Un film de mauvais goût et de mauvaise augure couplé par un journal en débâcle ont suffi pour mobiliser des milliers de moutons et de brebis galeuses et ont causé la mort tragique d’une cinquantaine de personnes.

Ce n’était pas la liberté d’expression, mais la liberté au blasphème, aux insultes, à la provocation, à la pub malsaine et au charlytanisme. Comme par hasard, au même moment, des milliers, voir des millions de Musulmans et d’Arabes luttent quotidiennement contre des régimes fascistes, se sacrifient pour défendre justement la liberté d’expression. Au lieu de recevoir une solidarité inconditionnelle dont ils en grand besoin, ce sont des gifles, des dénigrements et des attaques en règles pour permettre aux intégristes l’occasion rêvée de reprendre le terrain au mouvement du printemps arabe.

Dans le contexte actuel du monde arabo-musulman en ébullition, le timing choisi, tout en sachant que le film incriminé a été financé par des « donateurs juifs sionistes » pour beaucoup de gens il devient évident et de plus en plus probable que ça ressemble plutôt à une conspiration soigneusement planifié par des sionistes américains et des intellectuels en mal de créativité pour saboter la lutte d’un peuple qui cherche à se débarrasser de la dictature, de la tyrannie, du despotisme et de l’autoritarisme afin d’instaurer des états de droit.

Les fanatiques partisans des extrêmes en Orient comme en Occident se rejoignent dans la provocation, l’incitation à la haine raciale et religieuse des deux côtés de la méditerranée et au delà.

Et pour couronner le tout, deux poids deux mesures. La justice française vient d’interdire la publication de photos d’une personnalité nue parce que ça touche à son intégrité, par contre la diffusion des caricatures de Charlie Hebdo insultant et offensant un milliard d’individus alors là c’est la liberté d’expression.

Personnellement je ne suis pas pour la censure ni pour l’interdiction mais je veux seulement attirer l’attention sur la justice française à deux vitesses, la partialité, le parti pris et les préjugés des institutions officielles. A cause d’atteinte à la ‘ Royal British dignity ‘ la France a encore usé de son droit de censure et nous a empêché de contempler les beaux seins d’une princesse.

Personnellement j’ai été, je suis et je serai totalement et toujours en faveur de la liberté de presse, comme tout musulman démocrate et progressiste. Moralité, toute liberté quelle qu’elle soit a une certaine déontologie, une certaine éthique et des garde fous qu’il faut respecter à tout prix. C’est ce qui nous différencie avec les fascistes, les extrémistes et les obscurantistes.

Personnellement, quand on insulte notre prophète ou notre religion ou n’importe quelle religion cela me touche et m’attriste. Mais je reste serein, pacifique, impassible et insensible aux provocations malveillantes comme je reste imperturbable par rapport aux excités et extrémistes de tous bords qui exhortent et manipulent les gens afin de manifester leur colère dans la rue.

J’appelle la « majorité silencieuse », Musulmans et non musulmans, jeunes et moins jeunes, pratiquants et non pratiquants, surtout aux responsables de la vie associative, de ne pas tomber dans le piège des provocateurs ni celui des extrémistes et des intégristes des deux côtés. Par contre, il faut rester très vigilent et refuser catégoriquement toute tentative de manipulation d’où qu’elle vienne.

Finalement, je propose à tout le monde et surtout à tous ceux qui ont manifesté contre le film ou contre les caricatures d’aller se ressourcer en visitant le département des Arts de l’Islam ouvert depuis le 22 septembre 2012. Près de 3 000 œuvres y sont exposées, issues de 1 300 ans d’histoire et d’un territoire couvrant trois continents, de l’Espagne jusqu’à l’Asie du sud-est. Dotée de plus de 14 000 objets et complétée admirablement par les 3 500 œuvres déposées par le musée des Arts décoratifs – dont beaucoup sont inédites – sa collection témoigne de la richesse et de la diversité des créations artistiques des terres de l’Islam.

Abdeslam Sarie




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