L’islamophobie est devenue le synonyme de l’amalgame et de la confusion pour certains journalistes et écrivains sans scrupules et pour la machine de propagande sioniste et surtout pour les experts de la haine comme Daniel Pipes, un moyen efficace d’ajouter de l’huile sur le feu à une situation déjà assez compliquée pour ne pas dire explosive. 

De l’autre côté c’est le synonyme de désarroi et d’inquiétude chez beaucoup de nos compatriotes vivant en Europe qui ne savent pas à quel saint se vouer pour contrer et combattre efficacement ce nouveau fléau. 

Le Mur
L’Islamophobie est née comme par hasard avec la tombée du mur de Berlin et après l’agonie du régime communiste soviétique. L’Islamophobie est devenue une réalité lorsque les puissants du Monde ont déclaré que l’Islam et les pays musulmans sont l’ennemi de la liberté et de la démocratie qu’il faut abattre à tout prix. Alors, sans le déclarer officiellement, la guerre des civilisations a commencé et l’ennemi a été clairement ciblé.

Un groupe d’apprentis sorciers, intégristes et intolérants, aventuriers et opportunistes, vont répondre présents pour s’armer et s’entraîner aux armes, aux explosifs et à la guérilla. Il aura les facilités et les moyens nécessaires pour expérimenter leur ‘new know how’ dans les champs de bataille en Yougoslavie, en Afghanistan et ailleurs. Ces mercenaires barbus de l’Occident bien aguerris, ayant terminé leur formation militaire seront renvoyés chez eux. Éparpillés dans le monde, surtout arabo-musulman, ils auront la mission de former des groupuscules dormants pour agir au moment opportun.

Ainsi, la confrontation Est Ouest a été substituée par la confrontation Orient Occident. Et, l’Occident trouve l’excuse idéale de recommencer la guerre coloniale pour s’accaparer de nouveau de la richesse des pays arabes et des pays musulmans en leur imposant la démocratie et la liberté ‘made in America’ dans le seul but de défendre les intérêts purement économiques et stratégiques de l’Occident sous la bannière ‘combattre le terrorisme’.

Arbitrairement au nom de l’Islam, des groupuscules d’intolérants et de tyranniques vont commettre des crimes affreux en s’attaquant à des innocents un peu partout dans le monde comme à Casablanca le 26 mai 2003 ou comme à Madrid le 11 mars 2004, faisant des centaines de morts et plusieurs centaines de blessés. En réalité, L’Occident n’est pas le seul touché, d’autres pays n’échapperont pas à ce terrorisme radical et aveugle comme l’Algérie, le Pakistan, la Turquie, la Syrie, la Jordanie et l’Arabie Saoudite.

En tout cas, très vite l’Islamophobie va trouver des arguments clefs sur porte, pour agrandir le fossé et pour éloigner un peu plus le monde islamique, surtout dans la situation internationale aussi tendue au cours de ces dernières années.

Nous, les Européens d’origine arabe et musulmane sommes les premiers concernés. Nos enfants et nos petits enfants payent la facture, qu’ils portent le voile ou pas, qu’ils soient croyants ou athées, qu’ils soient pratiquants ou laïcs, qu’ils soient diplômés ou pas, qu’ils soient nés en Europe ou pas, qu’ils soient basanés ou pas, les islamophobes, les xénophobes, les racistes et les fascistes ne font aucune différence. De l’autre côté, le terrorisme aveugle (soit disant islamiste) sème la haine et la terreur, frappe tout le monde sans faire non plus de distinction entre Musulmans et non Musulmans ou entre nationaux et étrangers.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut se solidariser et, il faut surtout ne pas se culpabiliser de la situation dramatique ni tomber dans le piège d’une réflexion simpliste et réductrice qui fractionne le monde en deux, le bon et le mauvais. Heureusement, notre communauté en Europe dispose des compétences humaines nécessaires et a le devoir d’organiser diverses initiatives pour faire une réflexion approfondie avec sagesse et instaurer un dialogue constructif entre les civilisations, accompagné d’une tolérance et d’un respect mutuels entre Arabes et Européens entre Musulmans et Chrétiens, entre le Nord et le Sud.

Il faut surtout convaincre les responsables et les décideurs à tous les niveaux que, pour combattre efficacement le terrorisme il faut s’attaquer à la source et aux vraies causes du mal qui ronge toutes nos sociétés et qui sont, la pauvreté, le chômage, l’injustice, la corruption, la répartition inéquitable des richesses, l’exploitation, la dictature, le colonialisme, la création de l’Etat d’Israël, le déchirement du peuple palestinien, l’arrogance de Sharon et la complicité des USA.

Sarie Abdeslam

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