Un parti politique belge est décidé à interdire « tout signe «convictionnel», c’est-à-dire évocateur d’une religion, quelle qu’elle soit, d’une appartenance politique ou philosophique. Je me demande bien comment il va procéder pour limiter les signes laïques, par exemple. 

Et j’espère que l’article 24 de la Constitution belge sera lu et respecté:
« 1. L’enseignement est libre… La communauté assure le libre choix des parents. La communauté organise un enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et des élèves. »
Pour rappel, le terme démocratie désigne un corpus de principes philosophiques et politiques, suivant lequel un groupe social donné organise en toute liberté son fonctionnement par des règles : élaborées, décidées, mises en application et surveillées par l’ensemble des membres de ce groupe, a priori sans privilèges ni exclusions.

La neutralité est l’indifférence ou l’absence de prise position, tout en laissant s’exprimer les composantes de la société.

Or, la laïcité en Belgique, et ce depuis les années 90, n’est qu’une composante de l’ensemble des cultes et options philosophiques reconnus dans ce pays neutre. La laïcité n’a été reconnue en Belgique qu’après un siècle et soixante ans de l’indépendance de la Belgique. Cette dernière a eu lieu en 1830, et la reconnaissance de la laïcité n’a été soumise au Parlement que dans les années nonante.

Et donc, afin de préserver la neutralité en Belgique, qui n’est nullement synonyme de laïcité, on ne peut se passer d’un travail collectif tourné vers la diversité et notamment dans l’élaboration d’un modus vivendi respectueux de la charte européenne des droits fondamentaux et de la démocratie.

Le mot « laïc » vient du latin laicus, et du grec laos (peuple) et laikos ‘qui appartient au peuple’. On considère que le concept laïcité date de l’antiquité gréco-romaine, en tant que séparation des pouvoirs séculiers et religieux. Le pape Gelase Ier avait énoncé au Ve siècle, en vue de marquer la frontière entre le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle, la doctrine des deux glaives L’apparition du terme LAI et LAÏC aux XII et XIII siècles, signifiait : ‘sans relation aucune avec le clergé ou un ordre religieux’. Le terme laïc aurait aussi été repris par les religieux pour différencier les Lévites des autres croyants, et pour désigner une personne non religieuse. Mais, au XIX siècle, les termes laïque et laïcité sont apparus avec un changement sur le plan sémantique. Les mots dérivés du mot laïc désignaient une réalité ou plutôt se référaient à l’application du principe de séparation du pouvoir politico-administratif, du pouvoir religieux. Ce principe existe dans des pays non laïques aussi : USA, GB, Italie, Malaisie et même en Allemagne où le préambule de la constitution commence par « …conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes… ».

On arrive enfin au concept moderne et ambigu de laïcité, où l’Etat tolère d’autres religions que celle pratiquée dans le pays en question. Quant à la liberté de culte et l’égalité entre les cultes et leur subordination aux règles de l’Etat, ça se trouve dans les pays non laïques aussi. On constate même que certains laïques, de nos jours, rendent la laïcité incompatible avec la liberté de culte aussi restreinte soit-elle. Comment peut-on exclure un enfant de l’école dans une démocratie ??




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