Depuis maintenant quelques semaines, les autorités marocaines se livrent à une nouvelle escalade de répression contre les migrants originaires d’Afrique Subsaharienne résidant sur le sol marocain. Rafles, arrestations et déportations se succèdent, dans les quartiers à forte concentration de migrants, au mépris de la législation en vigueur et dans un climat de violence et de terreur injustifiables.

Alors que plus de 2.5 millions de Marocains vivent à l’étranger, où ils sont eux-mêmes souvent victimes de pratiques xénophobes et de surexploitation au travail, comment croire que le Maroc ne soit pas à même d’accueillir les quelques milliers d’Africains venus se réfugier sur son sol ?

Ces violences et expulsions interviennent après la tenue de la réunion, les 25 et 26 mars, de l’Assemblée Parlementaire de l’Union pour la Méditerranée (UPM) dont l’ordre du jour comprenait, encore une fois, la coopération contre l’immigration clandestine. Des évènements plus graves encore ont eu lieu en Mauritanie dans la même période. Il faut rappeler en effet, l’insistance indécente et obsessive de l’Union européenne à faire relayer par ses partenaires du Sud de la Méditerranée la protection de ses frontières contre une prétendue « invasion migratoire ».

Ces politiques, qui ont fait le lit des droites et extrême-droites en Europe, visent en fait à protéger l’Europe contre les effets néfastes des politiques néolibérales qu’elle a mis en place avec la complicité des gouvernements locaux (traités de libre-échange, privatisation des services publics, installation massive de leurs entreprises et multinationales, tant dans l’industrie que dans l’agriculture et le secteur tertiaire,…) et qui n’ont fait qu’aggraver les inégalités et les niveaux de pauvreté auxquels sont confrontées les populations. Et elles ne tiennent pas compte de la situation intenable dans laquelle se trouvent les peuples africains du fait du soutien sans faille des pays de l’UE à des régimes corrompus, antipopulaires et prédateurs, imposés par la force ou le trucage des urnes.

La violence qui se déchaîne au Maroc contre nos frères venus du Sud du Sahara ne correspond à aucun problème interne, mais à l’obéissance irraisonnée des autorités aux diktats de l’UE, en échange de programmes et prêts qui ne font qu’augmenter la dette et la dépendance de notre pays à leur égard. Elle reflète également le mépris des personnes, de leurs droits et de leur intégrité, dont notre peuple est lui-même victime.

Alors que le peuple marocain, depuis plus d’un an se mobilise pour réclamer liberté, dignité et justice sociale, il est évident que ces mêmes valeurs doivent s’appliquer à l’ensemble des personnes vivant sur notre sol.

C’est pourquoi Attac Maroc 
Exprime son entière solidarité avec les migrant(e)s victimes des violences et de la répression du pouvoir et demande l’arrêt immédiat des rafles et des expulsions et réaffirme son refus de voir importer au Maroc des valeurs xénophobes et racistes qui ne sont ni celles de son peuple ni celles des peuples européens, au nom des intérêts économiques et commerciaux d’une minorité. 
Rappelle que ces migrants dits « illégaux » ne le sont que parce que les autorités marocaines refusent de leur délivrer les cartes de résidents et d’autorisations de travail nécessaires à une vie digne et décente. La lutte contre la migration dite « clandestine » passe par la régularisation de tous les migrants sans papier. 
Considère qu’il est injuste et illusoire de penser que, alors que les moyens de communication ont raccourci les distances, on puisse interdire aux hommes et aux femmes de se déplacer comme ils l’ont toujours fait depuis leur apparition sur la terre. Toutes les entraves à cette liberté fondamentale, qui affecte de la même façon le peuple marocain soumis aux pratiques discriminatoires et humiliantes des visas, souvent refusés, ne sont que souffrances inutiles et atteintes à l’égalité des droits. Liberté de circulation pour tous.


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top