Depuis le début de l’immigration dans les années 60, chaque MRE a plus ou moins participé individuellement à la coopération au développement de son pays d’origine. 

D’abord par l’envoi d’argent, ensuite par l’achat d’une maison, d’un café, d’un magasin ou d’un lot de terre. Comme des fourmis, les MRE ont transporté des millions de tonnes de mobilier, d’ustensiles et d’appareils divers.

Depuis lors, au Mahgreb des centaines de milliers de familles vivent grâce à cette manne permanente, sûre et régulière. Ceci étant dit, personne ne peut prétendre que le MRE n’a pas participé au bien être de la société maghrèbine. Son rôle est et reste primordial dans les relations nord-sud. Il faut aussi ajouter que, par le truchement d’envoi d’argent le Maroc, la Tunisie et l’Algérie et leurs banques en tirent également un grand profit.

Etant donné les changements opérés les derniers temps, au niveau européen comme au Maghreb, cette manière individuelle de faire de la coopération au développent n’est guère efficace. Cette manière de faire, écarte d’office la participation de la société civile de l’autre côté de la rive qui n’en profite qu’en partie. C’est pour cela qu’il faut s’organiser des deux côtés de la rive, pour une vraie coopération au développement. En réalité, nous devons et nous pouvons unir nos différents efforts individuels dans des projets de société capables d’offrir une réponse aux défis et aux besoins de la société moderne actuelle.

Bien sûr l’effort individuel reste toujours utile, mais collectivement nous pouvons devenir des acteurs sociaux actifs avec qui il faut compter. Dans cette optique, les MRE doivent se regrouper dans des ONG pour canaliser leurs énergies et pour jouer un rôle important dans le domaine humanitaire, économique, social et culturel.

Heureusement, les MRE ne sont plus uniquement des ouvriers et manoeuvres, ils sont devenus capables de se transformer en tant qu’acteurs dans les échanges culturels avec la société civile et en tant qu’acteurs incontournables dans le transfert de la technologie vers les contrées lointaines de l’autre côté de la Méditerranée. Les ONG de la société civile maghrébine des deux rives du bassin méditerranéen doivent collaborer et élaborer ensemble des projets de coopération au développement.

Notre expérience dans la vie associative doit nous permettre de créer des ONG et des réseaux capables de se prendre en charge et de s’organiser d’une manière démocratique et transparente. Notre expérience de lutte syndicale et politique doit nous permettre de tracer des stratégies avec des objectifs à moyen et long termes.

*Maghrébin Résident à l’Etranger

Sarie Abdeslam

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