La prise alimentaire est un comportement complexe qui assure la consommation périodique de substances sources d’énergie et de nutriments tirées de l’environnement.

Elle participe de façon essentielle à plusieurs mécanismes homéostatiques (maintien de la glycémie ; régulation du bilan d’énergie) qui réalisent la stabilité du milieu intérieur assurant à l’animal (ou à l’homme) une vie autonome, selon la formulation classique de Claude Bernard.

À ce titre, la prise alimentaire répond à un ensemble de stimuli émanant du milieu intérieur signalant soit le besoin, soit la réplétion. Ces stimuli physiologiques sont ceux de la faim et de la satiété. Ces déterminants de la prise alimentaire sont essentiels, car ils assurent la couverture adéquate de besoins vitaux ; ils ne sont cependant pas les seuls.

Chez l’homme vivant en société, de même que chez l’animal dans son environnement naturel, la faim et la satiété sont des déterminants parmi d’autres du comportement alimentaire et parfois, ne sont pas ceux qui exercent l’influence la plus décisive.

Signaux de la faim et la Satiété
Définir la faim n’est pas une chose simple. La faim apparaît lorsque les apports en énergie sont insuffisants pour couvrir les besoins de l’organisme. Elle peut être ponctuelle, comme la faim ressentie entre deux repas ; elle peut être prolongée lors d’un jeûne total, ou lorsque les apports sont chroniquement insuffisants.

Chez l’homme, la perception du déficit énergétique s’accompagne de sensations complexes qui peuvent varier non seulement en intensité mais aussi en nature.

La faim qui accompagne un état prolongé de déficit énergétique est plutôt décrite comme une sensation diffuse de faiblesse physique et mentale.

La satiété, a été définie comme l’état d’absence de faim, d’absence de désir de manger, s’accompagne généralement d’un état de détente associé à la satisfaction du besoin métabolique, et parfois d’une somnolence postprandiale.

L’intensité et la durée de cet état de satiété dépendent de plusieurs facteurs, dont le contenu énergétique et nutritionnel du repas précédent.

Les signaux de faim et de rassasiement/satiété sont des signaux innés chez l'humain. Ce sont eux qui constituent la méthode la plus efficace pour atteindre et maintenir son poids naturel (poids génétique).

En finir avec les excès sans renoncer au plaisir, ne plus confondre besoin de manger et envie de manger.

Signal de la faim : La baisse de la disponibilité cellulaire de glucose, reflétée par une baisse modeste de la glycémie, a été proposée comme le signal de la faim, c’est-à-dire comme le stimulus systémique déclenchant la prise alimentaire.

Quelques mécanismes sont manifestés tel que : l’augmentation de la salive, la sensation de vide, de creux, le manque d’énergie, diminution de la concentration, gargouillements de l’estomac…

Signal de la satiété : on note une diminution de l’intérêt envers les aliments, sensation de faim disparue, sensation de satisfaction.

Même si l’écoute des signaux internes ne semble pas compliquée, il est bien important de se fier au facteur RARE (Repos, Activité physique, Repas et Eau) pour pouvoir se fier sur ses signaux. Ceux-ci influencent grandement notre appétit (envie de manger).

Environnement familial
L’éducation alimentaire de l’enfant dans le milieu familial concerne l’apprentissage des choix alimentaires, de la structure et de l’horaire des repas, et des manières de table. Le comportement des parents a de multiples répercussions sur celui de l’enfant que nous ne pouvons pas examiner en détail ici. Deux types de comportements étroitement associés au contrôle de la prise alimentaire méritent cependant une attention particulière.

Il a été souvent remarqué que la plupart des enfants ont une bonne capacité à ajuster leurs consommations en fonction de leurs besoins énergétiques.

Les enfants semblent plus sensibles que les adultes à leurs signaux internes de faim et de satiété. Les parents bien intentionnés qui exigent que leur enfant finisse le contenu de son assiette, quel que soit son état de faim, pourraient avoir une influence néfaste. L’enfant perdrait ainsi peu à peu sa capacité à répondre aux signaux physiologiques et apprendrait à manger sans faim, en réponse à des stimuli arbitraires de l’environnement, comme la taille d’une assiette ou d’une portion.

L’influence familiale peut conduire l’enfant à surconsommer, et à « manger en l’absence de faim ». Des études récentes ont souligné que l’interdiction de consommer certains aliments à la maison focalise l’attention de l’enfant sur l’aliment interdit et augmente son désir de le consommer.

Chez les petites filles (5-9 ans), les restrictions alimentaires imposées à la maison induisent un comportement de « manger en l’absence de faim » lorsque l’enfant est exposée à des aliments agréables après la fin d’un repas (donc en état de satiété). Un tel mécanisme peut favoriser une hyperphagie de longue durée et la constitution d’une surcharge pondérale. Aucune étude n’a encore vérifié l’existence d’un tel phénomène chez les garçons.

Conseils pour un meilleur Comportement alimentaire
On ne mange plus, on bouffe, on avale tout rond. Bien mâcher nous permet de mieux savourer la nourriture et d’être gourmet. Bien mastiquer et réduire les aliments en petits morceaux permettent au transit de se dérouler sans encombre et minimisent la quantité d’air avalé.

Une mastication soigneuse va nous inciter à nous poser tranquillement pour le repas. Tout ce qui facilite la digestion aide à diminuer les symptômes du syndrome de l'intestin irritable. Un point positif, puisque le stress et l'intestin irritable vont souvent de pair. Une bonne mastication exige au moins une dizaine de coups de dents par bouchée. Pour renouer avec cette bonne habitude, il faut s’accorder du temps pour manger et se passer des distractions comme la télé, l’ordinateur ou le cellulaire qui n’ont pas leur place à table.

Prendre son temps pour manger permet de ralentir le rythme auquel on ingère les aliments. Cela laisse le temps au cerveau d’enregistrer que le système digestif est rassasié, soit une vingtaine de minutes après les premiers coups de mâchoires. Si nous mangeons vite en avalant de grosses bouchées, nous n’avons pas le temps d’atteindre ce sentiment de contentement et nous consommons, par conséquent, beaucoup plus de nourriture qu’il en faut. Bonjour les kilos en trop !

Repos: Bien dormir la nuit est un facteur clé dans la régulation des hormones de la faim et de la satiété.

Activité physique: Bouger tous les jours contribue à un meilleur contrôle de l’appétit.

Repas: Avoir une certaine structure dans l’horaire alimentaire (ex. Manger à des heures +/- fixes) et choix d’une alimentation équilibrée facilite l’écoute des signaux. De plus, s’assurer de prendre assez de temps pour manger donne le temps aux hormones de faim et de satiété de se rendre au cerveau.

Eau: Boire suffisamment de liquides assure que le signal de la faim et le signal de la soif ne se brouillent pas.

Adopter l’approche de l’écoute des signaux internes ne se fait pas en une semaine. Pour commencer, il suffit de se pratiquer à identifier son niveau de faim avant de manger et d’être à l’écoute des signaux de satiété/ rassasiement lors de ses repas.

Réapprendre à manger vaut ainsi son pesant de santé et de plaisir …

Docteur A. ZAHOUANI
Medical Research Advisor of International PnK Laboratory
Nutritionniste (PhD, CHU Bichat Paris) Pharmacologue (PharmaD, CHU Lariboisière, Paris)
Président de Research Autism Morocco (ARM)







0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top