Depuis très longtemps, chaque année, pendant les grandes vacances d’été, la RAM apporte à ses clients sa moisson épisodique de problèmes occasionnés principalement entre autres par des retards hors proportion et par les overbooking. 

Cette année la compagnie marocaine n’a pas manqué son rendez-vous pour confirmer encore une fois de plus, sa funeste réputation internationale et son attitude farouche vis-à-vis de ses clients.

Pour un touriste quelconque, le ticket d’avion, plus l’hôtel et un petit déjeuner pendant toute une semaine à Marrakech coûte moins cher qu’un billet aller retour Bruxelles Tanger pour un citoyen d’origine marocaine voulant visiter son pays natal. Et, à titre d’exemple, un ticket aller retour Bruxelles New York coûte moins cher qu’un ticket aller retour Bruxelles Oujda.

La RAM use et abuse solennellement de sa position dominante de monopole en imposant des tarifs prohibitifs qui font très mal aux porte-monnaie de nos concitoyens. Surtout, ceux qui ont une famille nombreuse sont pratiquement rackettés par cette compagnie sans scrupules. Même les pensionnés qui peuvent faire plusieurs voyages hors saisons préfèrent prendre le bus que de débourser une somme inadmissible. Les prix pratiqués par la RAM, comparés à ceux des compagnies européennes ou américaines constituent non pas seulement un abus flagrant mais une atteinte indécente à la dignité de ses principaux clients.

Les clients de la RAM, même à prix fort ne sont pas considérés comme des êtres humains. Jamais un avion de cette compagnie n’est parti à l’heure indiquée et jamais il n’est arrivé à l’heure prévue. Les retards sont devenus une prédilection chronique. Chaque voyage par avion vers le Maroc comme au retour est une aventure en soi. On sait d’avance quand on doit être à Zaventem ou à Boukhalf mais on ne sait jamais quand l’avion de la RAM décollera et encore moins quand il arrivera à sa destination. Malgré les confirmations d’usage, les voyageurs sont à chaque fois stupéfaits et consternés par des retards interminables ou carrément des reports inexpliqués. Par négligence ou par insouciance la direction de la RAM n’a jamais daigné informer ses clients sur les vraies raisons des retards ni sur les justifications des reports.

Les exemples de telles aventures rocambolesques ne manquent pas, chacun parmi nous a eu sa propre mésaventure avec la RAM sinon, au moins un membre de chaque famille marocaine a été victime de cette compagnie. En vain, beaucoup de plaintes ont été déposées dans les aéroports et, beaucoup de formulaires ont été remplis pour se plaindre, malheureusement sans résultat. La RAM comme une statue en marbre reste inébranlable, toujours sourde et muette.

Une fois embarqué, on remarque directement le mauvais accueil et la défaillance dans la qualité de service par rapport au prix payé. Même arrivé à destination, en retard bien sûr, on n’est pas pour autant sorti de l’auberge. Pour vous souhaiter la bienvenue dans le pays « Ici vous êtes chez vous », il faut passer encore par plusieurs étapes, les unes plus pénibles que les autres, avec chaque fois des obstacles imprévus. Premièrement et comme préliminaire on débute obligatoirement ce périple par une file d’attente interminable pour tamponner son passeport afin d’être admis à entrer au Maroc. Ensuite, commence alors le suspens de comment retrouver ses bagages. Souvent, on voit de loin les bagagistes qui jettent les bagages sans ménage occasionnant dégradation et préjudice. Malgré tout nous serons vraiment contents de retrouver nos valises et nos colis. Les moins chanceux n’auront leurs bagages qu’une ou deux semaines plus tard s’ils ont de la chance.

Ceux qui vont souffrir le plus dans cette épreuve pénible sont, les femmes accompagnées de plusieurs enfants à bas âge, les malades, les personnes âgés et les handicapés. Si la RAM c’est l’enfer, l’aéroport au Maroc c’est le déluge. Souvent c’est le chaos total. A l’aéroport, aucun service minimum ni aucune infrastructure d’accueil ne sont assurés comme c’est le cas dans les aéroports européens. Au contraire, c’est la porte d’un monde de l’anarchie, de l’arbitraire et du bakchich qui vous accueille à bras ouvert.

Une fois en possession de ses affaires il reste encore trois étapes contraignantes à franchir. Ayant pris d’assaut juste auparavant les quelques chariots mis gratuitement au service des voyageurs, une horde de porteurs aussi agressifs que méchants s’imposent. Après on voit déjà les douaniers qui se frottent les mains en nous considérant comme une malle- providence venue d’ailleurs. Dernière étape à franchir, des taxis en piteux états, qui auraient dû aller à la casse il y a plus d’une décennie, et des taximen faisant la loi dans les aéroports infligent le dernier châtiment aux pauvres voyageurs en exigeant comme la RAM des prix exorbitants, plus chers que ceux pratiqués à Tokyo.

Clôturons provisoirement ce chapitre douloureux qui, malheureusement revient au galop à chaque haute saison, nuit indéniablement à l’image de marque d’un pays qui se veut accueillant et qui a une ambition d’accueillir 10 millions de touristes en 2010. Par ailleurs et c’est malheureux, la compagnie qui doit refléter une politique volontariste et exemplaire n’assume pas son rôle et manque irrémédiablement de responsabilités, de compétences et n’a généré jusqu’à maintenant que frustration, mécontentement, morosité et insatisfaction. Aujourd’hui, les prochaines échéances approchent à pas de géants et, le Maroc de chez nous n’a pas encore compris qu’il était temps de commencer à redorer son blason. Demain, ce sera beaucoup trop tard.

Sarie Abdeslam




0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top