Certes, je ne suis plus nulle part au sein cette gigantesque salade «civilisationnelle » où seul le fric triomphe. Certes, je ne sais pas moi-même dans quel sale monde je survis. Certes, je réfléchis et travaille des jours et des nuits sans savoir où tout cela m'amènera.

Mais en ces temps où compte le fric plus que le verbe, j'ai choisi mon camp : le verbe qui fut à la genèse de l'être humain. N’est-ce pas par le verbe que les hommes ont abandonné l’homicide au profit de l’insulte et sont donc sortis de la barbarie vers la civilisation ?

Oui, j’ai choisi le verbe parce qu’il est la marque de l’humanité de l’homme.

Quant à l’argent, il restera, pour moi, ce simple auxiliaire de l'existence, en dépit de sa primo-institutionnalisation au XVème siècle à la faveur de l’émergence du capitalisme.

Abrégeons : pour vivre, je dois manger -je suis rétif aux goinfrades !- et non pour manger je dois vivre ! Voici ce qui me sépare d'un nombre bien volumineux de mes contemporains !

Alors je vous en supplie, vous qui avez encore faim de gloire, de fortune, de reconnaissance, laissez-moi tranquille !

« Au jour d'aujourd'hui », si je puis dire, je vis mes belles dernières années ici-bas et je n'ai que foutre des ambitions factices et éphémères !

Je veux simplement finir mon existence dans la beauté, dans le vrai et dans la bonté. Tout le reste m'est totalement indifférent ! Que les minables, les filous du flouze et les opportunistes se rhabillent et dégagent l’horizon !

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète... 




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