L'Association Maroc Entrepreneurs a organisé le 12 décembre la journée de la Création d'entreprise à l'ESCP Europe à Paris. L'occasion pour cette association de révéler 3 jeunes talents franco-marocains lauréats de la cuvée 2015. 

L'Usine Nouvelle a profité de cette manifestation pour dresser les contours de ce concours ciblant les marocains résidents en France avec Karim Basrire, son chargé de relations publiques. 

Tremplin pour la création d'entreprise, Maroc Entrepreneurs est une association qui vise à mettre à l'honneur des créateurs d'entreprise marocains résidents en France et désireux de s'installer au Maroc ou établir une passerelle avec la France. Ce week-end, lors de la journée de la création d'entreprise, organisée le 12 décembre à l'ESCP, à Paris, Maroc Entrepreneurs a plébiscité les projets de trois lauréats 2015 (voir le détail des projets ci-dessous). Placé sous le thème du numérique comme accélérateur de croissance au Maroc, cette journée a permis de présenter des projets innovants. En marge de cette manifestation, l'Usine Nouvelle a saisi cette occasion pour faire le point sur l'action que mène cette association pour la promotion de la création d'entreprise au Maroc avec son chargé de relations publiques, Karim Basrire (photo).

L'Usine Nouvelle : Comment présenter Maroc Entrepreneurs ?

Karim Basrire : Tout simplement par son objet. Maroc Entrepreneurs encadre depuis sa création, en 1999, des porteurs de projets de création d'entreprise qui veulent s'établir au Maroc ou entreprendre dans ce pays depuis la France. C'est aussi le premier réseau de compétences marocaines à l'étranger avec plus de 10 000 membres adhérents et composé d'une équipe d'une trentaine de membres tous bénévoles. Au cours des huit éditions précédentes, de 2007 à 2014, l'équipe de Maroc Entrepreneurs a permis l’accompagnement de plus de 45 projets dont 12 initiateurs et participants qui sont rentrés au Maroc et ont démarré leur business.

En quoi consiste l'accompagnement dispensé aux lauréats désignés cette année ?

Des 72 projets candidats en 2015, l'association en a sélectionné une douzaine parmi les plus aboutis. Ses porteurs ont alors défendu leurs dossiers devant un jury de professionnels. Les six finalistes retenus ont suivi quatre mois durant, à raison d'un samedi sur deux, une formation gratuite spécifique à la création d'entreprise. Ils ont bénéficié d'un coaching personnalisé ainsi qu'à l'accès aux ressources nécessaires à la maturation de leur projet. La formation a porté sur des disciplines variées allant de l'étude de marché à l'établissement d'un business model en passant par l'analyse financière ou juridique. Trois au final ont été désignés lauréats.



Combien réussissent à créer leur entreprise et aller jusqu'au bout de ce processus ?

Le taux de réussite varie entre 30% et 40%.

Quelle est la tendance dans le secteur de la création d'entreprises ?

Encourageante. L'accélération des nouveautés crée des opportunités de création d'entreprises de plus en plus nombreuses. Mais, c'est un fait, les candidats à la création d'entreprises ont tout intérêt à se faire accompagner car le ticket d'entrée est exigeant. Il faut présenter des dossiers et des business models carrés si on veut convaincre les banquiers par exemple surtout quand le projet nécessite un investissement au départ. Heureusement que ce n'est pas toujours le cas. Le plus souvent, quand il y a lancement d'applications sur mobile, les investissements sont souvent réduits mais pas le nombre de jours de préparation.

Avez-vous un profil type d'entrepreneur qui se dégage ?

Un profil d'un niveau élevé
Le profil des candidats qui postulent au concours "Tremplin Maroc" organisé par l'association Maroc Entrepreneurs est plutôt d'un niveau élevé dans la mesure où 71% d'entre eux ont un niveau bac+5 et sont issus d'écoles d'ingénieurs (29%), d'universités (27%) et écoles de commerce (23%). Loin d'être des néophytes, la moitié des candidats a déjà plus de 5 ans d'expérience dans leur métier et sont majoritairement issus de filières technologiques (29%) et de celle des finances (26%).

Globalement, nous accompagnons des candidats dont l'âge varie entre 25 et 45 ans. La majorité sont marocains et veulent s'établir au Maroc. Mais il n'est pas rare d'avoir des représentants d'autres pays comme la Tunisie, la Côte d'Ivoire ou le Mali.

Pourquoi vos candidats choisissent-ils le Maroc pour y entreprendre ?

C'est dû à mon avis au fait que le Maroc encourage la création d'entreprises d'autant plus que selon les secteurs il existe des incitations de l'État encourageantes. Le climat des affaires est favorable au Maroc.

Recevez-vous de l'aide des institutions publiques ou privées ?

BMCE Euroservices, filiale de la banque BMCE Bank of Africa ou le groupe Al Omrane sont partenaires de nos manifestations. Le gouvernement marocain n'hésite pas à nous encourager. Lors de la cérémonie de cette édition, nous avons eu l'honneur d'accueillir l'Ambassadeur du Maroc en France en la personne de Chakib Benmoussa. Il a d'ailleurs insisté dans son discours sur l'importance de la transformation digitale en tant que levier de croissance pour l'emploi au Maroc.

Comment votre association envisage 2016 ?

Nous sommes en pleine réflexion pour évoluer. Nous avons fait le tour de ce que nous faisons et il est grand temps pour nous de passer à l'étape de la professionnalisation de nos actions en ayant des permanents salariés, en dynamisant davantage nos partenariats et en continuant la recherche de sponsors.

Propos recueillis par Nasser Djama

Le palmarès de l'édition 2015

Premier Prix : "StudantHill" (Zineb Marnissi)
"Place du marché", cette plateforme propose d'aider les étudiants à décrocher leur premier emploi. Quant aux entreprises, elles peuvent utiliser la plateforme pour leur recrutement.

Deuxième Prix : "Ecomeuble", (Rachida Naitiaz)
Entreprise de design, fabrication et commercialisation de meubles en carton, écologiques et légers, à monter de manière ludique et pédagogique.

Troisième prix : "Sookador" (Ben Hallou, El Barrak, Amhend, El Alaoui)
Plateforme électronique de commerce en mode "Web-To-Store" au Maroc. Permet aux commerçants de créer des espaces virtuels de leurs magasins afin d’améliorer leur visibilité sur internet.






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