Il est loin le temps de l'euphorie qu'a envahi la communauté marocaine de l'étranger suite au discours royal du 6 novembre 2005​, où le souverain se félicitait ​: 
« ​du rôle efficace de Notre communauté résidant à l'étranger, que Nous considérons comme un atout majeur pour le Maroc nouveau. Mieux encore, ​nous la voyons à l'avant-garde des acteurs, qui tout en restant fermement attachés à leur identité marocaine authentique, se sont voués avec une totale sincérité au développement de notre pays et à la défense de son intégrité territoriale et de son rayonnement international »​". Rien que ça !
Et pour cause, le dit-discours avait consacré, pour la première fois de leur histoire et celle du Maroc, les marocains de l’étranger en tant que citoyens à part entière.

Un Roi citoyen qui a osé faire place à une frange de la population marocaine qui a toujours donné, financièrement parlant, à son pays malgré les crises tout au long de leurs vies et à partir d'une centaine de pays à travers le monde où ils se sont installés pour y vivre sans que leurs avantageuses situations leur tourne le regard de leur mère patrie ou leur fait oublier leurs attaches ancestrales.

Cependant​, ​cette initiative va très vite se retrouver contrée par un refus politique de toute une catégorie d'institutions et d'intervenants dans le champs politique, économique et social des MRE. ​ Un MÉPRIS de la part des responsables politiques envers notre communauté ​qui n'a d'égal que leur ignorance de la plus-value que peut apporter les MRE au pays et dont parle S.M. le Roi à chacun de ses discours.

Beaucoup d'encre a coulé sur ce revirement incompréhensible, depuis ce discours historique. La société civile marocaine ne se dément pas et tout au long de cette période, elle n'a cessé de demander aux (ir)responsables marocains de revoir leurs positions. 

Malgré plusieurs rappels du souverain pour la classe politique et les dirigeants des institutions concernées, malgré des centaines de rencontres et débats sur le sujet, pour que soient mises en place ses différentes recommandations et particulièrement celles de la constitution de 2011, tant attendues par les MRE à travers le monde, rien n'a été fait.

La mise en place d'un CCME constitutionnalisé depuis, en lieu et place des droits naturels politiques pour une citoyenneté pleine et entière, qui devait réfléchir à une solution pérenne opérant pour une participation large au niveau de toutes les institutions de gouvernance, cette option se révèle une banqueroute totale.

On n'en est arrivé au même niveau qu'avant 2005. Pire, le tissu associatif des MRE n'a jamais été aussi faible et dispersé qu'avant. Rien n'a été fait pour le soutenir ni pour le consolider. Au contraire, il a été instrumentalisé pour des fins politiques et autres​, ​que pour son rôle citoyen.

D'années en années, nous constatons que les problèmes des marocains de l'étranger​, sur tous les plans​ ne cessent d'augmenter et de se complexer​, au point de devenir insolutionnables, beaucoup de ses problématiques concernent les biens immobiliers et le foncier.

La constitution marocaine, dans son article premier, ​a institutionnalisé la reddition des comptes ​et sa corrélation à la responsabilité. De ce fait, en tant que marocains résidents à l'étranger, ​en tant que marocains tout court, ​et : ​
  • Vu l'article premier de la constitution,
  • Vu ​les articles 155 et 156 de la constitution,
  • Vu l'article 160 de la constitution,
  • Vu l'article 12 du Dahir ​n° 1-07-208 du 21 déc 2007 portant création du CCME,
​nous sommes en droit de se poser les questions suivantes : 
  • ​Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
  • Y a-t-il un co-pilote dans l'avion ?
  • Pour quelle raison le gouvernement précédent n'a pas respecté la constitution en particulier l'article 86 ? et mettre en place les lois organiques pour assoir la Constitution.
  • On en est où de la stratégie pour la culture des MRE ​(exposé à la Maison du Maroc à Paris par l'ancien ministre) ?
  • Où sont les rapports (moraux et financiers) du CCME ?
  • Pour quelle raison il n'y a pas eu d'AG organisée par le Président ?
  • Comment se fait-il que le Parlement s'efface devant le Président du CCME et n'exige pas de reddition de comptes aux responsables ?
  • Pourquoi la cour des comptes ne prend en considération nos doléances et fasse un audit sur la gestion du CCME ?
Notre combat ne saurait être limité juste aux critiques et à hausser la voix sur les imperfections institutionnelles. Nous sommes une force de proposition citoyenne qui agit pour le seul intérêt des marocains de l'étranger et leur attachement à leur patrie le Maroc.

Enfin, comme le disait SM le roi Mohammed VI, devant la nation, dans son discours à l'occasion du 18e anniversaire de la fête du trône : 
"le temps est venu de rendre ce principe pleinement opérationnel" (ndlr, reddition des comptes ​et sa corrélation à la responsabilité).
Mohammed Hashas
Coordinateur du Collectif des Associations de Marocains d'Europe - CAME










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