La mosquée en Belgique a revêtu une caractéristique spécifique. Elle diffère radicalement de la mosquée au pays d’origine que ce soit à la ville ou à la campagne. Elle est devenue une sorte de « paroisse » qui regroupe les croyants habitant les environs. A côté des prières elle crée des activités diverses dans les domaines socioculturels et sportifs. Leurs constructions sont modestes et leurs gestions laissent souvent à désirer.

Malheureusement, pas toutes les mosquées. La majorité sont purement et simplement un lieu de prière. La plupart de ces mosquées sont gérées par des analphabètes. Des personnes qui se disent appartenir à l’Islam mais ne pratiquent pas et de respectent pas tous les autres principes fondamentaux de l’Islam qui sont aussi importants que la prière, voir plus importants. La mosquée doit aussi enseigner, éduquer les parents pour qu’ils puissent à leur tour éduquer leurs enfants, donner une place prépondérante aux femmes et aux jeunes, participer à la vie sociale et culturelle du quartier ou de la commune, faire du sport, avoir une bibliothèque et une salle de sport, développer une vie associative, inviter les non musulmans et encourager le vivre ensemble.

Depuis la reconnaissance de l’Islam en 1974 aucune réglementation et aucune loi n’ont été promulguées pour l’organisation des mosquées et la spécification des besoins réels des populations musulmanes locales. Absence d’un cadre juridique et de statut mais aussi absence d’accompagnement. L’Exécutif des Musulmans de Belgique n’a aucune prérogative ni sur les mosquées ni sur les Imams.

Conséquence, le statut des Imams reste précaire. Ils sont nommés par la communauté locale avec un salaire dérisoire qui n’arrive guère au niveau du smig. Ils n’ont pas droit aux allocations sociales normales et restent alors confrontés à différentes difficultés, la précarité de leurs situations sociales et administratives.

La diversité de l’Islam, la Belgique fédérale avec : trois communautés: les communautés française, flamande et allemande; trois régions: la région wallonne, la région flamande et la région de Bruxelles-Capitale; quatre régions linguistiques: francophone, néerlandophone, germanophone et bilingue (Bruxelles-Capitale) compliquent encore plus le dossier.

Les élections organisées (par l’Etat) en 1998 ont débouché sur la création de l’Exécutif des Musulmans de Belgique au sein duquel les diverses nationalités ont été représentées d’une manière plus ou moins équilibrée. Néanmoins, le «screening» des représentants élus opéré à posteriori par l’Etat et la marge limitée de liberté et d’action laissée à l’Exécutif ont empoisonné jusqu’à aujourd’hui les relations entre l’Etat et la communauté musulmane. (Voir communiqué de presse ci-dessous)

Conclusion, pour assurer une vraie sécularisation de l’Islam en Belgique il faut de part et d’autre un minimum de bonne volonté et une politique courageuse et volontariste. Depuis la création du Conseil Provisoire des Sages la première revendication était la création d’un institut de théologie islamique pour la formation des imams. Il faudra faire en sorte que, les mosquées soient des lieux de spiritualité et de prières et non des lieux idéologiques ou d’exercice d’un pouvoir politico-religieux. Il faut aussi former les administrateurs des lieux de culte qui eux agissent en grande partie dans l’ignorance du droit des cultes et de la loi sur les asbl. Il faut enfin la création d’une fondation du culte et des affaires sociales musulmanes, qui pourra centraliser les dons et participations des pays et bienfaiteurs musulmans. Il faut surtout garantir la liberté et l’autonomie de l’Exécutif des Musulmans et de ne pas s’ingérer à aucun moment ni d’aucune façon dans la gestion des affaires cultuelles des Musulmans de Belgique. Enfin, Il faut créer un organe de vigilance et de contrôle pour accompagner l’Exécutif des musulmans afin d’éviter les dérapages éventuels et pour écarter définitivement les soupçons de l’Etat.

Sarie Abdeslam
Le 27 septembre 2004




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