Le Maroc va envoyer de l'aide alimentaire au Qatar, un geste de "solidarité" qui "n'a pas de lien avec les aspects politiques" de la crise diplomatique actuelle dans le Golfe, a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères.
"Sur instruction" du roi Mohammed VI, le Maroc "a décidé d'envoyer des avions chargés de produits alimentaires à destination de l'Etat du Qatar", affirme le ministère dans un communiqué.
Cette décision se veut un geste de "solidarité et d'entraide entre peuples islamiques" en ce mois du jeûne du ramadan et elle "n'a aucun lien avec les aspects politiques de la crise entre le Qatar et d'autres pays frères", précise le communiqué.

Le Maroc, qui entretient traditionnellement des liens étroits avec les pays arabes du Golfe, s'était dit dimanche grandement "préoccupé" par cette crise et "disposé à offrir ses bons offices", alors que le roi "a maintenu un contact étroit et permanent avec les différentes parties". Dans son nouveau communiqué de ce lundi, Rabat explique que sa position sur la crise "repose sur les relations de fraternité sincère" entre le souverain et les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de même que sur ses "relations de partenariat stratégique exceptionnel" avec ces pays.

Elle ne peut "en aucun cas être liée aux positions des autres parties non arabes qui tentent d'exploiter cette crise pour renforcer leur positionnement dans la région et porter atteinte aux intérêts suprêmes de ces pays", ajoute le communiqué, dans une claire référence à l'Iran. Le principal souci du Maroc est "de consolider la stabilité" des pays du CCG, conclut le texte.

L'embargo aérien limité aux compagnies du Qatar
L'embargo aérien imposé au Qatar depuis le début de la crise du Golfe ne s'applique qu'aux compagnies aériennes et avions du Qatar ou enregistrés dans ce pays, a annoncé mardi l'Autorité de l'aviation civile des Emirats arabes unis dans un communiqué.

L'Arabie saoudite et Bahreïn ont publié des communiqués identiques sur l'embargo aérien, entré en vigueur lorsque Ryad, Abou Dhabi et Manama ont rompu le 5 juin avec le Qatar, l'accusant de soutien au "terrorisme".

En vertu de l'embargo aérien, "il est interdit à toutes les compagnies aériennes et avions enregistrés au Qatar d'atterrir dans les aéroports ou de transiter par l'espace aérien" des Emirats, du royaume saoudien et de Bahreïn, selon les communiqués publiés par les agences nationales des trois pays.

Cette mesure ne s'applique "pas aux compagnies aériennes et aux avions non enregistrés au Qatar" et dans chacun de ses trois pays voisins et "souhaitant transiter par l'espace aérien" de ces pays pour des vols en provenance ou en direction du Qatar, souligne-t-on dans les communiqués.

Une exception est cependant faite pour les avions privés et aux vols charters vers ou en provenance du Qatar qui doivent faire, 24 heures à l'avance, une demande de transit par l'espace aérien de chacun des trois pays, tout en présentant une liste des noms et nationalités des membres d'équipage et des passagers et la nature de la cargaison à bord, selon les communiqués.

Cette mise au point est intervenue quelques heures après que le patron de Qatar Airways, Akbar al-Baker, a appelé lundi l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) à déclarer "illégal" l'embargo imposé à son pays par l'Arabie saoudite et ses alliés, y voyant "un blocus" qui viole la convention de 1944 sur le transport aérien.

Le Golfe est plongé depuis le 5 juin dans une grave crise diplomatique lorsque Ryad, Abou Dhabi et Manama, mais aussi l'Egypte et le Yémen, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, qu'ils accusent de "soutenir le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran, puissance régionale rivale de Ryad.

Les trois pays du Golfe ont également fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit mais richissime émirat gazier et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.

AFP






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