L'ensemble des dépôts bancaires des Marocains résidents à l'étranger au Maroc a enregistré entre le 31 décembre 1999 et le 30 juin 2001 une augmentation de 12,6%, atteignant ainsi 61,3 milliards de DH, selon le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc). 

Au premier trimestre 2001, les transferts de l'étranger qui alimentent l'épargne des MRE ont augmenté de 23%, en glissement annuel par rapport à 2000.
  • Les transferts MRE qui alimentent cette épargne ont atteint 21 milliards fin 2000 
  • Les difficultés administratives et boursières dissuadent les épargnants
Ils pourraient ainsi dépasser, fin 2001, les 24 milliards de DH. Les transferts de la communauté marocaine résidante à l'étranger représentent, pour l'année 2000, le double du montant total des investissements directs étrangers, soit 21 milliards de DH. La mesure de dévaluation de 5% du dirham est de nature à encourager cette épargne, selon Alla El Ayachi, trésorier général de la Fondation Hassan II pour les MRE.

La part de l'épargne bancaire des MRE couvre, comme en 1998-1999, 38% du montant global des dépôts à terme et bons à échéance fixe (OT, comptes bloqués…) atteignant ainsi 31,8 milliards de DH. La Banque Centrale Populaire s'adjuge toujours la majorité des dépôts bancaires des MRE au Maroc. Avec plus de 60% de part de cet important marché, elle est aujourd'hui, confrontée à des concurrents qui veulent aussi leur part de gâteau. En effet, 38% des comptes à terme et bons à échéance fixe globaux sont des comptes des épargnants marocains à l'étranger.

La BCM et Wafabank se disputent environ 26% de la manne. L'ensemble des autres banques se contentent des 13% restants. La forte augmentation constatée entre fin 1999 et fin 2000 indique bien que les banques se sont livrées à une sérieuse concurrence pour attirer cette cagnotte vers leurs caisses. De plus, l'année 2000 a été particulièrement propice avec le “boom” des marchés financiers à l'échelle mondiale. En effet, cette même année a été marquée par un rythme de croissance élevé, puisque l'économie mondiale a progressé de 4,7% contre 3,4% en 1999. Dans le nouveau contexte actuel de globalisation, la mobilité des capitaux étant un phénomène mondial, l'épargne des MRE est recherchée et mobilisée à l'étranger par des collecteurs institutionnels non marocains. Alla El Ayachi ajoute dans un rapport sur l'épargne et l'investissement au Maroc que les MRE “vivent dans des pays où les règles administratives sont relativement claires et rapides. Ils se plaignent régulièrement du déficit d'informations les concernant, mais aussi de la complexité des circuits économique, administratif et juridique au Maroc”.

Les titres OPCVM
Les mauvais résultats de la bourse de ces deux dernières années ont désintéressé le public des instruments de placements de type OPCVM (les valeurs mobilières). En effet, alors qu'à fin décembre 1999, la part des MRE était estimée à 1 milliard de DH, aujourd'hui, elle ne représente plus que 1,3% du total de l'actif net, soit 539 millions de DH au 31 mai 2001. Après les retombées de “l'économie casino” à la Bourse de Casablanca de 1996 et 1997, l'épargne s'est dirigée vers des actifs financiers moins rémunérateurs mais moins risqués.

En effet, à cause de la non-convertibilité du dirham, il est difficile de gérer un portefeuille d'actions à distance d'où la nécessité pour les MRE de se diriger vers des portefeuilles plus stables comme les OPCVM (FCP et SICAV), qui présentaient des perspectives de rentabilité plus que modestes entre 1998 et 1999. Entre janvier 1998 et décembre 1999, les volumes d'OPCVM détenus par les MRE sont passés de 115,2 à 1016,7 millions de dirhams. Les faibles performances de la bourse ont fini par affecter les OPCVM ainsi que la confiance des épargnants MRE qui se sont désinvestis à hauteur de 38% de leur portefeuille en valeurs mobilières, soit 389 millions de dirhams. 




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