Lemonde.fr. Voulant faire de l’humour à propos des frêles embarcations comoriennes, le président a déclaré qu’elles servaient surtout à « amener du Comorien » à Mayotte et non pas à pêcher.

Un faux pas dans une communication qui se veut parfaitement maîtrisée ? La plaisanterie du chef de l’Etat au sujet des kwassa-kwassa, de petites embarcations comoriennes, qui, selon lui, serviraient moins à pêcher qu’à « amener du Comorien » à Mayotte, est loin d’être passée inaperçue et suscitait de vives réactions sur les réseaux sociaux, samedi 3 juin.

La vidéo diffusée vendredi soir sur TMC montre Emmanuel Macron en train d’échanger avec des officiels, lors d’une visite la veille au Centre régional de surveillance et de sauvetage atlantique (Cross) d’Etel (Morbihan).

L’un d’entre eux évoque différents types d’embarcations : « Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa. » « Ah non, c’est à Mayotte, le kwassa-kwassa », relève alors le président. Avant de plaisanter : « Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. » Après un bref silence, il ajoute : « Les tapouilles, c’est les crevettiers. »

Les kwassa-kwassa sont régulièrement utilisées par des migrants de l’archipel indépendant des Comores pour gagner Mayotte, le 101e département français depuis 2011. Des morts sont à déplorer chaque année à la suite de naufrages de ces frêles embarcations.

Contacté par le Lab d’Europe 1, le service de communication de l’Elysée a reconnu une « plaisanterie pas très heureuse » et « malvenue sur un sujet grave, dont le président de la République a pleinement conscience et dont il a eu l’occasion de parler durant la campagne présidentielle ». Et d’insister : « C’est complètement regrettable et malvenu. »
Le Conseil représentatif des Français d’origine comorienne a « condamné avec la plus grande fermeté les déclarations » jugées « racistes et déshumanisantes du président Macron ».

« Nous demandons expressément des excuses publiques du président et qu’il prenne sa responsabilité sur la tragédie qui se déroule sous ses yeux », a demandé le président de cette association, Nassurdine Haidari.




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