Après presque un demi siècle de présence en Belgique les autorités se sont résigné à renoncer définitivement à la politique d’intégration des migrants. 

Les autorités belges ont abdiqué après avoir reconnu publiquement la non réussite d’une politique qui a été menée sans participation et sans intérêt de la part des intéressés. Le phénomène est ancien il est vrai, mais la prise de conscience des migrants et plus particulièrement des deux communauté marocaine et turque, était depuis le début de leur installation en Belgique de prendre eux même le taureau par les cornes.

Depuis 1946, en Belgique, la question de l’intégration n’a jamais fait l’unanimité, n’a jamais engendré un débat public et politique, sauf chez les soi-disant spécialistes du terrain, assistants sociaux et sociologues. La population belge, comme les migrants, jusqu’à aujourd’hui sont resté à l’écart et n’ont jamais été ni informé, ni invité à participer à un quelconque débat, ni avec les migrants, ni avec les initiateurs et encore moins avec les promoteurs de la politique intégrationiste.

La Belgique compte aujourd’hui 10% de citoyens d’origine étrangère. L’erreur fatale de cette politique myope fût de considérer l’immigration pas comme une chance pour la Belgique mais comme un problème pour la société belge.

Malgré ce fiasco, la Flandre continue à favoriser une politique d’intégration, tandis que la Wallonie est toujours ancrée au niveau paternaliste de l’accueil et de l’accompagnement des migrants. Pendant que, les citoyens d’origine étrangère se naturalisent et préfèrent de loin participer en tant que citoyen à part entière à la gestion de la commune, de la région, au niveau fédéral; voir au niveau européen. Par contre, certains responsables s’accrochent encore à une politique archaïque et dépassée par les évènements.

Aujourd’hui les citoyens belges d’origine marocaine ont leurs leaders et leurs responsables dans tous les secteurs dans la société belge, politique, syndical, culturel, cultuel, économique et social. Ils n’ont jamais eu besoin d’intermédiaires, ni de guides, ni d’accompagnateurs pour émigrer vers la Belgique, pour s’y installer, y travailler, y étudier et enfin pour conquérir leur place au soleil dans leur nouvelle patrie.

Dès les années soixante nous avons milité dans le mouvement syndical sur le même pied d’égalité avec nos collègues belges, nous avons participé aux élections sociales, nous nous sommes petit à petit naturalisés, nous avons intégré les rangs des partis politiques, nous avons participés aux élections communales, régionales et fédérales, nous avons créé des associations, nous avons créé des entreprises, nous avons développé une vie associative riche et variée sans aucune aide de la part ni des autorités ni d’autres initiatives du privé.

Ainsi, le débat qui n’a jamais eu lieu nous l’avons imposé par nos actions socioculturelles. Le mois sacré de Ramadan par exemple est la période par excellence pour créer une ambiance festive et spirituelle dans la pure tradition musulmane. Chaque année, à cette occasion, pendant tout un mois, la vie associative à Bruxelles profite de ce mois sacré pour organiser des activités diverses où, la population bruxelloise peut revivre ou découvrir des moments importants de la vie des musulmans.

Dans la pure tradition Musulmane, partager le repas avec quelqu’un est un acte ’sacré’ de bienfaisance, de fraternité, d’amitié et de solidarité. La faiblesse de notre société moderne c’est qu’on cohabite tous ensemble, malheureusement on vit ‘encore’ séparément les uns à côté des autres.

Et, c’est pour contrer cette tendance que chaque année, nos associations organisent les festivités du Ramadan. C’est en même temps l’occasion parfaite de se faire connaissance, d’échanger informations et expériences en partageant le repas de rupture du jeûne entre et avec amis, amis de nos amis, voisins et collègues.

C’est ainsi que nous avons instauré un vrai dialogue et un débat permanent entre notre communauté et la population bruxelloise en faisant participer les associations, les fondations, les médias, les églises, les entreprises, les associations sportives, les associations culturelles, les hommes et femmes politiques, les responsables communaux, les responsables régionaux et nationaux.

Finalement, dans l’histoire de la Belgique cette initiative a représenté le point culminant du dialogue direct entre toutes les composantes de la société belge. Notre objectif est de: « ne plus cohabiter l’un à côté de l’autre, ni de plus parler les uns des autres, mais de vivre ensemble les uns avec les autres ».

Auteur : Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 11 janvier 2009




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