Le roi Mohammed VI a présidé, lundi au palais royal à Rabat, la cérémonie de signature d’accords relatifs au projet du Gazoduc Nigéria-Maroc et à la coopération maroco-nigériane dans le domaine des engrais.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a présenté les grandes lignes du projet du Gazoduc devant relier le Nigéria et le Maroc. Il a souligné son importance pour le développement durable du continent. « Le pipeline Nigéria-Maroc aura un impact positif direct sur plus de 300 millions d’habitants », a-t-il indiqué. Et de préciser qu’il « permettra d’accélérer les projets d’électrification dans toute la région de l’Afrique de l’Ouest, servant ainsi de base pour la création d’un marché régional compétitif de l’électricité ».

M. Bourita a assuré que « le Gazoduc Nigeria-Maroc répond au besoin croissant de l’Europe de diversifier ses sources d’énergie ».Long de 5 000 km, le nouveau gazoduc est l’extension du West African Gas Pipeline, qui relie depuis 2010 le Nigéria au Ghana en passant par le Bénin et le Togo. Il s’agit d’un pipeline de gaz qui longera la côte ouest africaine jusqu’au Maroc, avec une éventuelle extension vers l’Europe via l’Espagne. Le projet ambitionne d’entraîner dans son sillage des pans entiers des économies africaines puisqu’il doit renforcer le développement du secteur énergétique dans toute la région. Il intervient surtout au lendemain de la validation, par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du rapport final provisoire relatif à l’étude de faisabilité pour l’extension du réseau de gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, du Ghana jusqu’au Sénégal.

Bien que son tracé définitif n’ait pas encore été révélé, le futur gazoduc nord-ouest-africain devrait longer la côte ouest-africaine. Si l’option sous-marine est finalement privilégiée par le Maroc et le Nigéria, le gazoduc devrait coûter à lui seul plus de 20 milliards de dollars, selon les premières estimations et les spécificités du projet. Son tracé a fait l’objet de plusieurs spéculations, à l’instar de la carte présentée en décembre par Jeune Afrique et celle de Médias 24.

Cette infrastructure gazière est cofinancée par le fonds souverain du Maroc, Ithmar Capital et celui du Nigéria, Sovereign Investment Authority (NSIA). D’autres investisseurs pourront rejoindre le tour de table en fonction du coût et du montage financiers du projet.Le 4 décembre dernier, Ithmar Capital annonçait la couleur : l’objectif de ce gazoduc consiste à «accélérer les projets d’électrification» dans toute la région de l’Afrique de l’Ouest et «créer un marché régional compétitif de l’électricité». Le fonds souverain cite aussi le développement des pôles industriels intégrés dans la sous-région dans des secteurs tels que l’industrie, l’agrobusiness et les engrais. Un développement qui devrait permettre d’attirer des capitaux étrangers, d’améliorer la compétitivité des exportations et de stimuler la transformation locale des ressources naturelles.

Cet ambitieux projet, discuté en marge de la COP22 à Marrakech en novembre dernier par le monarque et son homologue nigérian, a d’ailleurs fait l’objet d’un accord de partenariat stratégique et d’un mémorandum d’entente entre Ithmar Capital et NSIA en décembre 2016. Les préparatifs se sont poursuivis en marge des 39 déplacements de Mohammed VI en Afrique.

A la veille de la conclusion de l’accord, le groupe Office chérifien des phosphates (OCP) et le milliardaire nigérian Aliko Dangote annonçaient en décembre dernier un investissement croisé dans le secteur des engrais. Il s’agit d’une «importante plateforme de production de fertilisants, alimentée par le phosphate marocain et le gaz nigérian, ainsi qu’une unité de fabrication d’acide phosphorique à Jorf Lasfar, au Maroc», précise Jeune Afrique. Ces deux unités nécessiteront un investissement de 2,5 milliards de dollars.

Le gazoduc nord-ouest africain s’inscrit dans le projet marocain «Gas To Power», qui vise le développement d’infrastructures et d’installations gazières et électriques. En janvier dernier, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a confié au cabinet d’avocats londonien Ashurst et à HSBC Bank Middle East Limited, filiale émiratie de la banque britannique HSBC, l’assistance et le conseil juridique du projet.

A travers «Gas To Power», le Maroc compte développer deux centrales d’une capacité de 1200 MW chacune, à Jorf Lasfar et à Dhar Doum (environs 120 km au sud de Tanger). Avec un investissement de près de 20 milliards de dirhams, le royaume envisage aussi de construire un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) pour la réception, le stockage et la regazéification. Une autre option est envisageable : celle du gazoduc nord-ouest africain, au détriment du raccord du nouveau terminal GNL avec le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui relie l’Algérie à l’Espagne via le Maroc.

Le directeur de la compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC), Farouq Said Garba, a présenté, pour sa part, les grandes lignes de l’accord de coopération sur le pipeline, signé à cette occasion, entre l’Office national des hydrocarbures et des mines (Maroc) et la compagnie pétrolière nationale nigériane (Nigéria).

M. Garba a évoqué les modalités de gouvernance du projet du gazoduc Nigéria-Maroc, le planning des études de faisabilité et d’ingénierie, ainsi que les droits et obligations des parties à ce partenariat gagnant-gagnant.

Intervenant au sujet de la coopération maroco-nigériane dans le domaine des engrais, le président de l’Association nigériane des producteurs et fournisseurs d’engrais (FEPSAN), Thomas Ethu, a mis en exergue le renforcement de la coopération entre le groupe OCP et la FESPAN. Il a souligné que « ce partenariat a permis, dans une première phase, un réel transfert du savoir-faire en matière de développement de structures de blending, de stockage et de transport ».

Cette coopération participera également à la modernisation du secteur de l’agriculture, à travers notamment le développement d’une plateforme de produits chimiques basics, l’utilisation d’engrais de qualité, adaptés aux sols et aux cultures nigérians.

Le directeur général de l’Autorité souveraine d’investissement nigériane, Uche Orji, a, de son côté, traité de la valorisation des ressources naturelles pour la production d’engrais au Nigéria. Il a, dans ce sens, indiqué que la collaboration entre l’autorité souveraine d’investissement nigériane et le Groupe OCP portera sur la prospection et la valorisation des réserves de phosphates existant dans les Etats du Nigéria (Sokoto, Ogun, Edo, Imo).


Le Nigéria bénéficiera ainsi de l’expérience et de l’expertise marocaine pour développer le secteur des phosphates au Nigéria, a-t-il ajouté.

Le président-directeur général du groupe OCP, Mostafa Terrab, a précisé que le partenariat conclu entre le Maroc et le Nigéria « porte sur l’ensemble de la chaine de valeur agricole, partant de la mise en place de solutions fertilisantes adaptées à la nature des sols et des cultures nigérians ». Et d’ajouter que ce projet vise également à assurer la disponibilité des engrais sur le marché nigérian et la mise en place de mesures d’accompagnement auprès des agriculteurs locaux (Mobile school labs, Agribooster).

Cette collaboration, qui entre dans sa seconde phase, permettra aussi de maximiser la production locale des engrais. Et ce, à travers la création d’une plateforme de produits chimiques basics, et de là, sécuriser l’approvisionnement du marché nigérian en engrais à des prix compétitifs et renforcer les circuits de distribution locaux.

Le souverain, a, ensuite, présidé la cérémonie de signature d’un accord de coopération sur le pipeline entre le Maroc et le Nigéria. Il a été signé par la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines, Amina Benkhadra, et le président directeur général de la compagnie pétrolière nationale nigériane, Maikanti Kacalla Baru.

Le second instrument signé est un accord entre le groupe OCP et la FESPAN pour le renforcement des capacités de production et de distribution d’engrais au Nigeria. Il a été signé par Mostafa Terrab et Thomas Etuh.C’est parti pour le projet de gazoduc qui reliera le Maroc au Nigeria. À l’heure où nous publions, le roi Mohammed VI présidait au Palais à Rabat la cérémonie de lancement de ce méga projet qui avait fait l’objet d’un accord bilatéral signé en décembre 2016. Plusieurs accords entre des institutions publiques et privées marocaines et des hommes d’affaires nigérians seront signés dans ce sens, affirme au HuffPost Maroc une source bien informée au ministère de l’Énergie.

Long de 5.000 km, ce gazoduc va prolonger le West African Gas pipeline qui relie depuis 2010 le Nigeria au Ghana en passant par le Bénin et le Togo. Ce futur pipeline, qui longera la côte ouest-africaine, est considéré comme un exemple type de la vision Sud-Sud. Il pourra être étendu vers l’Europe via l’Espagne. Les partenaires tablent sur ce projet pour soutenir la création de pôles industriels susceptibles d’attirer les investissements étrangers. Le projet facilitera de ce fait l’essor de secteurs allant de l’industrie à la transformation alimentaire en passant par les engrais, et améliorera la compétitivité des exportations, notamment entre pays africains.

Côté financement, le projet est cofinancé par le fonds souverain du Maroc, Ithmar Capital et celui du Nigéria, Sovereign Investment Authority (NSIA).

En avril dernier, le roi avait appelé les institutions financières arabes et islamiques qui avaient tenues leurs assemblées générales à Rabat à mettre la main à la poche. L’enjeu est de taille: ce gazoduc permettra à terme à tous les pays de l’Afrique de l’Ouest d’alimenter leurs centrales électriques respectives en gaz mais aussi d’alimenter leurs unités industrielles et domestiques. En investissant dans ce tuyau, le Maroc cherche donc à assurer son indépendance énergétique.

Rappelons que le lancement de cette infrastructure intervient plus de deux ans après le lancement par le Maroc d’un vaste plan gazier: « Gas to power ». Celui-ci vise à faire passer la consommation de gaz naturel du Maroc de 0,9 milliard de m3 en 2014 à 5 milliards de m3 en 2025 pour produire de l’électricité et fournir l’industrie.


Bob Woodward
source: decryptnewsonline.com/

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