Et si, bon dieu, par élan de fraternité, par sens de l’hospitalité, vous tenez absolument à réserver à nos sœurs et frères vivant dans le monde occidental un accueil chaleureux, ils vous sauraient gré de bien vouloir vous inspirer des mille et une couleur de notre patrimoine culturel commun à tous, et d’éviter le toc vernis de mauvais goût. Et surtout pas de messages en mots. Mais des messages en rythme, en danse, en notes musicales, en sourires, en affection, en sincérité.

Imaginez, par exemple, un accueil dont l’unique langage est exprimé par les sons des crotales, des tambours, du hajhouj, le tout joué par des g’naouis dont les corps vibrent au rythme du chant de Lalla Mira, Ammi M’bara ou Souyécaminado. Imaginez – autre exemple – un accueil dont les acteurs ne seraient autres que des groupes de Issaouas, de Jilalas, de H’madchas, qui donneraient à cet accueil la chaleur de la transe et les larmes joyeuses de l’émotion.

Essayez d’imaginer la joie dans laquelle vous plongerez ces compatriotes, qui arrivent d’ailleurs mais qui restent – et l’histoire l’a prouvé – de grands patriotes y compris celles et ceux qui sont nés sous d’autres cieux, en leur réservant un pareil accueil. Il serait aussi souhaitable, voire poli, d’éviter de leur sortir le mal-pensé et le mal-formulé « ici vous êtes chez vous ». Grand nombre d’entre eux ne l’a pas du tout apprécié l’année passée.

Et si la commodité et la rapidité dans les procédures administratives et sécuritaires (douane, police) accompagnent cette bienvenue, vous convertiriez 2,8 millions d’êtres épuisés (par un long voyage) en êtres frais et heureux (grâce à un accueil simple, chaleureux et intelligent).

Et surtout pas de mots ! Les mots sont parfois traîtres. Des sourires. Des regards cordiaux. Une touche de gaieté…et Lalla Mira dans tous ses états.

On le fait bien pour une petit groupe de 50 touristes qui ne consomment pas plus d’un petit repas chez Hammadi. Pourquoi ne le ferions-nous pas pour 2 millions et demi de visiteurs qui, eux, prennent en charge des dizaines de milliers de Marocains depuis des décennies et qui aliment sensiblement les réserves du pays en devises.

Mohammed Mrini
Le 21.06.2004






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