Si la migration transnationale des africains subsahariens vers l’Europe débute de manière hétéroclite, en terme de lieux, de raisons et de situations, une fois partis de chez eux avec un projet migratoire personnel, ces acteurs se réorganisent collectivement durant les étapes qui rythment leur périple. 

Durant ces étapes, ces individus se « reconnaissent » entre eux et coopèrent, créant peu à peu une histoire commune, une « aventure » : leur projet migratoire et leur mode migratoire se ressemblent et les rassemblent. Une fois le Sahara franchi, les trans-migrants subsahariens s’ancrent dans les sociétés maghrébines en greffant leurs propres circulations sur celles des populations locales. 

Au Maroc, ce sont les populations vivant dans les lieux de relégation socioéconomique (populations ayant elles aussi une relation étroite avec la migration), notamment celles des quartiers populaires périphériques de Rabat, Casablanca ou Tanger, qui traitent et intègrent les phénomènes du passage et de l’installation plus ou moins temporaire de ces nouveaux venus. 

Dans ces quartiers, qui sont le produit de l’arrivée de migrants de l’intérieur, se superposent alors des formes de mobilités et des logiques et stratégies migratoires hétéroclites. Ces dynamiques migratoires montrent combien cette altérité introduite « par le bas » au Maghreb, par des populations en constantes mobilité, agit sur les sociétés locales et sur la ville.









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