Concentrons-nous sur le message porté en direction de la jeunesse marocaine. Dans ce discours, les jeunes marocains à l’étranger sont une « composante » inséparable de cette jeunesse marocaine et constituent nos « compatriotes ».

L’engagement solennel pris à l’égard de ces jeunes Marocains vivant à l’étranger est le suivant. Le Souverain a rappelé qu’il veillera à « donner pleine effectivité aux dispositions de la Constitution qui leur assurent une participation aussi étendue que possible à la construction du Maroc de demain et une présence active dans les instances dirigeantes d’institutions nouvelles ».

Dans cet esprit, le discours royal du 20 août 2012 est une impulsion forte à la nécessaire opérationnalisation des dispositions avancées de la nouvelle constitution en matière de citoyens marocains à l’étranger, à savoir les articles 16, 17, 18, 30 et 163.

Une citoyenneté intégrale 
L’impératif est non seulement de sauvegarder leurs droits, voir les élargir, de protéger leur identité culturelle, mais de défendre également leur identité nationale, tout en étant ouvert sur les pays d’accueil. Ces aspects qui renvoient notamment à l’exercice effectif de la démocratie représentative et de la démocratie participative (article 18 pour cette dernière), sont à prendre dans leur intégralité et complémentarité, y compris les droits politiques des citoyens marocains à l’étranger par rapport au Maroc, tels que clairement définis par l’article 17 :
« Les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles. Ils peuvent se porter candidats aux élections au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales et nationales. La loi fixe les critères spécifiques d’éligibilité et d’incompatibilité. Elle détermine de même les conditions et les modalités de l’exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence ».
En d’autres termes, le droit de vote et d’éligibilité à la Chambre de Représentants à partir des pays de séjour est déjà solennellement reconnu et s’impose constitutionnellement à tous. Son exercice effectif est tributaire du code électoral, du découpage électoral et de la loi organique de la Chambre des Représentants. Pour les législatives de 2017, il faudra attendre le débat en la matière concernant les mécanismes et les procédures concrètes. Relevons qu’entre temps, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a déclaré en substance le 10 Août 2012, que la question allait être favorablement résolue pour 2017.

Pour cette échéance, les forces de résistance ne pourront, à notre sens, invoquer à nouveau les raisons « matérielles », « organisationnnelles », « logistiques ».. Elles n’ont qu’à bien étudier comment font à titre d’exemple les responsables portugais, italiens, français ou bien, plus près de nous, les responsables algériens et tunisiens en matière de représentation parlementaire de leurs concitoyens émigrés à partir de leur pays de résidence.

Pour une refondation du CCME
Par ailleurs, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) ayant été constitutionnalisé en vertu de l’article 163, il revient au gouvernement de hâter, dans la concertation nécessaire, 

l’élaboration d’une nouvelle loi, afin d’avoir un futur conseil réellement représentatif et démocratique, doté de prérogatives réelles avec un fonctionnement assaini, efficient et impartial, ainsi qu’une gouvernance efficace, démocratique et transparente.

La refonte totale du CCME est également un exemple à donner aux jeunes marocains à l’étranger (et à ceux de l’intérieur également), pour les motiver à participer activement à toutes les institutions nationales consultatives rappelées le 20 août et les autres prévues par la nouvelle constitution. La tenue d’un dialogue national pour la transposition de tous les articles de la Constitution concernant la communauté marocaine à l’étranger, en particulier dans ses volets participation à la démocratie représentative (article 17) et démocratie participative (articles 18, 30, 163), avec une attention particulière également aux dimensions culturelle, éducative, sociale, religieuse et économique de l’émigration (article 16) , pourrait être très utile.

Beaucoup de temps a déjà été perdu sur ce dossier stratégique d’intérêt national de la communauté marocaine résidant à l’étranger. Il interpelle de manière urgente et profonde toutes les composantes de la nation marocaine .

Abdelkrim BELGUENDOUZ
Universitaire, chercheur spécialisé en migration





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