La physionomie du Maroc a changé ces dernières années car le monde entier est en perpétuelle mutation. La coopération au développement et la solidarité évoluent également. 

Il n’est plus nécessaire de démontrer que les anciens pays colonisateurs se sont enrichis aux dépens des pays du tiers monde. Depuis leur indépendance, ils sont devenus des pays appauvris et dépendant en grande partie de dons et de charité des pays riches. Le Maroc n’échappe pas à cette logique devenue tradition depuis déjà une trentaine d’années. 

Etant donné que le fossé entre les pays riches et les pays pauvres s’agrandit de plus en plus, il est devenu primordial d’instaurer une solidarité Nord-Sud pour alléger le fardeau des pays en voie de développement. Il s’agit tout simplement que les pays fortunés transmettent une partie de leur richesse aux pays les plus pauvres. 

Tout au début, un consensus a été adopté entre les pays riches, de prévoir 0,7 % de leur produit national brut à la coopération au développement. Malheureusement, aucun pays riche n’a pu tenir sa promesse et, depuis lors, on a constaté une évolution à la baisse. 

Le malheur a voulu que les pays du Sud sont des pays instables et où la corruption est monnaie courante. Soit les dons et les investissements sont détournés par des responsables malhonnêtes soit ils sont réexpédiés par des responsables sans scrupules vers les banques suisses. Sans garantie ni contrôle, pendant des années durant l’UE et plusieurs états ont permis à un groupuscule de s’enrichir encore une fois aux dépens de leur population.

L’absence d’une vision politique et le manque d’objectifs, les relations d’état à Etat et l’absence d’une société civile ont permis un dysfonctionnement ayant des résultats néfastes pour les populations des pays pauvres. La coopération au développement a failli à son objectif principal, c’est à dire l’amélioration du sort des populations défavorisées.

La Belgique fédérale n’a pas manqué cet appel et, concernant le Maroc elle est bien présente et de manière très visible au Sud du pays. Plusieurs projets importants y sont en cours. La coopération au développement belge va sans aucun doute contribuer à lutter contre la pauvreté, et à créer un développement économique durable. 

Ce qui est dommage c’est que la Belgique n’a donné aucune importance au Nord du Maroc qui en a un grand besoin étant donné qu’il a été complètement marginalisé depuis plus de quarante ans par les autorités marocaines. Le Nord du Maroc manque de tout, route, eau, électricité, transport, alphabétisation, développement rural, scolarisation, logement etc. Sur le terrain, Il y a plusieurs initiatives pour faire sortir cette région de son isolement, malheureusement ce n’est pas assez. Et pourtant, la majorité écrasante des Marocains résidents en Belgique sont originaires du Nord du Maroc. Comment est-ce possible que la Belgique n’a pas tenu compte de la présence d’une communauté importante qui vit et travaille depuis plus de quarante ans. C’est ce qui nous mène à poser deux questions aux responsables belges et au ministre de tutelle. 
  • Pourquoi la Belgique n’a pas cherché à impliquer une partie de sa population originaire du Nord du Maroc ?
  • Pourquoi la Belgique n’a pas pris en compte les compétences et le savoir-faire des ONG marocaines de Belgique ? 
Justement, nous demandons aux autorités belges de rectifier le tir et de s’intéresser un peu plus au Nord du Maroc et à la communauté marocaine vivant en Belgique originaire de cette région. Notre communauté a des atouts considérables et ne manquera pas d’apporter son soutien et sa collaboration à toute initiative œuvrant dans le but du développement économique, culturel, social à la population de toutes les villes et villages la région du Nord du Maroc. 

Afin de participer activement à la coopération au développement de cette région abandonnée et oubliée nous demandons au gouvernement belge de reconnaître la communauté d’origine marocaine ainsi que ses association et ong en tant qu’acteurs et en tant que partenaires à part entière capables de jouer un rôle important comme trait d’union entre les sociétés civiles des deux rives. Nous demandons aussi d’être reconnu en tant qu’acteur de développement ayant une connaissance parfaite du terrain et de la société civile au Maroc, ayant les capacités de jouer un rôle important dans l’accroissement des facteurs de réussite des projets de la coopération au développement. 

Sarie Abdeslam
Secrétaire de l’ONG Alcantara
Bruxelles, le 8 décembre 2002




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