S’inscrivant dans le contexte du « Hirak du Rif », grande région marocaine d’émigration vers l’étranger, en particulier vers les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, les pays scandinaves et ce qu’il a dévoilé comme dysfonctionnements à divers échelons institutionnels, le dernier discours du Trône prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI a eu l’effet d’un tonnerre. 

Que l’on nous permette à ce propos de reprendre quelques titres d’analyses et de décryptages forgés à ce sujet. Les formules sont très diverses. En voici quelques exemples caractérisant ce discours : 
« Coup de semonce » ; « rappel à l’ordre » ; discours de « recadrage sévère de l’administration et de la classe politique » ; de « mise au point sur les « i » ; discours de « clarification et de fermeté » ; de « rigueur et de franchise » ; « discours offensif » et « décapant » ; un « réquisitoire contre l’incompétence, l’irresponsabilité et l’impunité », et faisant même dire au Roi : « j’accuse ! », avec une série de chefs d’accusation, pour ne pas dire d’inculpation, preuves à l’appui. 
Tels sont quelques-unes des formulations utilisées par les uns et par les autres, qui ressortent de ces lectures diverses de ce discours plein de gravité. Contrairement à la tradition des discours du Trône qui se caractérisent généralement par deux axes majeurs, à savoir le bilan de ce qui a été accompli durant les douze mois précédents et les perspectives d’avenir, le discours du 29 juillet 2017, prononcé par ailleurs un jour avant la commémoration officielle, est un discours d’exception, à la mesure de la situation toute particulière que vit le pays, et plus particulièrement sa partie nord. 

Les institutions dédiées aux MRE sont aussi concernées 
Si dans ce réquisitoire, certains secteurs, milieux ou parties ont été nommément désignés et pointés du doigt en raison de leurs manquements, bien d’autres sont également concernés, même s’ils n’ont pas été cités et que certains de leurs responsables font semblant de montrer leur détachement, de se dire entièrement « sereins » et « zens ». Certes, il y’a parmi eux ceux qui crient et titrent très fort : « Assez de l’incompétence ! Réveillons nos consciences ! ». Ils parlent du Maroc à deux vitesses, mais au lieu d’adopter une démarche autocritique et d’entreprendre un travail d’introspection salvateur, ils présentent leur bilan et considèrent leur action comme synonyme d’une gestion efficiente et performante, niant les défaillances dont ils sont eux-mêmes responsables, ou tout au moins co-responsables …

Au même moment -suivez mon regard-, ils insistent pour l’activation de la nomination des nouveaux premiers responsables de l’institution à caractère consultatif en question. De notre point de vue, ceci renvoie au constat établi par le Souverain, qui évoque certains cas : « ce qui est surprenant, c’est que, parmi les responsables qui ont échoué dans leur mission, il y’en est certains qui pensent mériter une promotion ! ». 

Or si au niveau des politiques publiques marocaines, le domaine migratoire, en particulier son volet citoyens marocains établis à l’étranger, n’a pas été spécifiquement mentionné dans le discours (sauf l’allusion à certains consuls et ambassadeurs), il n’empêche que le secteur stratégique d’intérêt national dit « MRE », est également couvert par ce diagnostic royal sans concession concernant la gouvernance publique et les suites qui devraient en découler. 

C’est ainsi que si des réussites sont à relever dans un certain nombre de secteurs, il en est beaucoup d’autres où les résultats sont décevants. « Dans bon nombre de domaines, précise le Souverain, cet état de choses tient essentiellement au faible niveau du travail en commun et à l’absence d’une vision nationale et stratégique. Il résulte aussi du fait que la dysharmonie l’emporte trop souvent sur la cohérence et la transversalité, que la passivité ou la procrastination remplacent l’esprit d’initiative et l’action concrète ». 

De notre point de vue, n’est-ce pas le cas justement du secteur multidimensionnel et pluriministèriel des Marocains résidant à l’étranger qui, malgré certains efforts entrepris et des progrès réalisés jusqu’ici sur certains aspects, pâtit encore de l’absence de vision d’ensemble et de stratégie nationale globale, cohérente et intégrée en la matière, avec le manque de coordination, de complémentarité, de concertation et de synergie entre les divers intervenants et acteurs publics du domaine !? Cette situation défectueuse perdure malgré une triple interpellation royale faite aux instances concernées depuis pratiquement une dizaine d’années, voir même plus, tant le dossier est de la plus haute importance et accapare l’attention au plus haut niveau de l’Etat : 

En premier lieu, l’interpellation a été faite de manière très forte à l’occasion du 32ème anniversaire de la Marche Verte (discours du 6 novembre 2007), appelant le gouvernement de l’époque à « une réflexion renouvelée et rationnelle et à une révision profonde de la politique d’immigration, à travers l’adoption d’une stratégie globale, mettant fin au chevauchement des rôles et à la multiplicité des intervenants. Il s’agit d’une stratégie cohérente en vertu de laquelle chaque autorité publique, institution ou instance agit dans un esprit de complémentarité et d’harmonie pour s’acquitter des missions qui lui incombent, tant pour ce qui est d’assurer la bonne gestion de toutes les questions d’immigration, que de contribuer au processus prometteur de construction démocratique et de développement que nous conduisons avec fermeté, détermination, dévouement et abnégation ». 

Si le ministre Mohamed Ameur a eu la mérite d’opérationnaliser un plan d’action 2008-2012 ambitieux en direction des citoyens marocains de l’étranger, il a eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître au moment du bilan de son mandat, l’absence d’inscription de ce plan d’action, dans le cadre d’une stratégie nationale en matière de MRE, alors qu’au sein de son propre département, certains ne s’étaient pas empêchés de parler de « vision 2012 », ce qui n’était en fait qu’un plan d’action 2008-2012… Depuis, la tentation est grande de nommer vision, voir même stratégie nationale relative aux Marocains résidant à l’étranger, ce qui n’est qu’un plan d’action partiel, limité de surcroît au département ministériel dédié notamment aux MRE . 

 En second lieu, des directives royales ont été données aux deux premiers responsables d’une institution nationale consultative et prospective quand ils ont été nommés le 21 décembre 2007, en leur demandant d’après un communiqué du Cabinet royal, que cette institution «contribue, en collaboration avec l’ensemble des autorités, à la mise au point d’une stratégie nationale d’immigration globale, multidimensionnelle, et prenant en considération les développements et les mutations accélérées que connaît ce phénomène. Cette stratégie devrait être fondée, dans ses dimensions nationale, régionale et internationale, sur la cohérence et la complémentarité de l’action des autorités et des instances qui en ont la charge » 

 En troisième lieu, l’interpellation royale a été faite sous forme de rappel à l’ordre de tous les responsables du secteur MRE à l’occasion du discours du Trône 2015 : « De même, nous réitérons notre appel pour élaborer une stratégie intégrée, fondée sur la synergie et la coordination entre les institutions nationales ayant compétence en matière de migrations et pour rendre ces institutions plus efficientes au service des intérêts des Marocains de l’étranger ».

Les contours et les objectifs de cette stratégie nationale globale, cohérente et intégrée relative aux Marocains résidant à l’étranger, sont donc bien précisés dans les citations précédentes, ne laissant aucune place à des approximations comme tenteront de le faire certains par la suite. 

Échec total de l’étude stratégique 
Faut-il faire observer à ce niveau que l’étude d’envergure lancée entre temps en 2012-2013, et coordonnée pourtant par un institut d’études stratégiques avec l’implication étroite des principaux acteurs institutionnels dédiés aux MRE, pour l’élaboration d’une stratégie nationale relative à l’émigration marocaine à l’horizon 2030, a totalement échoué pour des raisons méthodologiques et organisationnelles, son rapport final n’ayant nullement été validé. 

Dès lors, et en liaison étroite avec le contenu attendu de la stratégie nationale MRE voulu avec insistance par le Souverain, il ne suffit pas maintenant au niveau de certaines directions ministérielles, de mettre en avant un certain nombre de mesures ponctuelles et parcellaires, d’aligner celles-ci ou de les regrouper sous forme de « plans d’action » sectoriels pour dire que l’on a conçu ou élaboré une stratégie nationale qualifiée par ailleurs « d’ambitieuse » concernant ce vaste domaine à vocation horizontale alors qu’au même moment, strictement rien n’a été conçu notamment pour la mise à niveau de chacune des institutions en présence et la synergie de l’ensemble, et aucune contribution sérieuse au processus de construction démocratique au Maroc n’est assurée. En procédant à un véritable bricolage, on ne fait que de l’activisme et de la gesticulation sans quête de sens. Or c’est la stratégie qui donne du sens à l’action entreprise.

Voilà pourquoi, elle devrait rester encore à l’ordre du jour pour être prise en charge par le gouvernement de manière méthodique, rigoureuse et professionnelle et non pas avec une démarche d’amateurisme. Ceci devrait constituer un des points centraux de l’ordre du jour d’une réunion la plus proche possible de la commission interministérielle présidée par le Chef du gouvernement, chargée des affaires des MRE et des affaires de la migration. 

N’est-ce pas par ailleurs les mêmes « responsables » d’institutions consultatives qui invoquent la nécessité du respect de la Constitution et des droits de l’Homme, alors qu’ils font tout pour que les citoyens marocains établis à l’étranger ne bénéficient pas de leur droit à la participation politique et à la représentation parlementaire par rapport au Maroc !? 

Au lieu d’accompagner et de contribuer à la dynamisation du processus démocratique du pays, ne reprennent-ils pas au contraire à leur compte en les affinant même, les pseudo-arguments des difficultés techniques, matérielles et logistiques avancés par les responsables du dossier électoral au Maroc !? Ne continuent-ils pas au même moment à invoquer la démarche « étatiste » ou « évolutive » pour faire traîner les choses, comme si les MRE n’étaient pas des citoyens marocains mûrs et à part entière !? 

L’exécution pertinente d’une stratégie nationale relative aux MRE, lorsqu’elle existe bien entendu, suppose aussi que les instruments d’intervention et les leviers d’action y afférent, soient mis à niveau, que leur gestion soit saine, démocratique et transparente, sans dysfonctionnement, distorsion, carence ou défaillance et dans le respect absolu des textes qui les régissent. Or à l’exception notable de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité qui effectue notamment un travail remarquable d’accueil au sens large des MRE en visite au Maroc, ceci n’est pas le type de gouvernance qui caractérise de nombreuses institutions nationales qui font partie du champ institutionnel MRE et ne sont nullement efficientes, avec en plus, la violation des règles les concernant. 

Ces dysfonctionnements contribuent fortement à la décrédibilisation des institutions et à la perte de confiance les concernant auprès des citoyens marocains, qu’ils soient de l’extérieur ou de l’intérieur. 

Assujettir les institutions dédiées aux MRE à la reddition des comptes
Sur un autre plan, d’autres passages du discours du Trône 2017, ne s’appliquent-ils pas à des responsables d’un certain nombre d’institutions nationales chargées du domaine des MRE, qui n’assument pas correctement leur mission, font preuve de négligence, de laisser-aller et de ce que l’on pourrait appeler le « je-m’en-foutisme » et ce, depuis bien des années, estimant avoir un statut d’impunité, cumulant au même moment d’autres très hautes fonctions et n’ayant de compte à rendre à personne, même pas au parlement au niveau de l’action et au plan financier et sans que de surcroît, la Cour des Comptes ne les soumette à un quelconque contrôle ? :
« Ne conviendrait-il pas de destituer tout responsable à chaque fois qu’on établit une négligence ou un manquement de sa part dans l’exercice de ses fonctions ? », s’est interrogé le Roi, mettant l’accent sur « la nécessité d’une application stricte des dispositions de l’alinéa 2 de l’Article premier de la Constitution, alinéa qui établit une corrélation entre responsabilité et reddition des comptes » !? 
Et le Souverain de conclure : 
« Le temps est venu de rendre ce principe pleinement opérationnel. En effet, tout comme la loi s’applique à tous les Marocains, elle doit s’imposer en premier lieu à tous les responsables, sans exception ni distinction, à l’échelle de tout le Royaume. Nous nous trouvons à une nouvelle étape de notre action publique : il n’y’a pas de différence entre le responsable et le citoyen en termes de droits et d’obligations liés à la citoyenneté, et il n’y a pas lieu de se dérober à ses responsabilités ou de jouir de l’impunité ». 
D’autant plus, et c’est le cas à notre sens de certaines institutions nationales, chargées des citoyens marocains établis à l’étranger, en particulier l’institution qui a une mission consultative et une mission prospective, l’institution chargée principalement de l’aspect éducatif avec l’enseignement principalement de la langue arabe et de la culture marocaine aux nouvelles générations de MRE, l’institution chargée de l’encadrement religieux qui accompagne essentiellement les imams marocains en Europe . Leurs « responsables » invoquent souvent le statut où le caractère spécifique des institutions précitées, pour ne pas assumer comme il se doit, leur cahier de charge, ou se retranchent derrière le Cabinet Royal, voir même le Palais Royal pour leur en imputer la responsabilité en cas de mauvaise gouvernance, en avançant à titre d’exemples ces trois types « d’arguments » : 
  1. « vous savez qui préside l’institution », alors qu’il y’a un président-délégué ; 
  2. « on n’est pas maîtres de l’agenda pour ce qui est de la tenue des assemblées générales ordinaires », alors que c’est le président-délégué dans un cas, le président de l’institution dans un autre cas qui établissent l’ordre du jour et procèdent à la convocation ; 
  3. « on envoie bien des avis consultatifs et des rapports prospectifs, mais ce n’est pas à nous de les publier, ni même d’en faire état … », alors que ces « avis » et rapports n’ont jamais été préparés et/ou adoptes en bonne et due forme ! 
A ceux-là aussi qui développent les pseudo-arguments précités, s’applique à notre sens cette sentence dite le 29 juillet 2017 avec une franchise royale : « Assez ! (…) Acquittez-vous pleinement des missions qui sont les vôtres ou bien éclipsez-vous ! Car le Maroc compte des femmes et des hommes honnêtes et sincères envers leur pays », ces personnes se trouvant, faut-il de notre point de vue le rappeler, aussi bien à l’intérieur même du Maroc, que parmi la Jaliya. 

Travailler correctement ou quitter les lieux 
Dès lors, et nous tirons un autre enseignement de ce discours du Trône 2017 : 
« il appartient à chaque responsable d’exercer les prérogatives qui lui sont dévolues, en toute autonomie. Il ne doit pas justifier son incapacité à agir en ressassant le refrain : « Ils m’empêchent de faire mon travail ». S’il n’en est pas capable, qu’il présente sa démission, personne ne l’en empêche ! ». 
S’ouvrant sur l’avenir, ce discours appelle également, dans le cadre d’un nouveau pacte national, à une nouvelle marche au profit de tous les Marocains, nouvelle marche qui devrait concerner et impliquer aussi de manière étroite la communauté des cinq millions de citoyennes et de citoyens marocains établis hors du territoire national, que ces derniers où leurs ascendants soient originaires du Rif, de Sakiat Al Hamra, de Béni Mellal, Khénifra, Kénitra ou d’Oujda.

Pour ces cinq millions de compatriotes disséminés à travers le monde, quel que soit par ailleurs l’évolution de leur statut juridique dans les pays d’accueil, et pour conforter le sentiment d’appartenance au Maroc, l’effectivité des attributs de la citoyenneté marocaine, doit de notre point de vue, être enfin concrétisée dans sa plénitude, sans amputation aucune et sans la reporter toujours à plus tard, sous prétexte que les circonstances ne sont pas propices et que la situation n’est pas encore mûre pour le faire. 

Là aussi, que les responsables en particulier de l’institution consultative relative aux MRE, ne se réfugient pas derrière une interprétation erronée qu’ils font volontairement d’un discours royal (celui du 17 juin 2011), pour justifier l’action qu’ils entreprennent avec zèle, ayant comme objectif l’inadmissible discrimination politique à l’égard des citoyens marocains établis à l’étranger. 

Reprenons à la lettre ce passage du discours royal du 17 juin 2011, prononcé à la veille de la tenue du référendum constitutionnel auquel ont participé les Marocains établis à l’extérieur : 
« Pour ce qui concerne nos citoyens résidant à l’étranger, ils disposeront d’une représentation parlementaire dès que la formule démocratique y afférente aura mûri, étant entendu qu’ils jouissent du droit de voter et de se porter candidat dans les deux Chambres du parlement ». 
Peut-on envisager valablement un seul instant, que ce passage signifie que les citoyen(ne)s marocain(e)s établi(e)s à l’étranger NE SONT PAS MÛRS pour la participation et la représentation politiques par rapport au Maroc, comme tentent de le faire accréditer les adversaires acharnés de cette implication citoyenne !? Ce passage ne constitue t-il pas plutôt une incitation pressante à la réflexion et au débat pour trouver le plus rapidement possible la formule pratique et le mécanisme opérationnel de cette implication avec une démarche bien inclusive !?

Or au lieu de faire mûrir la réflexion dans ce sens, le lobby anti-participationniste dont font partie les responsables de deux institutions nationales consultatives dirigées par un même président, a tout fait au contraire pour faire mourir l’idée même de cette intégration politique des citoyens marocains établis à l’étranger, en faisant assumer au Roi la responsabilité de cette discrimination citoyenne !!! 

Une nouvelle démarche improductive 
La démarche « nouvelle », consistant à « miser » sur le constat de l’existence au sein de la société civile de la Jaliya de points de vue différents et de perceptions divergentes en matière de participation et de représentation politiques des MRE pour justifier le maintien du report de la concrétisation de ce droit, est une approche aussi improductive que celle qui a été suivie depuis le 16 juin 2006, avec l’adoption de la démarche dite progressive. Celle-ci s’est avérée en fait une démarche régressive par rapport au discours royal fondateur du 6 novembre 2005, conforté par les acquis de la Constitution de 2011, en particulier son article 17 qu’il s’agit de lire de manière ouverte et non pas d’en faire une interprétation restrictive et antidémocratique. 

Cette démarche de division est répandue dans pratiquement toutes les tables rondes et tous les ateliers organisés sur la participation politique des MRE par des personnes visiblement « missionnées » et téléguidées par des membres ou proches du lobby anti-participationniste. Les différences constatées ne concernent pas les modalités proprement dites de concrétisation de la participation politique, mais renvoient à un désaccord sur le principe même de cette participation qui est refusée par ces « chargés de mission » d’un genre particulier, alors que la Constitution a tranché la question …

Généralement, les gens militent pour la reconnaissance d’un certain nombre de droits et leur application sur le terrain. Ils ne « militent » pas pour que des droits reconnus ne soient pas concrétisés, sauf évidemment s’ils sont poussés par certains milieux et qu’ils attendent une récompense en retour, par exemple un siège à l’occasion de la prochaine composition de l’institution consultative dédiée spécifiquement à la communauté marocaine à l’étranger ! 

De manière concrète, il ne s’agit pas par ailleurs de se focaliser sur le constat établi par d’aucuns selon lequel « la question de la participation politique des MRE reste problématique (!!!) sachant que pour certains, cette participation doit être électoralement représentative des MRE à partir des pays de résidence, pour d’autres, elle ne doit pas être en contradiction avec l’intégration dans ces pays et devrait revêtir d’autres formes d’implication citoyenne ». 

À ceux qui cherchent encore à instrumentaliser ce genre de pseudo-arguments mis en avant là aussi par le lobby anti-participationniste, nous conseillons vivement de revenir au discours de célébration du 59ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple ( dont les MRE font partie intégrante), dans lequel le Roi Mohammed VI qualifie les nouvelles générations de Marocains nés à l’étranger de « nos compatriotes », qui sont invités à participer activement à « la construction du Maroc de demain », sachant que le développement renvoie non seulement aux dimensions économique, social, culturel, environnemental, mais également aux aspects politique et démocratique ! Il s’agit par conséquent d’opérationnaliser de manière démocratique la Constitution, sans chercher à faire perdre encore plus de temps et de confiance à la communauté des citoyens marocains à l’étranger. 

Voilà en tant que citoyen marocain, analyste et observateur actif de la scène migratoire marocaine, ma lecture du dernier discours du Trône, avec en creux, des éléments d’alternative, après avoir maintes fois tiré la sonnette d’alarme sur le dossier MRE non seulement dans des ouvrages, mais également en particulier sur les colonnes du journal marocain « L’opinion », sur les sites Wakeup-info, Dounia-news, Oujda-city, ainsi que par le biais de la chronique Citoyens Marocains à l’étranger, composante de la « Boite à idées MRE pour les MRE », qui est une initiative originale de l’émission marocaine « Arc En Ciel », animée de manière ouverte et responsable par Abdellatif Essadki et diffusée sur Radio Pluriel (Lyon) qui porte ainsi bien son nom.

Rabat, le jeudi 17 août 2017

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 

















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