérapage ponctuel, mais d’une façon habituelle de l’un des deux de dominer et de toucher là où ça fait mal, l’autre étant considéré comme un objet. »
La crainte est que les tribunaux rendent des jugements tous différents, selon l’opinion de chaque juge et le talent des avocats.

Reste qu’il est difficile de prouver une violence ne laissant pas de traces et s’exerçant souvent en l’absence de témoins. Mais pour les juristes, la difficulté de prouver n’est pas un bon alibi à l’inaction. Depuis 2000 existe une loi similaire, qui punit le harcèlement moral au travail, et que personne ne remet en cause, même si le délit est compliqué à démontrer. « La réalité des violences psychologiques répétées pourra être démontrée par un faisceau de preuves, explique l’avocate Yael Mellul : des témoignages de proches, à quoi s’ajouteront des certificats médicaux délivrés après une dépression, une ou des tentatives de suicide dues aux comportements du conjoint. marieclaire.fr/









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