A mi-parcours de l’opération de régularisation des migrants sans papiers au Maroc, et suite à la constitution officielle de la commission des recours, il importe de faire le point sur cette opération, et tracer des objectifs clairs.

Les critères de régularisation établis par l’administration, en particulier la nécessité de justifier de 5 ans de séjour au Maroc, et de prouver être rentré légalement sur le territoire marocain, ont eu pour effet d’une part de décourager plusieurs milliers de migrants à faire la demande de régularisation, et d’autre part d’aboutir à un taux très élevé de rejet des demandes qui ne répondent pas à ces critères. Les chiffres officiels (en date du 26 juin 2014) reconnaissent que sur les 16123 demandes déposées, 11510 ont reçu un rejet, soit 71,38 %, et qu’uniquement 3000 demandes ont reçu un avis favorable !

Ces résultats désastreux pour les migrants déboutés risquent de les replonger dans la clandestinité et être à la merci des mafias locales. Ils montrent le grand écart entre le discours officiel et la réalité amère. Plusieurs milliers de jeunes migrants subsahariens continuent au risque de leurs vies et leur intégrité physique de tenter de rejoindre l’Europe à travers les 2 enclaves Ceuta et Melilia, ou en se lançant dans des barques de la mort pour franchir la méditerranée, sachant bien qu’ils ne peuvent pas remplir les critères définis.

La commission des recours qui vient d’être installée, composée majoritairement de représentants des ministères et des institutions publiques, ainsi que d’un certain nombre de représentants de la société civile, aura-t-elle la volonté politique de revoir les critères absurdes mis en place ? ou se contentera-t-elle d’examiner les demandes de recours qui risquent d’être insignifiants par rapport au nombre des rejets, vu le manque d’information des migrants sur leur droit de recours, et aussi leur peur de s’exposer.

Nous associations et acteurs associatifs signataires, nous réitérons notre revendication de régularisation de l’ensemble des sans-papiers ayant déposé des demandes, d’autant plus que le nombre des demandeurs est très limité, et les critères imposés par l’administration n’ont pour effet que l’aggravation des conditions de vie des demandeurs déboutés. La volonté exprimée par les demandeurs de s’insérer dans la société marocaine est le seul critère qui importe. Il est de notre devoir d’y répondre favorablement. 

Le 6 juillet 2014




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