Encore une fois et c’est devenu une coutume au Maroc. Le Premier ministre, M. Driss Jettou, a présidé, mercredi 27 août 2003 à Rabat, une réunion consacrée à l’examen d’une stratégie gouvernementale visant l’encadrement des Marocains résidant à l’étranger (MRE) dans les domaines éducatifs, culturels et religieux.

Nous, citoyens marocains vivant à l’étranger ou MRE comme disent les officiels, nous avons à maintes reprises sous différentes formes, différentes formulations souhaité et exigé qu’à, chaque fois qu’on veut faire quoi que ce soit pour nous, de nous faire participer directement au débat et surtout aux décisions, étant donné qu’on nous a empêche officiellement de participer aux élections nationales. Nos associations, nos organisations, nos groupes de pressions, nos leaders associatifs n’ont manqué aucune occasion de le faire savoir aux autorités marocaines et à la société civile. Ils l’ont dit et répété de multiples fois que le temps est révolu de prendre des décisions à notre place.

Personne n’a le droit de faire quoi que ce soit pour nous sans nous, encore moins nous encadrer comme a souligné M. Jettou lors de cette rencontre. De l’autre côté ce ne sont pas les études qui manquent, Mr Jettou doit savoir qu’il y a des milliers d’études qui ont été faite depuis les années soixante. Nous avons été analysé, recherché, étudié, disséqué, observé, examiné, évalué, jugé, exploré, sondé, interrogé, ausculté, dévisagé, espionné. Nous avons été depuis longtemps un objet, nous en avons assez, notre communauté a évolué et nous voulons redevenir des citoyens à part entière avec des droits et des devoirs.

Nous ne sommes pas des moutons et nous n’avons pas besoin de bergers. Nos besoins sont clairs, nos problèmes sont clairs, nos attentes sont claires et les dossiers nous concernant sont clairs. Mais nous ne pouvons les résoudre qu’à condition de le faire ensemble. Comment peut-on nous encadrer, répondre à nos besoins, résoudre nos problèmes, s’occuper de nos jeunes, de notre culture sans concertation, sans un projet concret, sans une stratégie bien définie et surtout sans un budget prévisionnel bien précis.

Comment peut-on également inciter les différents départements concernés à conjuguer leurs efforts en vue d’entreprendre des actions concertées et coordonnées aux niveaux, national et international, sans prévoir les moyens nécessaires de les réaliser et de les concrétiser ?.

De son côté, Mme Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l’étranger, comment peut-elle de son bureau à Rabat encourager l’intégration et la cohabitation dans les sociétés d’accueil ?. J’aimerai bien savoir avec quels moyens et comment pourra-t-elle préserver l’identité nationale marocaine dans ses dimensions, musulmane, arabe et amazighe ?.

Dites-nous Monsieur le Premier Ministre, avec quels moyens, comment et avec qui le gouvernement devrait créer des espaces culturels multidisciplinaires dans les principales capitales mondiales afin d’assurer le rayonnement culturel et civilisationnel du Maroc et de développer les liens avec les populations des pays d’accueil ?.

Au fond, si nous ajoutons à la carence de moyens, l’abstraction totale d’un projet de société, l’absence d’une stratégie et surtout l’absence des intéressés nous aurons comme résultat un discours dénué de tout fondement, loin de la réalité et qui ne sert qu’à une consommation interne pour atteindre je ne sais quel objectif politique à la veille des élections communales qui auront lieu au début du mois de septembre 2003.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 7 septembre 2003




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