Au-delà des éléments anthropométriques et des circonstances concrètes de la tournante sauvage qui a lynché physiquement et détruit psychologiquement cette compatriote au sein d'un bus casablancais, il y a lieu d'incriminer avant tout la mentalité ordurière qui triomphe à la faveur de la démission du système éducatif.
"JE L'ai baisée", au lieu de dire un sympathique et respectueux "NOUS avons fait l'amour"; "JE L'ai divorcée" au lieu d'un juste "Nous avons divorcé".
Des dizaines de "postures linguistiques" semblables qui renseignent sur l'horreur de notre misogynie musclée peuvent être ainsi citées à cet égard.

Elles dénotent d'un imaginaire seigneurial pétri de machisme, d'une bien prétentieuse virilité et d'un insupportable mépris de notre versant humain féminin.

La barbarie est en nous. Les "fatwaseurs" qui appellent à draper la femme, la minorer et l'avilir le savent. Aussi la littérature islamo-régressive n'est-elle nullement étrangère à l'acte barbare du bus casablancais comme à tous les autres qui frappent la femme partout sur nos artères, en plein jour, dans l'indifférence générale.

Qu'on se le dise : jamais aucune construction sociale harmonieuse, ni aucun développement humain équitable ne peuvent et pourront être ne serait-ce qu'imaginables sans un nettoyage mental drastique de ces offenses devenues mécaniques à la personne humaine féminine !

Le totalitarisme commence toujours à deux ! Et c'est en pensant à ce genre d'insanités comportementales qui se terrent au plus profond de notre imaginaire que je ne cesse de répéter que notre sous-développement est, avant tout, fondamentalement, organiquement, d'ordre MENTAL !

Abdessamad Mouhieddine
Anthropologue, journaliste, écrivain, poète... 













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