Le découvreur de Lucy Yves Coppens commente la trouvaille de l'homme de Jebel Irhoud, au Maroc, le plus vieux des Homo sapiens, qui fait reculer l'âge de notre espèce de 100.000 ans.

Des restes d'Homo sapiens, très semblables aux hommes d'aujourd'hui, ont été mis au jour au nord-ouest du Maroc, sur le site de Jebel Irhoud. Ils sont impeccablement datés de 300.000 ans. C'est un sacré coup de vieux pour notre espèce, qui vieillit de 100.000 ans. "Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l'Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs", explique le Français Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'Evolution humaine à l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne), coauteur des travaux et professeur invité à la chaire de paléoanthropologie du Collège de France. Pour autant, cette découverte ne fait pas de l'Afrique du Nord le berceau de notre humanité : il y a 300.000 ans en effet les Homo sapiens semblent avoir été déployés dans tout le continent noir, comme en témoigne la découverte d'outils de pierre du Middle stone age qui semble avoir été son apanage. Pour les chercheurs français, allemands et marocains, notre espèce serait pan-africaine.

Yves Coppens réagit en vidéo pour Sciences et Avenir
Ancien titulaire de la chaire de paléoanthropologie du Collège de France, le célèbre Yves Coppens commente pour Sciences et Avenir cette découverte qui bouscule l'histoire de notre espèce et va obliger à la réécriture des manuels scolaires. "C'est la première datation aussi importante d'un Homo sapiens où que ce soit dans le monde", souligne dans la vidéo ci-dessous le découvreur de Lucy. Selon lui, il va falloir réexaminer tous les Homo sapiens archaïques fossiles connus à la lumière de la nouvelle datation. Le chercheur s'interroge également sur les relations que l'homme de Jebel Irhoud entretenait avec une autre espèce africaine contemporaine, Homo naledi. 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top