Le souverainisme est défait électoralement mais non vaincu. Que doit-on en attendre ? La France vient d'élire un Président européiste, qui précède son discours victorieux par l'hymne de l'Union européenne et qui se rend chez Angela Merkel dès son premier ministre nommé.   

Entretien de Sputniknews avec le Pr Charles Saint-Prot
L'Europe, celle de Bruxelles cela va sans dire, semble donc à l'ordre du jour. Mais en est-on si sûr ? Les souverainistes sont-ils condamnés à la marginalité, ou ont-ils encore un rôle à jouer ?

Dans ces circonstances, l'invité de Sputniknews n'a pas envie de se taire. Charles Saint-Prot est directeur général de l'observatoire d'études géopolitiques, et vient de publier L’État-nation face à l'Europe des tribus aux éditions du Cerf.

Pour lui, pas de doute : l'Europe de Bruxelles voudrait s'arroger l'avenir mais incarne au contraire des idées dépassées, à la fois impériales et féodales. L’État-nation serait un rempart contre les idéologies supra nationales et régionales.


Extraits:
« On ne peut pas oublier que le peuple français a voté majoritairement contre l'eurocratie il y a quelques années. Il y a d'un côté cette propagande médiatique et institutionnelle qui essaie de nous faire croire que la France n'a d'autre avenir que l'Europe. L'avenir de la France et des Français n'est pas dans une eurocratie qui fait tout pour la détruire. »
Une Allemagne dominante
« L'Allemagne est derrière la charte des langues régionales. Ses principaux rédacteurs sont des séparatistes, totalement dans la mouvance allemande. Il s'agit de détricoter la nation. Cette fausse Europe n'est jamais qu'un appendice de l'Atlantisme. Cette eurocratie est tout à fait à la mesure de l'Allemagne: l'Europe des régions, c'est l'Europe des länders. Il n'y a pas d'équilibre: l'euro a été fait à la mesure de l'Allemagne, la construction européenne se fait à la mesure de l'Allemagne. Il n'y a pas de couple franco-allemand, il y a une Allemagne toute puissante… »
Régionalisme et abandon de la souveraineté
« Le banquier Rotschild avait déclaré ‘il faut faire sauter le verrou de la Nation'. Aujourd'hui, nous avons d'un côté le régionalisme effréné, stupide, sans fondement: les régions de Monsieur Valls sont artificielles, et de l'autre cette fuite en avant dans l'abandon de la souveraineté. (…) le vrai combat est là: entre ceux qui croient encore en l'avenir de la France et ceux qui ont baissé les bras. »
La dignité souveraine
«… Le jeu international, c'est le jeu des nations. La nation russe, la nation américaine, la nation chinoise, la nation indienne, la nation turque. Ce sont des grands pays qui font la course en tête sur la scène internationale. Ils n'ont jamais voulu se fondre dans de grands ensembles et d'abandonner leur souveraineté. N'abandonnent leur souveraineté que ceux qui ont renoncé, veulent s'asseoir sur le bord du chemin, et renoncent à la grande dignité d'être des acteurs de l'histoire… »
Un être pré-historique
« Le danger, c'est justement la disparition de tout ce qui fonde le côté historique des individus. La Nation rattache, unit les hommes. L'individualisme qu'on essaie de promouvoir conduit à créer un homme sans foi ni loi, ou plutôt sans feu ni lieu, qui sera livré à tous les projets cosmopolites. Si l'homme est tout seul, coupé de toute racine, c'est un malheureux vagabond, un être pré-historique. Le danger qui nous guette est de sortir de l'histoire. »






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