Tout le monde a entendu parler de Maddie McCann, la fillette anglaise disparue le 3 mai 2007 à Praia da Luz au Portugal. C’est encore un mystère. L’enquête n’a donné aucune piste ou plutôt ouvert un horizon où toute piste même rocambolesque est la bienvenue. 

Un jour du mois d’août, par hasard, une touriste espagnole a pris une photo d’une famille marocaine. Dans la photo de groupe une femme porte sur son dos sa petite fillette. Le malheur a voulu qu’elle soit blonde. Un mois plus tard, la photo de la femme avec son enfant sur son dos a fait le tour du monde. Tous les journaux de presque tous les pays ont relayé cette information intox.

Puisque la fille est blonde, la ressemblance est frappante, c’est Maddie. Vite la police espagnole avertit Scotland Yard et une piste sérieuse nous mène à Zinet, petit village à côté de Tanger. Donc, sans attendre la confirmation les ravisseurs sont Marocains. Les McCann peuvent souffler pendant un laps de temps.

Une horde de journaliste, de policiers et d’enquêteurs débarquent à Tanger pour aller voir sur place et confirmer que Maddie se trouve bel et bien au Maroc. Aussitôt, la déception est encore plus grande. La fille blonde marocaine n’est pas Maddie.

Il s’agit de Bouchra Benaïssa, fille de Mohamed et de Hafida. Entre temps, le mal est fait, l’image des Marocains ravisseurs a fait son petit chemin. Journaux, télévisions, sites web et blogues ont reproduit cette photo accusatrice.

Cette histoire me rappelle celle de Joe Van Holsbeek, jeune belge de 17 ans, qui traversait tranquillement le hall de la gare Centrale de Bruxelles, a été menacé par deux individus qui, pour lui voler son MP3, l’ont tué de cinq coups de couteau.

Les caméras de la gare ont filmé la scène macabre et les caméras dehors ont filmé leur fuite. Vite, cette affaire a intéressé tout le monde médiatique et, sans attendre la confirmation, journaux écrits, parlés et autres ont désigné la communauté marocaine pour la simple raison que les deux agresseurs avaient les cheveux bruns. Heureusement on a retrouvé les vrais assassins, ce sont deux Polonais.

Vu les divers évènements, j’en conclus, en Europe tous ceux qui ont des cheveux bruns sont des Marocains et, au Maroc tous ceux qui ont des cheveux blonds ne peuvent être des Marocains.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 30 septembre 2007




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